La France craint pour sa souveraineté sur le Tombeau des Rois à Jérusalem
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La France craint pour sa souveraineté sur le Tombeau des Rois à Jérusalem

Un groupe de juifs ultra-orthodoxes réclament de pouvoir s'y rendre pour prier. Paris et le ministère israélien des antiquités craignent une occupation des lieux

Entrée du Tombeau des Rois à Jérusalem-est (Crédit: Yoavd/Wikimedia Commons)
Entrée du Tombeau des Rois à Jérusalem-est (Crédit: Yoavd/Wikimedia Commons)

La France et le ministère israélien des antiquités craignent les revendications d’un groupe de juifs ultra-orthodoxes sur le Tombeau des Rois, situé dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-est.

Deux fois par semaine, ils se rendent devant la porte close du Tombeau des rois, et réclament de pouvoir entrer pour prier dans ce qu’ils considèrent comme un « lieu saint du judaïsme », rapporte Haaretz.

Le Tombeau des Rois est un site regroupant 31 tombes monumentales datant de la période du Second Temple situé à moins d’un kilomètre des remparts de la Vieille Ville.

Mais la France, propriétaire des lieux depuis la fin du 19e siècle, suite au don d’une riche famille juive française apparentée aux frères Pereire, maintient aujourd’hui le lieu fermé. Le consulat le considère avant tout comme un site archéologique qu’il préserve à grand frais.

Une gravure représentant le Tombeau des Rois, à la fin du 19e siècle (Crédit: domaine public)

Il y a peu, le consulat de France à Jérusalem a investi environ 900 000 euros dans sa rénovation : « elle inclut la construction d’un appareil en acier destiné à renforcer la structure centrale en cas de séisme, » détaille le journal israélien. Le consulat attend aujourd’hui des garanties d’Israël avant de rouvrir le site, tant il craint que le lieu ne se transforme en lieu religieux.

C’est la thèse du rabbin Zalman Grossman qui se rend sur les lieux deux fois par semaine accompagné du petit groupe de juifs ultra-orthodoxes. Il est aujourd’hui soutenu par le rabbin du mur Occidental et des lieux saints, Shmuel Rabinovich, le grand rabbin de Jérusalem, Shlomo Amar, ainsi que David Azoulay, l’ancien ministre Shas des Affaires religieuses récemment décédé, dont le portefeuille a été récupéré par Benjamin Netanyahu.

En 2015, deux hommes, Yitzhak Mamo et Yaakov Saltzman, ont intenté et gagné un procès via le tribunal rabbinique contre la France pour occupation d’un lieu saint du judaïsme. Mais le ministre des Affaires étrangères israéliens a fait savoir à la France que, conformément à la Convention de Vienne (1961), le tribunal rabbinique n’avait pas de pouvoir sur les employés du consul.

« En septembre 2018, le consulat a informé le ministère des Affaires étrangères israélien que les travaux étaient terminés et qu’il était désormais possible de rouvrir le site, rapporte Haaretz. Cependant, les Français ont émis deux conditions : premièrement, qu’Israël reconnaisse officiellement la propriété française du site et deux, qu’ils soient assurés qu’aucun nouveau procès ne serait intenté contre eux ».

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