La Cour suprême autorise les Palestiniens à participer au jour du Souvenir
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La Cour suprême autorise les Palestiniens à participer au jour du Souvenir

Les juges affirment que la décision du ministre de la Défense de refuser les permis d'entrée aux participants à l'événement de coexistence est "déraisonnable" et indélicate

Des Palestiniens et des Israéliens assistent à une cérémonie commémorative israélo-palestinienne à Tel Aviv le 30 avril 2017, alors qu'Israël marque son Jour commémoratif annuel pour les soldats tombés au champ d'honneur et les victimes de la terreur. (Tomer Neuberg/Flash90)
Des Palestiniens et des Israéliens assistent à une cérémonie commémorative israélo-palestinienne à Tel Aviv le 30 avril 2017, alors qu'Israël marque son Jour commémoratif annuel pour les soldats tombés au champ d'honneur et les victimes de la terreur. (Tomer Neuberg/Flash90)

La Cour suprême a ordonné mardi au ministre de la Défense Avigdor Liberman d’accorder des permis d’entrée en Israël à 90 Palestiniens qui doivent assister à un service commémoratif israélo-palestinien à Tel Aviv mardi soir, déclarant que sa décision de les interdire était « déraisonnable » et « déséquilibrée ».

Liberman a rejeté la décision, affirmant qu’elle créait une équivalence entre les « terroristes » et les familles endeuillées.

Les Palestiniens ont été invités en tant que participants à la cérémonie annuelle, organisée par les Combattants pour la paix et les groupes israéliens et palestiniens des familles endeuillées pour la paix comme alternative aux événements standard du Jour du souvenir israélien.

« La décision du ministre de la Défense ne tient pas compte de la réalité créée au fil des ans et des attentes légitimes des participants à la cérémonie », a écrit le tribunal. « Il ignore complètement le préjudice causé aux familles endeuillées et au public qui souhaite le réaliser de la manière dont il s’est déroulé au cours des années précédentes.

La Cour a déclaré dans sa sentence que la décision de Liberman était « déraisonnable » et « déséquilibrée » à tel point qu’elle a dû intervenir.

Le coordonnateur des activités gouvernementales du ministère de la Défense dans les Territoires [COGAT] a indiqué à Liberman que les Palestiniens invités ne représentaient aucune menace pour la sécurité et lui a recommandé de leur accorder des permis d’entrée, mais Liberman a rejeté la demande, affirmant que le service conjoint israélo-palestinien était de « mauvais goût ».

« Il ne s’agit pas d’une cérémonie commémorative, mais d’une démonstration de mauvais goût et d’indélicatesse qui blesse les familles endeuillées qui nous sont les plus précieuses », a-t-il tweeté mardi dernier.

Les participants à une cérémonie commémorative israélo-palestinienne qui s’est tenue à Tel Aviv le 30 avril 2017, alors qu’Israël marque sa journée commémorative annuelle pour les soldats tombés au champ d’honneur et les victimes du terrorisme. Les Palestiniens de Cisjordanie ont été empêchés d’entrer en Israël pour l’événement. (Tomer Neuberg/Flash90)

Dans sa réponse initiale contre la décision de Liberman, l’État a prétendu que certains des Palestiniens qui devaient y assister avaient des membres de leur famille qui étaient des terroristes, mais a admis par la suite qu’il n’avait aucune preuve à cet effet et que les participants ne constituaient pas une menace pour la sécurité.

Le tribunal avait suggéré que les parties élaborent un compromis selon lequel seuls les Palestiniens qui prennent la parole lors de l’événement se voient accorder des permis d’entrée, mais cela aussi a été rejeté par le ministre de la Défense, selon le document du tribunal.

Par conséquent, le tribunal a statué que l’armée doit autoriser l’entrée de 90 participants de Cisjordanie, le même nombre que celui qui a été autorisé à y assister en 2016. En 2017, les Palestiniens n’ont pas été autorisés à y assister.

Les organisateurs ont salué la décision de mardi en disant : « Nous sommes heureux que le tribunal ait clairement indiqué que le ministre de la Défense a aussi des limites et qu’il doit garder son sens du bon goût pour lui-même ».

Liberman a critiqué la décision du tribunal, affirmant qu’elle mettait sur un pied d’égalité « les familles endeuillées et les terroristes, les victimes et les meurtriers ».

« La décision de la cour porte atteinte à la journée la plus fédératrice pour le peuple israélien », a-t-il tweeté. « Le résultat final est qu’au lieu d’unité, il y a division. »

Yaqoub Mousa Abu al-Qia’an (Courtesy)

Parmi les orateurs de la cérémonie conjointe israélo-palestinienne figurent l’auteur David Grossman, dont le fils a été tué lors de la Seconde Guerre du Liban, et Amal Abu Sa’ad, dont le mari Yaqoub Mousa Abu al-Qia’an a été abattu par la police israélienne à Oum al-Hiran il y a un an.

Les organisateurs avaient soutenu que la décision de Liberman avait été prise « dans le seul but de blesser les familles israéliennes et palestiniennes endeuillées qui veulent marquer ensemble le Jour du souvenir par le respect mutuel et la reconnaissance du fait que la douleur et la souffrance ne sont pas seulement les leurs et n’appartiennent à aucune des parties ».

C’est la treizième année que la cérémonie commémorative a lieu, et les Palestiniens de Cisjordanie ont assisté à tous les événements, à l’exception de celui de l’année dernière, qui a eu lieu peu après qu’un adolescent palestinien entré en Israël avec un laissez-passer d’une journée pour un « tour de la paix naturelle » a attaqué quatre personnes dans un hôtel de Tel Aviv avec une paire de coupe-câbles, les blessant tous légèrement.

Le public regarde les Palestiniens parler sur des vidéos préenregistrées après que le ministère de la Défense leur a interdit d’assister à une cérémonie commémorative israélo-palestinienne à Tel Aviv le 30 avril 2017, alors qu’Israël marque sa journée annuelle de commémoration des soldats tombés au combat et des victimes du terrorisme. (Tomer Neuberg/Flash90)

L’année dernière, les Palestiniens de Cisjordanie qui avaient prévu d’assister à la cérémonie à Tel Aviv se sont plutôt rassemblés à Beit Jala, près de Bethléem, pour regarder les débats sur un écran de télévision. Les deux Palestiniens qui devaient prendre la parole lors de l’événement ont livré leurs déclarations par le biais de vidéos préenregistrées.

Mardi soir et mercredi, Israël marque son Jour commémoratif, connu en hébreu sous le nom de Yom HaZikaron, en hommage aux milliers de soldats tombés au champ d’honneur et aux victimes du terrorisme.

Le pays observe des moments de silence pendant que deux sirènes retentissent, l’une à 20 heures le mardi et l’autre à 11 heures le mercredi. Mercredi soir, le pays passe à la célébration du Jour de l’Indépendance.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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