La famille royale saoudienne divisée sur les éventuels liens futurs avec Israël
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La famille royale saoudienne divisée sur les éventuels liens futurs avec Israël

Le prince héritier s'y est dit favorable, car cela pourrait apporter des opportunités commerciales et une coordination sur l'Iran, mais le roi tient fermement à un État palestinien

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, à gauche, parle à son père, le roi Salmane, lors d'une réunion du Conseil de coopération du Golfe à Riyad, le 9 décembre 2018. (Agence de presse saoudienne via AP)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, à gauche, parle à son père, le roi Salmane, lors d'une réunion du Conseil de coopération du Golfe à Riyad, le 9 décembre 2018. (Agence de presse saoudienne via AP)

La famille royale d’Arabie Saoudite serait divisée quant à d’éventuels liens futurs avec Israël dans la veine des accords historiques avec les Emirats arabes unis et Bahreïn, a rapporté vendredi le Wall Street Journal.

Selon le quotidien, le roi Salmane ben Abdelaziz est entré en conflit avec son fils, le prince héritier de facto Mohammed ben Salmane, ce dernier étant dit favorable à cette initiative.

Le journal a rapporté que le monarque restait engagé dans un boycott d’Israël couplé à une position forte en faveur de la demande palestinienne pour un Etat indépendant, tandis que le prince héritier est ouvert à une normalisation avec l’Etat juif et les opportunités commerciales qu’elle pourrait apporter ainsi qu’à une coordination publique dans la lutte contre l’Iran.

L’Arabie saoudite, Israël, les Emirats et Bahreïn ont pour ennemi commun Téhéran et entretiennent des liens étroits avec Washington.

Le président américain Donald Trump et le roi d’Arabie saoudite Salmane ben Abdel Aziz al-Saoud pendant une cérémonie à la Cour royale saoudienne à Riyad, le 20 mai 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

Selon l’article, cité par la Treizième chaîne, le prince héritier était au courant à l’avance des négociations d’Israël avec les EAU et le Bahreïn, mais n’en a pas parlé à son père de peur qu’il ne tente de saboter les efforts, ce qui a mis le roi en colère. Mohammed ben Salmane savait que l’opposition publique de son père à un accord entre Israël et les Émirats arabes unis pourrait rendre les négociations difficiles.

Le roi a chargé son ministre des Affaires étrangères de déclarer une fois de plus l’engagement du royaume à l’établissement d’un État palestinien et un des associés du roi a écrit un article dans un journal saoudien dans lequel il a réitéré la position pro-palestinienne de la cour saoudienne, a rapporté le site d’information Walla, citant l’article du Wall Street Journal.

L’article aurait en outre laissé entendre que les Émirats arabes unis auraient dû faire pression sur les Israéliens pour qu’ils fassent de nouvelles concessions vis-à-vis des Palestiniens.

Dans le cadre de l’Initiative de paix arabe de 2002, formulée par l’ancien roi d’Arabie saoudite Abdullah, les États arabes ont accepté de ne forger des liens avec Israël qu’après la conclusion d’un accord avec les Palestiniens sur la base des frontières d’armistice de 1967.

L’Arabie saoudite est restée sensiblement silencieuse après l’annonce de l’accord de normalisation entre Israël et Bahreïn. Mais Bahreïn est considéré comme un État client de l’Arabie saoudite, voisin et proche allié, et le minuscule État du Golfe n’aurait probablement pas avancé dans la normalisation sans l’approbation de Riyad.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président américain Donald Trump ont tous deux indiqué que plusieurs autres pays pourraient suivre les Emirats et Bahreïn dans un avenir proche, et le chef de l’agence d’espionnage israélienne du Mossad, Yossi Cohen, a indiqué dans une interview diffusée mercredi que l’Arabie Saoudite pourrait bientôt normaliser ses liens avec Israël, tout en refusant de commenter s’il avait rencontré les dirigeants du royaume arabe.

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