La gourmette d’un soldat britannique exécuté au Struthof rendue à sa famille
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La gourmette d’un soldat britannique exécuté au Struthof rendue à sa famille

Frappée des insignes de la Royal Air Force britannique et portant le nom et le matricule du sergent, cette gourmette lui avait été remise en 1943 par des proches au Canada

Paul Habgood, le neveu du sergent Frederick Harold Habgood, pilote de la Royal Air Force britannique pendant la Seconde Guerre mondiale dont l'avion a été abattu en 1943 au-dessus de l'Alsace, tient le bracelet-chaîne de son ancêtre, retrouvé en 2018 lors de travaux d'entretien effectués au camp de concentration du Struthof, lors d'une cérémonie de remise du bracelet le 12 septembre 2021, à Natzwiller, dans l'est de la France. (Crédit : FREDERICK FLORIN / AFP)
Paul Habgood, le neveu du sergent Frederick Harold Habgood, pilote de la Royal Air Force britannique pendant la Seconde Guerre mondiale dont l'avion a été abattu en 1943 au-dessus de l'Alsace, tient le bracelet-chaîne de son ancêtre, retrouvé en 2018 lors de travaux d'entretien effectués au camp de concentration du Struthof, lors d'une cérémonie de remise du bracelet le 12 septembre 2021, à Natzwiller, dans l'est de la France. (Crédit : FREDERICK FLORIN / AFP)

« Enfin, nous ramenons Fred à la maison » : près de 80 ans après sa disparition, la famille de Frederick Habgood s’est vue remettre la gourmette de l’aviateur britannique retrouvée en 2018 au Struthof, l’unique camp de concentration nazi construit en France, où il a été pendu.

Venu de Grande-Bretagne avec trois membres de sa famille, Paul Habgood, 63 ans, neveu du sergent navigateur mort à 21 ans, avait été convié dimanche à la Cérémonie du souvenir annuelle du camp, édifié en 1941 en Alsace (Est), alors annexée par le Reich hitlérien.

Ovale, frappée des insignes de la Royal Air Force britannique et portant le nom et le matricule du sergent, cette gourmette n’était pas une médaille réglementaire mais lui avait été remise en 1943 par des proches au Canada, où il « s’était formé en tant que navigateur », a raconté M. Habgood.

Pour les autorités britanniques, « oncle Fred » était porté disparu, son corps n’ayant jamais été retrouvé. Mais en août 2018, la gourmette est découverte par hasard dans la fosse aux cendres du camp, lors de travaux d’entretien.

C’est Anna Bernard, étudiante de 21 ans alors vacataire sur le site, qui l’a exhumée en voulant récupérer un tuyau d’arrosage tombé dans la fosse. « J’ai vu un petit bout de chaîne qui dépassait, j’ai tiré (…) et je me suis retrouvée avec le bracelet dans la main », explique-t-elle à l’AFP.

« Je me suis dit, ‘ça, c’est pas rien, il y a le nom, le matricule dessus' », sourit Anna, qui signale immédiatement sa découverte.

« Oublier, c’est trahir »

Né en 1922 à Londres, Frederick Habgood avait en fait survécu au crash de son avion, abattu le 28 juillet 1943 vers Ottrott, près du Struthof.

Son appareil faisait partie d’une centaine de bombardiers partis d’Angleterre pour pilonner les usines Bosch de Stuttgart, a expliqué Guillaume d’Andlau, directeur du Centre européen du résistant déporté-Struthof, qui accueille 200 000 visiteurs par an.

Frederick s’est caché pendant quelques jours mais, peut-être dénoncé, il a été capturé par la Gestapo puis emprisonné au Struthof, où il fut pendu le 31 juillet 1944.

La découverte de sa plaque dans la fosse aux cendres « apporte la preuve qu’il a bien été incinéré dans le crématoire du camp », selon Guillaume d’Andlau.

« Au nom de la France, je souhaite au sergent Habgood un bon retour chez lui », a déclaré la ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, Geneviève Darrieussecq, en remettant la gourmette aux proches du sergent.

« Nous ne ferons jamais le cadeau de l’oubli aux bourreaux » et à ceux « qui, aujourd’hui encore, nient ou minimisent leurs crimes », a-t-elle poursuivi.

Le Struthof était le camp central d’un réseau d’une cinquantaine de camps annexes où 50 000 personnes furent déportées, parmi lesquelles près de 20 000 trouvèrent la mort, ce qui en fait l’un des plus meurtriers du système nazi, hormis les camps d’extermination. Il abritait également une chambre à gaz où 86 Juifs furent tués.

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