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La mission israélienne au Qatar est une présence temporaire, pas une normalisation

Une mission de six employés du ministère des Affaires étrangères répond aux besoins consulaires des quelque 10 000 Israéliens attendus à la Coupe du Monde de football

Le diplomate israélien Alon Lavi assiste à un match de la Coupe du monde pendant son congé de ses fonctions diplomatiques, Doha, Qatar, 21 novembre 2022. (Crédit : Autorisation)
Le diplomate israélien Alon Lavi assiste à un match de la Coupe du monde pendant son congé de ses fonctions diplomatiques, Doha, Qatar, 21 novembre 2022. (Crédit : Autorisation)

DOHA, Qatar – Dans le hall d’entrée de l’Avenue Hotel, près d’une autoroute très fréquentée de Doha, les drapeaux nationaux des 32 équipes participantes à la Coupe du monde étaient accrochés partout sur les murs. Bien que le drapeau israélien n’y figure pas, il y avait néanmoins une présence israélienne dans la pièce.

Vêtu d’un costume bleu roi malgré la chaleur accablante de midi, Alon Lavi fait partie de la mission de six diplomates dépêchés par Jérusalem pour aider les Israéliens en visite dans l’État du Golfe. Il a déclaré qu’après avoir atterri à l’aéroport international Hamad, son équipe a été « accueillie et admise par le représentant du gouvernement sans aucun problème. »

« Nous sommes sur place pour mettre en place les moyens de fournir des services consulaires … En fin de compte, nous n’avons pas d’ambassade ici, nous n’avons pas de bureaux », a déclaré Lavi, porte-parole de la délégation.

« Nous nous chargeons même des tâches les plus élémentaires, comme la connexion aux systèmes nécessaires pour fournir les documents de voyage. On a dû apporter une imprimante israélienne – cela prend du temps. »

Selon la FIFA, 4 500 supporters arrivant au Qatar ont été enregistrés comme étant de nationalité israélienne. Le ministère des Affaires étrangères estime toutefois qu’un nombre à peu près équivalent est entré ou entrera au Qatar en utilisant un passeport non israélien, par crainte des risques éventuels pour leur sécurité, ce qui amènerait le nombre de supporters israéliens à près de 10 000.

Bien que n’ayant pas de liens officiels, Jérusalem entretient des relations avec Doha, notamment pour autoriser la distribution de l’aide qatarie dans la bande de Gaza. Les modalités de ces relations sont rarement confirmées publiquement. Doha sert aussi ouvertement de base aux dirigeants du Hamas, le groupe terroriste palestinien qui dirige la bande de Gaza.

Le Qatar a accueilli une représentation commerciale israélienne de 1995 à 2000, mais il est peu probable qu’il se joigne aux autres États du Golfe pour établir des liens complets avec Israël en raison de ses relations avec l’Iran, l’ennemi juré de l’État juif dans la région.

Un hall d’hôtel dans le quartier Al-Sadd de Doha où ce journaliste a rencontré Alon Lavi, l’un des premiers diplomates israéliens au Qatar. (Crédit : Ash Obel/The Times of Israel)

Au cours de son entretien avec le Times of Israel, Alon Lavi a pris soin de souligner que la présence israélienne à Doha était temporaire et n’annonçait pas une percée dans les relations.

En raison de l’absence de relations diplomatiques, un accord spécial entre la FIFA, Israël et le Qatar a été nécessaire pour permettre aux diplomates israéliens de se rendre sur place et d’aider les Israéliens voyageant pour le tournoi.

« Nous en discutons depuis des mois avec la FIFA et le Qatar. Cela fait partie des accords des accords entre la FIFA et le pays hôte », a déclaré Lavi, ajoutant que « comme toujours au Moyen-Orient, l’accord a été conclu à la 90e minute ».

Jusqu’à présent, les représentants consulaires ont surtout eu affaire à des Israéliens ayant perdu leur passeport. Il y a cependant, eu un incident où l’équipe a participé à la recherche d’un citoyen israélien qui, désorienté dans les rues de Doha, s’était brièvement perdu.

À la question de savoir si les autorités qataries ont imposé des restrictions supplémentaires aux fonctionnaires israéliens, le diplomate a répondu : « Nous espérons avoir un accès et un dialogue ouverts avec nos interlocuteurs locaux, mais pas de restrictions. »

Lavi a aussi critiqué les informations non vérifiées selon lesquelles la nourriture casher avait été interdite dans le pays, révélant que l’incident « a causé quelques maux de tête » aux autorités qataries soucieuses de présenter leur pays comme religieusement ouvert et culturellement tolérant.

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