Nucléaire iranien : la principale négociatrice américaine démissionne
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Nucléaire iranien : la principale négociatrice américaine démissionne

Wendy Sherman quittera son poste après le 30 juin, la date butoir pour un accord nucléaire

La secrétaire américaine Wendy Sherman (à gauche), le secrétaire d'Etat John Kerry (au centre) et le secrétaire à l'Energie Ernest Moniz à l'Hôtel Beau Rivage, à Lausanne, le 29 mars ( Crédit : Brendan Smialowski/AFP)
La secrétaire américaine Wendy Sherman (à gauche), le secrétaire d'Etat John Kerry (au centre) et le secrétaire à l'Energie Ernest Moniz à l'Hôtel Beau Rivage, à Lausanne, le 29 mars ( Crédit : Brendan Smialowski/AFP)

Wendy Sherman, qui a mené les négociations nucléaires américaines avec l’Iran depuis près de deux ans, va démissionner de son poste après la date butoir du 30 juin pour un accord final, a-t-elle annoncé mercredi au New York Times.

« Ce furent deux longues années », a-t-elle confié au journal.

En tant que sous-secrétaire d’Etat pour la politique, Sherman est la fonctionnaire avec le troisième plus haut rang au Département d’Etat américain. Elle a été nommée à ce poste par Hillary Clinton, qui a été la secrétaire d’État avant John Kerry. En annonçant son départ, elle a obtenu les éloges des dirigeants de l’administration.

« Par les conseils apportés à ses collègues, son expérience, sa passion pour la diplomatie, son calme dans la tempête Sherman s’est distinguée comme un grande sous-secrétaire d’Etat », a déclaré Kerry.

Le président Obama avait « longtemps compté sur la combinaison unique d’intelligence, de ténacité et de persévérance de Wendy, qui ont fait d’elle l’une des diplomates les plus efficaces de sa génération », affirme un communiqué de la Maison Blanche.

Selon certains observateurs, le départ de Sherman risque de laisser un vide dans l’expérience et la connaissance des diplomates au moment même de la transition entre la négociation d’un accord sur le nucléaire avec Téhéran et sa mise en œuvre.

D’autres responsables de premier plan impliqués dans les négociations, y compris son prédécesseur, William Burns, qui a initié la diplomatie officieuse avec l’Iran deux ans plus tôt, avaient également démissionné.

Les efforts déployés pour parvenir à un compromis avec l’Iran sur son programme nucléaire ont été « incroyablement complexe », a confié Sherman au Times, « avec le Congrès, avec la presse, avec nos partenaires de négociation – et puis, quand vous avez fini avec tout cela, la négociation avec les Iraniens. Et parce que nous sommes dans le monde du 24/7, si jamais il y a eu une époque où vous pouviez faire passer un message à une audience et espérer qu’il ne serait pas entendu par un autre public – eh bien, cela n’est désormais plus possible, si cela l’a jamais été ».

Sherman, qui avait déjà travaillé sur la politique nucléaire de la Corée du Nord sous l’administration Clinton,a été très critiquée, en particulier chez les républicains au Congrès, où certains ont rappelé que les négociations ont abouti à faire de la Corée du Nord une dictature dotée de l’arme nucléaire.

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