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La police interroge un avocat qui s’en est pris à Miri Regev

Barak Cohen avait qualifié la ministre de la Culture de “loque à deux balles” et de “raciste” durant une altercation à Tel Aviv

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

La ministre de la Culture et des Sports, Miri Regev, le 17 février 2016 (Crédit : Tomer Neuberg / Flash90)
La ministre de la Culture et des Sports, Miri Regev, le 17 février 2016 (Crédit : Tomer Neuberg / Flash90)

La police a interrogé un avocat israélien qui a hurlé un torrent d’insultes à l’attention de la ministre de la Culture et des Sports Miri Regev (Likud) quand il l’a aperçue en compagnie de sa famille à Tel Aviv.

L’avocat et militant Barak Cohen s’est filmé en train d’accoster Regev et ses proches puis a posté la séquence sur son compte Facebook la semaine dernière.

Cohen doit répondre d’offense envers une personnalité publique, de violation de la vie privée et d’agression.

« Je suis satisfaite qu’il ait été interrogé mais j’espère que cette affaire ne prendra pas fin avec seulement cet interrogatoire », a expliqué Regev dans un reportage réalisé pour la Deuxième chaîne. « Une personne doit connaître ses limites, vous pouvez donner votre opinion mais n’effrayez pas… Ou ne menacez pas… ou n’agressez pas quelqu’un comme il l’a fait. »

L’incident est survenu jeudi dernier lorsque Regev et des membres de sa famille marchaient le long de la rue Dizengoff à Tel Aviv alors qu’ils allaient dîner. Cohen a intercepté le groupe et interpellé Regev sur certaines politiques qu’elle a mises en place concernant les populations juives séfarades et mizrahies du pays, qui descendent des communautés juives de tout le Moyen Orient.

Capture d'écran d'une vidéo de l'avocat Barak Cohen. (Capture d'écran : YouTube/Eran Vered)
Capture d’écran d’une vidéo de l’avocat Barak Cohen. (Capture d’écran : YouTube/Eran Vered)

Marchant à grands pas aux côtés de Regev, dont le père était marocain, Cohen s’est filmé avec son téléphone alors qu’il proférait des insultes envers la ministre, de nombreux jurons étant empruntés aux tensions culturelles existant entre les Juifs séfarades et mizrahis israéliens et les ashkénazes, d’origine européenne.

« Vous n’êtes un soutien que pour les Juifs ashkénazes du Meretz, n’est-ce pas ? » a crié Cohen, se référant au parti de gauche de l’opposition. Regev est membre de la formation du Likud, qui est au pouvoir.

« Pour la démocratie des Juifs mizrahis, là, vous n’êtes pas une championne, a-t-il continué. Vous êtes une loque qui veut se faire passer pour une combattante au non des Juifs mizrahis. Une ordure non démocratique ! »

Regev, qui avait choisi de ne pas répondre à Cohen, a finalement rétorqué : « Vous dites n’importe quoi, je ne veux même pas vous prêter d’attention. »

Alors que la famille de Regev rentrait dans un restaurant de fruits de mer, qui sert des produits non casher, Cohen a crié : « vous bouffez de la vermine. Vous êtes vraiment juive ? Je vous ch*e dessus, sur vous et sur toute votre famille. »

« Vous êtes une loque à deux balles de Juive mizrahie raciste, une ministre de la Culture, comme si… ! », a-t-il poursuivi.

C’est une Regev furieuse qui a tenté de détourner l’objectif de la caméra mais Cohen a continué à la filmer et à l’interrompre.

Il a plus tard posté la vidéo sur sa page Facebook.

Dans un post publié sur sa propre page Facebook, Regev a écrit : « Moi et ma famille avons été effectivement agressés aujourd’hui sur la rue Dizengoff de Tel Aviv. C’est le genre de prix qu’un responsable public et sa famille ne devraient pas devoir payer. J’ai confiance dans le fait que la police s’occupera de l’agresseur, comme cela est nécessaire. Je n’ai pas d’inquiétude à son sujet, ni au sujet des autres dans son genre. Nous continuerons à faire ce qui est bon pour la population israélienne. »

Le bureau de Regev a émis un communiqué après l’agression affirmant que le perturbateur était un « anarchiste antisioniste, un membre de l’extrême gauche qui dans le passé a harcelé des responsables publics ».

Cohen est à la tête du groupe militant « s’en prendre aux banquiers », organisateur de plusieurs manifestations aux abords des domiciles de célèbres banquiers du pays.

Suite à son interrogatoire, c’est un Cohen qui ne montrait aucun remord qui a justifié ses actes dans une déclaration faite à la Deuxième chaîne, disant que « le mépris et la dénonciation d’une insignifiante politicienne qui a fait sa fortune en propageant un racisme empoisonné, c’est un message politique important. »

« Il n’y a rien de plus naturel que de souligner à voix forte l’hypocrisie de quelqu’un qui prétend parler au nom du judaïsme mais qui se rend dans un restaurant de fruits de mer connu pour servir de la vermine. Mes expressions contre elles sont des expressions contre l’hypocrisie et le faux soutien qu’elle apporte aux Juifs mizrahis. Je ne prendrai pas de leçon de politesse de la part de quelqu’un qui utilise le slogan ‘les soudanais sont un cancer dans notre corps' ».

Au mois de mai 2012, Regev avait demandé pardon après un discours tenu dans le quartier Hatikva dans le sud de Tel Aviv lors duquel elle avait qualifié les demandeurs d’asile soudanais de « cancer dans notre corps », disant que ce propos avait été mal interprété.

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