La Maison Blanche convoquera les « parties intéressées » pour sauver Gaza
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La Maison Blanche convoquera les « parties intéressées » pour sauver Gaza

L’administration garde le secret sur la liste des invités à la session de réflexion consacrée à la résolution de la crise humanitaire dans l'enclave, annoncée par Greenblatt

Des garçons palestiniens font du vélo dans la ville de Gaza le 8 mars 2018 (Crédit : AFP / MOHAMMED ABED)
Des garçons palestiniens font du vélo dans la ville de Gaza le 8 mars 2018 (Crédit : AFP / MOHAMMED ABED)

WASHINGTON (JTA) — La semaine prochaine, la Maison Blanche organisera une réunion avec des « parties intéressées » pour améliorer la vie dans la bande de Gaza, a déclaré jeudi un haut responsable pour la paix au Moyen-Orient.

« En réponse à la situation humanitaire qui se développe à Gaza, les principaux pays et parties intéressées se préparent à agir : une réunion a eu lieu au Caire jeudi, et une session de réflexion aura lieu la semaine prochaine à la Maison Blanche pour trouver de vraies solutions aux problèmes que Hamas a causés », a écrit jeudi Jason Greenblatt dans une tribune publiée dans le Washington Post.

Cet article était la première annonce au sujet de la réunion.

Un porte-parole de Greenblatt a refusé de dire qui étaient les parties intéressées et les pays incluent. On ne sait pas qui a participé à la réunion du Caire, bien que les responsables du Hamas se soient récemment rendus dans la capitale égyptienne pour discuter de la réconciliation avec l’Autorité palestinienne.

L’envoyé pour la paix du président américain Donald Trump, Jason Greenblatt (à gauche), dans un tunnel terroriste du Hamas près de la bande de Gaza avec le coordonnateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT) Yoav ‘Poly’ Mordechai le 30 août 2017 (Crédit : bureau du porte-parole du COGAT)

Cependant, il y a un certain nombre d’acteurs possibles qui pourraient hésiter à participer aux pourparlers si ces informations étaient rendues publiques. De plus, il y a des parties potentielles dont la participation pourrait embarrasser l’administration Trump.

L’Autorité palestinienne, par exemple, s’est officiellement retirée des efforts déployés par l’administration Trump pour reprendre les pourparlers de paix, citant la reconnaissance par le président Donald Trump en décembre de Jérusalem comme capitale d’Israël.

Le Hamas, le groupe qui contrôle la bande de Gaza, est désigné par le Département d’Etat américain comme un groupe terroriste.

Le Qatar, un pays qui a été impliqué dans des tentatives pour améliorer la vie des Palestiniens à Gaza, est rejeté par un allié clé des Etats-Unis, l’Arabie saoudite. Et la Turquie, qui a également été profondément impliquée à Gaza par le passé, entretient actuellement des relations tendues avec les Etats-Unis au sujet du soutien américain apporté aux Kurdes dans la guerre civile syrienne.

Le haut responsable des Nations unies pour Israël et les Territoires palestiniens affirme que Gaza fait face à un « effondrement total ».

Les Palestiniens qui sont incapables de rembourser leurs dettes sont assis dans une cellule dans une prison du Hamas dans la ville de Gaza le 20 février 2018 (Crédit : AFP PHOTO / MAHMUD HAMS)

Le chef de l’armée israélienne aurait également averti le cabinet récemment qu’un conflit pourrait éclater si les conditions humanitaires continuaient à empirer dans la bande de Gaza.

Avec l’aide de l’Egypte, Israël maintient un blocus de Gaza depuis 2007, qu’il juge nécessaire pour isoler le Hamas, contre lequel il a mené trois guerres depuis 2008. Le Hamas — le groupe terroriste islamiste qui a pris le contrôle de Gaza en 2007, deux des années après qu’Israël a retiré sa présence militaire et civile de la bande de Gaza — est ouvertement engagé pour la destruction d’Israël.

Israël dit qu’il maintient le blocus afin d’empêcher les dirigeants terroristes du Hamas de Gaza d’importer des armes.

Des Palestiniennes crient que les Gazaouis attendent la permission de traverser le point de passage de Rafah dans le sud de la bande de Gaza après son ouverture par les autorités égyptiennes le 7 février 2018 (Crédit : AFP PHOTO / SAID KHATIB)

Mais les groupes de défense des droits de l’Homme et les responsables de l’ONU affirment que le blocus équivaut à une punition collective et étrangle l’économie de l’enclave, où le taux de chômage est d’environ 40 %.

Les États-Unis ont récemment réduit de plus de 100 millions de dollars de financement apporté à l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient, qui aide les réfugiés palestiniens dans la bande de Gaza. L’institution a lancé des campagnes de collecte de fonds urgentes pour compenser la différence.

L’Autorité palestinienne a également cherché ces derniers mois à nuire au Hamas en endommageant l’économie de Gaza, y compris en réduisant les salaires qu’elle verse encore aux fonctionnaires là-bas malgré la prise de contrôle du territoire par le Hamas en 2007.

Les membres des Brigades Ezzedine al-Qassam, l’aile militaire du mouvement terroriste palestinien islamiste du Hamas, participent à un rassemblement marquant les trois années écoulées depuis l’opération Bordure protectrice, le 20 juillet 2017, à Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza. (Crédit : Abed Rahim Khatib / Flash90)

Le Hamas a également cessé de payer les fonctionnaires après la tentative de réconciliation avec le Fatah du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

L’article de Greenblatt a surtout fustigé le Hamas pour avoir négligé la population du territoire avec sa perpétuation du terrorisme, mais a également laissé entendre que le Hamas pourrait entrer dans le giron s’il prenait les mesures nécessaires.

« Le Hamas ne doit être autorisé à participer à aucun futur gouvernement tant qu’il ne respecte pas les conditions du Quartet Moyen-Orient — les Etats-Unis, la Russie, l’Union européenne et les Nations unies — notamment en s’engageant explicitement à la non-violence, en reconnaissant Israël et en acceptant les accords et les obligations précédents entre les parties », a écrit Greenblatt.

« Il doit se désarmer et s’engager dans des négociations pacifiques. Le Hamas doit également aborder un autre problème humanitaire et renvoyer les soldats des forces de défense israéliennes portées disparues qui ont été pris par le Hamas, ainsi que les civils israéliens », a-t-il écrit. « Il y a un moyen de s’en sortir pour Gaza, si seulement le Hamas a le courage d’admettre l’échec et de tracer une nouvelle voie ».

L’AFP et l’équipe du Times of Israel ont contribué à cet article.

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