Israël en guerre - Jour 144

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La grand-mère d’une otage a frappé à la porte des ministres pendant Hanoukka

Dvora Leshem, née en Iran, aïeule de Roni Gonen, a parlé à un politicien différent tous les soirs de la fête au lieu d'allumer des bougies avec sa famille

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Le président Isaac Herzog et Michal Herzog allument des bougies pour Hanoukka avec Dvora Leshem, grand-mère de Romi Goren, otage, et d'autres membres des familles de captifs sur la place des Otages de Tel Aviv, le 13 décembre 2023. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Le président Isaac Herzog et Michal Herzog allument des bougies pour Hanoukka avec Dvora Leshem, grand-mère de Romi Goren, otage, et d'autres membres des familles de captifs sur la place des Otages de Tel Aviv, le 13 décembre 2023. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Plutôt que d’allumer des bougies chaque soir avec sa famille, Dvora Leshem, 87 ans, a frappé à la porte des ministres, des députés et des puissants, tentant de sauver sa petite-fille de 23 ans, Romi Gonen, prise en otage par les terroristes palestiniens du Hamas, le 7 octobre, lors de la rave-party Supernova.

Elle est actuellement détenue à Gaza, comme c’est aussi le cas de 131 autres otages – dont certains ne sont plus en vie.

Leshem est allée voir le président de la Knesset, Amir Ohana, le premier soir ; elle est allée chez Benny Gantz, le ministre du cabinet de guerre, et chez le ministre de la Défense Yoav Gallant. Elle s’est rendue chez le Conseiller à la sécurité nationale, Tzachi Hanegbi, et chez Aryeh Deri, observateur du cabinet de guerre, le quatrième et le cinquième soir. Elle a vu Yuli Edelstein, député, et le président Isaac Herzog au cours des deux dernières soirées.

Leshem, qui vit à Tel Aviv, n’a pas pu atteindre tous les politiciens.

« J’ai commencé le premier soir avec Amir Ohana, le président de la Knesset », raconte Leshem, s’exprimant auprès du Times of Israel. « Il n’était pas chez lui mais son partenaire, lui, était là. Ce sont des gens très bien, vous pouvez vous rendre compte de l’intérêt qu’ils vous portent ».

La famille d’Ohana a invité Leshem et a souhaité qu’elle reste dîner et qu’elle allume des bougies en sa compagnie, déclare-t-elle. « Mais j’ai répondu : ‘Nous n’allumons pas de bougie pour Hanoukka cette année ».

Le dernier signe de vie qu’a donné Gonen à sa famille date d’il y a plusieurs semaines. Elle avait appris que Romi était en vie, c’était ce qu’avait annoncé une otage libérée – même si elle n’avait pas eu d’information supplémentaire.

Meirav Leshem Gonen, troisième à droite, la mère de Romi Gonen, prise en otage, lors d’une marche vers la Knesset, le 12 décembre 2023. (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israel)

« Nous savons qu’elle est en vie et ça nous a permis enfin de souffler », explique Leshem, dont la fille, Meirav Leshem Gonen, qui est la mère de Romi, est au cœur du mouvement des familles de captifs par ses discours et ses propos tenus lors des défilés et autres manifestations.

La famille n’a plus eu de nouvelles de Romi depuis 10 heures 58 du matin, le samedi 7 octobre, alors que la jeune fille tentait d’échapper à l’assaut du Hamas lors du festival de musique électronique Supernova qui était organisé dans le désert.

Elle était restée au téléphone avec sa mère pendant tout le début de la matinée et elle était dans une voiture, avec des amis, quand elle avait annoncé à sa mère qu’elle avait été blessée par balle et qu’elle saignait.

Plus de 3 000 terroristes s’étaient infiltrés à travers la frontière, le 7 octobre, tuant 1 200 personnes du côté israélien – des civils en majorité. Des familles entières avaient été exécutées dans leurs habitations et des jeunes avaient été massacrés lors de la rave-party. Les hommes armés avaient aussi pris en otage 240 personnes.

Aujourd’hui, plus de huit semaines plus tard, Leshem a attendu plus de 40 minutes, pendant Hanoukka, pour discuter avec Gallant. Le ministre l’a écoutée et l’a regardée dans les yeux « mais il fait que ce que peut faire un général, il se bat », a commenté Leshem. « Il m’a dit : ‘Nous pensons aux otages et nous les sauverons’. »

Gallant a aussi indiqué à Leshem qu’il pourrait falloir encore un mois pour obtenir la libération de tous les otages.

« Excusez-moi, mais comment Romi pourra encore-t-elle attendre un mois en mangeant du riz et en buvant de l’eau ? », s’interroge Leshem. « Je lui ai dit de trouver d’autres personnes qui puissent venir en aide, je lui ai dit qu’il y avait d’autres personnes, dans ce monde, qui pouvaient nous aider ».

Gantz s’est également montré respectueux et agréable, note Leshem, qui ajoute que le ministre lui a affirmé que le gouvernement continuerait à faire ce qu’il avait à faire et qu’elle et sa famille devaient continuer, elles aussi, à faire tout leur possible.

« Je ne pense pas que ce soit suffisant », déplore Leshem. « Cela fait trop longtemps. Je ne veux pas que son corps sans vie revienne à la maison ».

Romi Gonen, retenue en captivité par les terroristes du Hamas depuis son enlèvement à la rave Supernova, le 7 octobre. (Autorisation)

Leshem n’avait pas prévu de s’entretenir avec Hanegbi, le Conseiller à la sécurité nationale – mais elle dit avoir été ennuyée en l’entendant dire que les efforts livrés par l’armée pour secourir les otages présentaient un risque élevé « parce que les ravisseurs attendaient les militaires avec le doigt sur la gâchette » et que les pressions exercées par l’armée pouvaient produire un nouvel arrêt dans les combats et la remise en liberté d’un plus grand nombre d’otages.

« Je ne prévoyais pas d’aller le voir, je ne l’apprécie pas », s’exclame Leshem. « Je lui ai dit ce que j’avais sur le cœur et j’ai eu des mots durs. »

Il resterait environ 130 otages à Gaza – tous n’ont pas survécu – après la remise en liberté de 105 civils qui étaient retenus en captivité par le Hamas pendant une trêve qui a duré une semaine, à la fin du mois de novembre. Quatre otages avaient déjà été relâchés auparavant et une soldate avait été secourue par les soldats. Les dépouilles de huit otages ont aussi été rapatriées. L’armée israélienne a confirmé la mort de 20 captifs qui se trouvent encore entre les mains du Hamas, citant des renseignements et des informations collectés par les troupes sur le terrain, à Gaza.

Leshem a rencontré la majorité des politiciens devant chez eux et lorsqu’il s’est avéré que d’autres, comme Deri ou Netanyahu, n’étaient pas présents au moment de sa venue ou qu’ils n’étaient pas disponibles, elle a laissé des lettres.

L’homme qu’elle a rencontré le plus longuement a été Edelstein, « qui a parlé comme un civil, non comme un soldat », dit-elle, et qui a passé plus d’une heure en sa compagnie.

« On sent que le sujet les émeut et mon intention, c’est que lorsqu’ils prendront part aux réunions, ils le feront avec leur cœur, leur esprit, leurs oreilles », dit-elle. « Je veux qu’ils arrivent à avoir une réflexion qui soit un peu différente sur leur manière d’agir ».

Lors de l’une des dernières soirées de Hanoukka, Leshem a rencontré le président Herzog qui est venu sur la place des Otages de Tel Aviv.

« Il voulait que j’allume une bougie avec lui et que je regarde la lumière, que je m’imagine que cette lumière atteignait Romi », dit Leshem. « Il pense que ce n’est pas seulement l’affaire du cabinet mais un mouvement mondial, un mouvement qui apportera le changement ; il pense que beaucoup de gens réfléchissent à la manière dont résoudre ce problème. Mais le temps qui passe me fait peur ».

Leshem, née en Iran, a aussi lancé un appel bouleversant dans sa Perse natale, demandant à l’Ayatollah Khamenei et au président Ebrahim Raissi « une faveur », en tant que grands-parents d’enfants d’âge similaire, et qu’ils interviennent pour aider à libérer sa petite-fille.

« Romi a mes gènes, mon sang iranien », dit Leshem, qui a deux filles et sept petits-enfants. « On me dit que Khamenei m’entendra et que peut-être, cela nous aidera ».

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