L’ado avait été poignardée ‘plus de 130 fois’ par le petit-ami de sa sœur jumelle
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L’ado avait été poignardée ‘plus de 130 fois’ par le petit-ami de sa sœur jumelle

David Eran et Shiri Sobol, accusés du meurtre de Hili Sobol le mois dernier, ont été envoyés en observation psychiatrique

Shiri Sobol à une audience à la Cour de Tel Aviv le 19 février 2016 (Crédit : Flash90)
Shiri Sobol à une audience à la Cour de Tel Aviv le 19 février 2016 (Crédit : Flash90)

La jeune fille de 18 ans qui a été assassinée dans une cage d’escalier à Tel Aviv le mois dernier a été poignardée plus de 130 fois par le petit ami de sa sœur jumelle, a appris un tribunal jeudi.

Hili Sobol a été retrouvée dans une mare de sang devant l’appartement de sa famille le 18 février.

Shiri Sobol et son petit ami David Eran ont tous deux été inculpés pour son meurtre, pour complot pour commettre un crime et pour entrave à la justice par le tribunal de première instance de Tel-Aviv.

Le procureur Zohar Dolev a affirmé que les aveux d’Eran ont été renforcés par la reconstitution du meurtre et une blessure faite au couteau sur son doigt.

L’acte d’accusation précise que des gants recouverts du sang d’Eran et de la soeur jumelle ont été retrouvés dans la chambre de Shiri Sobol et étaient identiques aux gants retrouvés dans une boîte dans la même pièce. Une déchirure dans l’un des gants sanglants correspondait à la coupure sur le doigt de l’Iran, a-t-on indiqué à la cour.

Shiri Sobol avait développé une « haine intense » envers sa sœur après une série de disputes et le retour de Hili du pensionnat, a-t-on précisé à la cour.

Du mois de juillet jusqu’au mois dernier, elle a envoyé des messages à Eran exprimant son antipathie envers Hili avec des phrases telles que : « c’est bon, j’en ai marre de vivre ici avec cette folle » ou « c’est difficile pour moi de vivre comme ça alors qu’elle est ici à la maison. Ce n’est pas sa maison, elle devrait sortir de ma vie ».

Shiri Sobol et son petit-ami, David Eran, à une audience à la Cour de Tel Aviv le 19 Février 2016. Shiri Sobol et David Eran sont soupçonnés d'avoir tué Hili Sobol, la soeur jumelle de Shiri à Tel Aviv (Crédit : Flash90)
Shiri Sobol et son petit-ami, David Eran, à une audience à la Cour de Tel Aviv le 19 Février 2016. Shiri Sobol et David Eran sont soupçonnés d’avoir tué Hili Sobol, la soeur jumelle de Shiri à Tel Aviv (Crédit : Flash90)

Shiri a même esquissé des scénarios dans lesquels elle souhaitait imaginait la mort de Hili, a précisé le procureur.

« J’espère qu’elle est déjà morte », aurait-elle écrit et elle a souhaité : « si seulement un Arabe ou un terroriste l’a poignardé ». Elle a également écrit à Eran que Hili voulait qu’elle rompre sa relation avec lui et que sa sœur l’avait menacée de demander à ses amis de lui faire du mal si Shiri refusait. Ainsi, l’idée de se débarrasser de Hili a été plantée dans la tête de Eran, a affirmé le parquet.

Shiri et Eran auraient planifié le meurtre plusieurs mois à l’avance et – selon l’acte d’accusation – ont même fait deux tentatives infructueuses.

Le jour du meurtre, Eran a pris deux couteaux et des vêtements de rechange, a affirmé le procureur. Shiri a prévenu Eran que Hili était à la maison après quoi il s’est rendu dans la cage d’escalier de l’immeuble, a mis ses gants et a rencontré Hili à l’extérieur de l’appartement, poignardé plus de 130 fois Hili sur tout son corps. Et tout cela en pleine connaissance et avec l’accord de sa soeur Shiri, qui a même observé le meurtre, a affirmé le procureur.

Environ quatre minutes après le meurtre, Shiri a appelé la police pour signaler que sa sœur avait été poignardée par un inconnu, apparemment un Arabe. Elle a passé l’appel pendant qu’Eran était dans l’appartement, en train de nettoyer le sang de ses vêtements et changer de vêtements. Shiri a caché ses vêtements ensanglantés et les couteaux, et quand la police est venue, elle a dit qu’un Arabe avait poignardé sa sœur.

Pendant tout ce temps, Eran s’était caché dans la chambre de la mère des jumelles, que Shiri avait fermée. Elle a dit à la police qu’ils ne pouvaient pas entrer dans cette chambre. Alors que les agents de police étaient encore dans l’appartement, elle a envoyé un texto a Eran pour coordonner leurs versions des faits et lui a dit de dire aux officiers qu’un homme arabe avait poignardé Hili et qu’il avait essayé de l’aider. À un moment donné, les officiers ont eu des soupçons et ils ont trouvé et arrêté Eran.

Selon l’acte d’accusation, après son arrestation, Eran a dit à un autre détenu dans le fourgon de police et dans une salle de détention au tribunal qu’il avait commis l’assassinat qu’il a décrit en détails, a ajouté le parquet. Il a également révélé que le couple avait planifié le meurtre au cours des mois et avait même essayé et échoué de la tuer à trois reprises. Lorsque le même détenu a rencontré Shiri Sobol et lui a demandé pourquoi elle avait assassiné sa sœur, Sobol aurait répondu : « maintenant, je vais avoir la paix ».

Le juge Benny Saguy a ordonné qu’Eran et Sobol soient envoyés en observation psychiatrique.

David Eran à une audience à la Cour de Tel Aviv, le 19 février 2016 (Crédit : Flash90)
David Eran à une audience à la Cour de Tel Aviv, le 19 février 2016 (Crédit : Flash90)

L’avocat de Shiri Sobol, Gil Friedman, a accusé la police d’être déterminée à impliquer Shiri dans l’affaire, tout en affirmant qu’elle n’était pas impliquée de quelque façon que se soit. « Dans l’acte d’accusation, ils essaient d’attribuer l’assassinat sur quelqu’un sur la base de textos qu’elle a écrit quelques mois plus tôt. Je pense qu’il se fourvoie », a-t-il dénoncé.

« En outre, pour la connecter comme une complice avant et après l’acte, je pense que c’est également exagéré », a-t-il ajouté.

Friedman a ajouté qu’il avait parlé à la famille Sobol dont « la souffrance est indescriptible. Nous nous attendions à de meilleures nouvelles aujourd’hui. Shiri est dans un état émotionnel très grave ».

Sassi Gez, l’avocat d’Eran, a déclaré que son client n’a jamais violé la loi avant, ce qui a amené des interrogations sur son état mental qui doit être évalué.

Le tribunal reprendra les débats le 31 mars.

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