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La Défense dénonce « les incitations à la haine » à l’encontre de Yehuda Fuchs

Des habitants des implantations accusent le chef du commandement du Centre de les avoir empêché d'atteindre Homesh et de ne rien faire contre les attaques palestiniennes

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Affiches critiquant le Général de division Yehuda Fuchs, commandant du Commandement du centre de l'armée. (Crédit : Réseaux sociaux)
Affiches critiquant le Général de division Yehuda Fuchs, commandant du Commandement du centre de l'armée. (Crédit : Réseaux sociaux)

De hauts responsables de la Défense ont dénoncé ce qu’ils ont qualifié « d’incitation à la haine » à l’encontre du chef du Commandement du centre de l’armée, le général de division Yehuda Fuchs, après que des habitants des implantations ont partagé des publications le critiquant sur les réseaux sociaux.

Les publications, qui comprenaient une photo de Fuchs, disaient : « Fort contre les Juifs à Homesh – faible à Hawara », critiquant le général, qui selon eux aurait empêché des habitants des implantations d’atteindre un avant-poste illégal mais n’aurait apparemment pas agi contre les récentes attaques de pierres sur une autoroute qui traverse une ville palestinienne.

« Yehuda Fuchs, vous avez échoué, prenez vos responsabilités », pouvait-on lire sur la publication.

Le chef d’état-major Aviv Kohavi a déclaré mardi soir qu’il « condamnait fermement » les messages qui dénonçaient Fuchs, responsable de l’armée en Cisjordanie.

« Ce sont des agissements inappropriés et dépourvus de principes qui visent un fonctionnaire professionnel, légitime et vertueux », peut-on lire dans la déclaration. L’armée israélienne a qualifié les affiches de « discours haineux ».

« Les officiers de Tsahal agissent à titre officiel et ne doivent en aucun cas être entraînés dans un discours politique ou personnel », ajoute le communiqué.

Le chef d’État-major Aviv Kohavi, à gauche, rencontre le colonel Fares Atila, chef de l’Administration civile, au centre, et le chef du Commandement central de l’armée, le général Yehuda Fuchs, à droite, le long de la barrière de sécurité de Cisjordanie, le 13 avril 2022. (Crédit : Armée israélienne)

Fait rare, le service de sécurité Shin Bet a publié une déclaration similaire sur la question.

« Le général de division Fuchs est un commandant et un combattant qui lutte contre le terrorisme, nuit après nuit, coude à coude avec le personnel de service. La vie de nombreux Israéliens a été sauvée grâce aux opérations et aux actions qu’il a commandées », a déclaré le Shin Bet.

« Les forces de sécurité opèrent avec professionnalisme, intégrité et dignité, dans un profond sens du service [à l’État], et nous devons condamner les extrémistes qui s’efforcent de créer des fissures dans ces valeurs », a-t-il ajouté.

Mercredi, le ministre de la Défense Benny Gantz a aussi pris la défense de Fuchs.

« En tant que chef de l’establishment de la Défense, je réaffirme que lui et tous les soldats de Tsahal bénéficient d’un soutien total pour mener à bien leurs missions pour la sécurité des citoyens israéliens ». La tentative de lui attribuer des motifs politiques, à lui ou à [d’autres] commandants de Tsahal, est scandaleuse et inacceptable », a déclaré Gantz sur Twitter.

« J’appelle tout le monde à garder Tsahal en dehors du débat politique », a-t-il ajouté.

L’ancien chef d’état-major de Tsahal, Gadi Eisenkot, a aussi abordé la question lors d’une conférence mercredi, affirmant qu’il y avait des « voix fortes qui incitaient à la haine » contre les responsables de la défense. « Malheureusement, les dirigeants actuels et précédents gardent le silence sur cette question », a-t-il déclaré.

En avril, le député d’extrême droite Itamar Ben Gvir a lancé un flot de critiques à l’encontre du Shin Bet, accusant son chef Ronen Bar de consacrer son temps à restreindre les déplacements de Ben Gvir plutôt qu’à lutter contre le terrorisme, après les recommandations de l’agence lui interdisant de conduire une marche nationaliste dans la Vieille Ville de Jérusalem.

Les chefs du commandement du Centre de Tsahal sont régulièrement critiqués, depuis des années, par certains groupes d’habitants des implantations pour ce qu’ils considèrent comme une action insuffisante contre les menaces à la sécurité ou une action flagrante contre les avant-postes illégaux.

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