Rechercher

La fusillade meurtrière à Ramle survient dans une vague croissante de violence

Alors que les funérailles des trois hommes tués par balle, samedi, ont entraîné d'autres attaques, la communauté arabe devrait enregistrer son année la plus sanglante

A Ramle, des centaines de personnes manifestent contre la violence dans les communautés arabes israéliennes le 15 octobre 2019. (Liste arabe unie)
A Ramle, des centaines de personnes manifestent contre la violence dans les communautés arabes israéliennes le 15 octobre 2019. (Liste arabe unie)

Trois Arabes israéliens, des hommes originaires de Ramle, ont été inhumés dimanche. Ils avaient été tués par balle à proximité de l’échangeur de Lod dans un contexte de violences croissantes au sein de la communauté.

Le même soir, les pompiers qui étaient intervenus pour éteindre des incendies de poubelle ont essuyé des jets de cocktails molotov et de pierres. Les incendies auraient apparemment été allumés en riposte aux meurtres, a fait savoir le site d’information arabe israélien Panet.

Après les funérailles également, une voiture de patrouille a été visée par des tirs à al-Jawarish, un quartier pauvre et à majorité arabe de la ville. Il n’y a pas eu de blessés, selon un communiqué transmis par la police.

Lundi matin, sept personnes soupçonnées d’avoir pris part à la fusillade survenue aux abords de l’échangeur ont été arrêtées.

Le maire de Ramle, Michael Vidal, a annoncé dimanche que les écoles d’al-Jawarish resteraient fermées pendant au moins deux jours « au vu des récents événements et par souci des vies des résidents ».

Des centaines d’amis et les familles de Raid Abdel Latif, 40 ans, Jibreel Okasha, 41 ans et Nihad al-Shamaali, 28 ans, se sont rassemblés pour enterrer leurs morts au cimetière de Nebi Saleh, situé à al-Jawarish, dimanche après-midi.

Les trois hommes avaient été tués lorsque des balles avaient pénétré dans l’habitacle de leur véhicule, provenant d’une voiture à proximité, selon la police qui avait ensuite pris en chasse les auteurs de la fusillade.

Al-Shamaali a été le quatrième homme, dans sa famille, à mourir sous les balles d’une arme à feu. Deux de ses cousins, Muataz et Muhammad, avaient été abattus dans la ville voisine de Lod, l’année dernière. Et Said, son frère, avait essuyé des tirs alors qu’il se rendait aux funérailles de Muataz. Grièvement blessé, il avait succombé à ses blessures.

Après le meurtre de son frère, al-Shamaali avait été interviewé pour « Ramle : La scène du crime », une série documentaire diffusée par la chaîne Kan.

« C’est un cimetière ici », avait-il commenté devant les caméras de la chaîne, se référant à un secteur contrôlé par deux gangs majeurs du crime organisé.

La police a expliqué dans un communiqué que les noms des trois hommes abattus samedi étaient « connus » de ses services, ce qui indique que la fusillade pourrait entrer dans le cadre d’une lutte interne au milieu du crime organisé. Pendant l’enterrement, les policiers se sont répartis dans le quartier d’al-Jawarish pour tenter d’empêcher des violences supplémentaires, a noté Panet.

Le marché de Ramlé, le 1er mai 2020 (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

La vague de violences à Ramle pourrait avoir commencé en représailles à l’assassinat d’un éminent homme d’affaires, Mohammad al-Maghrabi, par l’un des proches d’al-Shamaali, a noté Ynet.

Ramle est l’une des quelques villes intégrées en Israël – la majorité des résidents sont Juifs et 25 % des habitants sont arabes. A seulement 20 minutes de voiture de Tel Aviv, le contraste entre les deux villes est frappant. Cela fait des années que Ramle se bat contre les violences et la pauvreté, enregistrant l’un des taux les plus élevés au sein de l’Etat juif en matière de crimes.

Au mois d’octobre, au beau milieu d’une vague de meurtres, des centaines de résidents de la ville avaient manifesté contre les violences au sein de la municipalité et dans les communautés arabes de tout Israël.

« Si nous ne continuons pas à compter les arrestations et les manifestations, nous continuerons à compter les victimes et les enterrements », avait dit le président de la Liste arabe unie Ayman Odeh lors de cette manifestation.

Malgré de nombreux appels au passage à l’action et des campagnes organisées à la fin de l’année dernière, les Arabes israéliens pourraient connaître, cette année, leur pire bilan en termes de violences. Ce sont 38 Arabes israéliens qui ont été tués depuis le moins de janvier. En 2019 – où un record avait d’ores et déjà été établi – la communauté n’avait pas atteint ce chiffre avant la mi-juillet.

Seuls 30 % des meurtres présumés – soit 27 sur 88 en 2019 – ont été résolus, avait rapporté Haaretz à ce moment-là.

36 % des Arabes israéliens reconnaissent avoir un sentiment d’insécurité au sein des communautés dans lesquelles ils vivent en raison des violences contre 12,8 % parmi les Juifs israéliens, selon un rapport émis en 2019 par le Fonds Abraham. Baladna, une organisation non-gouvernementale, a fait savoir que les jeunes Arabes israéliens sont la catégorie la plus vulnérable face à ces meurtres – plus de la moitié des morts, au sein de la communauté arabe israélienne, sont âgés de 18 à 34 ans.

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.