La Russie estime pouvoir avoir de bonnes relations avec l’Iran comme avec Israël
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La Russie estime pouvoir avoir de bonnes relations avec l’Iran comme avec Israël

Dans des remarques visiblement liées aux efforts de Jérusalem de bâtir un front unifié contre Téhéran, Sergueï Lavrov indique que Moscou ne "s'alliera" contre personne

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergey Lavrov (à droite) avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem le 24 mars 2011. (Avi Ohayon/GPO/Flash90)
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergey Lavrov (à droite) avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem le 24 mars 2011. (Avi Ohayon/GPO/Flash90)

La Russie peut entretenir des relations positives avec l’Iran et Israël, deux ennemis jurés, a déclaré le Kremlin mercredi – des commentaires qui ne devraient pas plaire à Jérusalem, qui tente de bâtir un vaste front international contre l’Iran.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a fait savoir que, par principe, Moscou ne rejoint pas de coalitions contre d’autres pays.

« Les relations avec l’Iran, Israël ainsi que d’autres États du Moyen-Orient comptent beaucoup pour la Russie. Notre politique étrangère est multilatérale, nous ne nous ‘allions’ contre personne. Nous guidons nos partenaires vers des solutions pacifiques », a expliqué le chef de la diplomatie au quotidien russe Argumenty i Fakty.

L’ambassade russe à Tel Aviv a publié plusieurs extraits de l’interview sur son compte Twitter, tentant visiblement d’adresser les commentaires à Israël.

Le gouvernement de Benjamin Netanyahu essaye depuis longtemps d’obtenir le soutien de la Russie pour exiger le départ des forces iraniennes de Syrie.

L’Iran et ses émissaires militaires soutiennent avec Moscou le régime syrien, et Israël craint que Téhéran n’en profite pour établir des bases avancées en Syrie depuis lesquelles il pourra attaquer l’État juif.

La Russie indique pouvoir seulement tenter d’empêcher les forces iraniennes de s’installer dans le Golan, mais ne cherchera pas à les faire partir de Syrie.

Moscou reste un soutien féroce de l’accord nucléaire de 2015, dont Benjamin Netanyahu souhaite l’annulation.

Dans son entretien de mercredi, Sergueï Lavrov a dénoncé les positions anti-iraniennes des États-Unis « et de certains de ses alliés » qui auraient accru les tensions dans la région.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergei Lavrov, à gauche, et son homologue iranien Mohammad Javad Zarif, avant une conférence de presse conjointe de leurs présidents au Kremlin, à Moscou, le 28 mars 2017. (Crédit : Sergei Karpukhin/Pool/AFP)

« Les États-Unis montrent les muscles, accusent l’Iran de tous les vices. Cela crée une situation dangereuse : il ne suffit que d’une allumette pour allumer un feu », a averti Sergueï Lavrov.

Le ministre russe a également critiqué ceux qui comparent l’accord nucléaire aux accords de Munich de 1938, que les puissances européennes ont conclu pour apaiser le régime nazi, un argument récurrent de Benjamin Netanyahu.

« [L’ancien Premier ministre britannique] Neville Chamberlain et [l’ancien Premier ministre français] Edouard Daladier ont tenté d’apaiser Hitler et de pousser la machine de guerre allemande à se focaliser sur l’Union soviétique… Rien de tel ne se produit aujourd’hui », estime Lavrov.

D’après lui, l’Iran a « confirmé à plusieurs reprises sa volonté de garantir la stabilité régionale par le dialogue avec tous les pays concernés ».

Le chef de la diplomatie russe a fait savoir que Moscou prenait plusieurs mesures pour tenter d’apaiser les tensions au Moyen-Orient.

Le Kremlin a largement fermé les yeux sur les frappes aériennes israéliennes sur des infrastructures iraniennes et syriennes chez son voisin en guerre, même s’il a parfois critiqué Jérusalem et donné accès à Damas à un système de défense aérienne avancé.

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