La koupat holim Maccabi n’a « aucune idée » du taux de contamination à Bnei Brak
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La koupat holim Maccabi n’a « aucune idée » du taux de contamination à Bnei Brak

Les médias avaient cité le directeur général de l'organisme disant que 38 % des habitants étaient infectés ; un haut responsable évoque un malentendu

La police patrouille dans la ville à majorité ultra-orthodoxe de Bnei Brak, le 30 mars 2020. (Tomer Neuberg/Flash90)
La police patrouille dans la ville à majorité ultra-orthodoxe de Bnei Brak, le 30 mars 2020. (Tomer Neuberg/Flash90)

Bnei Brak est devenue une ville largement connue pour être celle où une personne sur trois serait atteinte du Covid-19, mais les experts médicaux à l’origine de ce chiffre clament que ce dernier repose sur un malentendu.

Ido Hadari, directeur exécutif des services Maccabi, a expliqué dimanche au Times of Israel que son organisation n’avait en fait « aucune idée » du nombre de résidents de Bnei Brak qui seraient porteurs du coronavirus – même si elle est elle-même à la source de ce chiffre actuellement débattu dans les médias et sur les réseaux sociaux.

Bnei Brak fait l’objet d’un cordon sanitaire alors que la police fait actuellement respecter son nouveau statut de « zone restreinte » en raison du taux élevé de personnes touchées par le Covid-19 dans la population.

Des propos tenus devant une commission de la Knesset par Ran Saar, directeur général de Maccabi, la caisse d’assurance-maladie d’un habitant sur deux de Bnei Brak, avaient été largement repris dans la journée de jeudi – il aurait ainsi déclaré que 38 % des habitants de la ville étaient infectés par le coronavirus.

Mais Ido Hadari a précisé que son collègue, à ce moment-là, n’avait pas voulu donner de chiffres concernant la population générale de la ville ultra-orthodoxe, mais qu’il débattait de statistiques très différentes : à savoir le pourcentage de personnes ayant eu un malaise et ayant effectué un test ces derniers jours – et dont il s’était avéré qu’elles étaient atteintes du Covid-19.

Capture d’écran d’une vidéo de Ran Saar, directeur-général des services de santé Maccabi (Capture d’écran : Twitter)

Les 1 300 personnes dépistées, a souligné Ido Hadari, présentaient des symptômes de la maladie et un grand nombre d’entre elles ont été envoyées par leurs médecins de famille respectifs.

Ran Saar « s’inquiétait » de la situation dans la ville et tentait d’exprimer cette préoccupation en des termes généraux – mais ne tentait pas alors de quantifier le niveau de contamination, a-t-il ajouté.

Ces statistiques du directeur général de Maccabi sont intervenues dans un contexte de colère de la part de certains Israéliens à l’égard des communautés ultra-orthodoxes qui ont semble-t-il adopté les directives de distanciation sociale trop tard, et qui ont donc été perçues comme étant coupables de leur contamination.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a condamné, dimanche, ce qu’il a qualifié « d’incitations sauvages à l’encontre de la population ultra-orthodoxe ».

Ido Hadari a indiqué que l’analyse faite par son collègue avait été mal reprise par de nombreuses personnes pour donner un point de vue négatif des haredim.

« Il est sidérant que ses paroles aient été reprises et retournées contre la population ultra-orthodoxe », a-t-il dénoncé.

Les experts disent que le pourcentage de tests positifs à Bnei Brak – 38 % – est frappant, mais qu’il n’aide pas pour autant à donner une image de la gravité potentielle de la situation dans la ville.

Pour Tomer Hertz, microbiologiste à l’université Ben-Gurion, le chiffre est « très élevé », et il ajoute qu’au centre médical Soroka où il travaille, seuls 4 % à 7 % des tests réalisés se sont avérés positifs. Il met toutefois en garde contre d’éventuelles tentatives d’estimation, sur la base de ces différences, du nombre de cas à Bnei Brak au vu de la complexité du dépistage.

Tandis que le chiffre « révèle absolument que quelque chose est en train de se passer à Bnei Brak », poursuit-il, il y a encore trop de facteurs inconnus, ce qui signifie qu’il « est impossible de traduire cela en taux d’infection global de la population dans la ville ».

Il y avait, lundi matin, 1 323 cas confirmés de Covid-19 à Bnei Brak, qui compte 200 000 habitants. Il s’agit de la deuxième ville en termes de taux de contagion par habitant, selon les chiffres du ministère de la Santé.

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