L’Allemagne fait part à Israël de sa grande déception après la loi de Régulation
La confiance dans l’engagement d’Israël en faveur d'une solution à 2 états “a été profondément ébranlée” par la loi controversée, affirme Berlin
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Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

L’Allemagne a vivement critiqué mercredi Israël pour l’adoption de la loi de régulation, affirmant que la nouvelle législation compromettait la confiance en la volonté d’Israël à conclure un accord de paix négocié avec les Palestiniens.
« La confiance que nous avons dans l’engagement du gouvernement israélien à une solution à deux états a été profondément ébranlée », a déclaré dans un communiqué un porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères.
« Seule une solution négociée à deux états peut apporter une paix durable, et est dans l’intérêt d’Israël. Cela reste un précepte fondamental de notre politique moyen-orientale. »
Lundi soir, la Knesset a adopté la très controversée législation par 60 voix contre 52. La loi, qui sera probablement annulée par la Haute cour de Justice, légalise de manière rétroactive les avant-postes israéliens de Cisjordanie construits sur des terrains palestiniens privés.
La loi a été vivement critiquée par la communauté internationale, notamment par les Nations unies, l’Union européenne, la France, le Royaume-Uni, la Turquie, l’Egypte, et d’autres. Même certains Israéliens de droite se sont opposés à la loi, notamment des membres de la coalition gouvernementale qui ont voté en sa faveur et le procureur général Avichai Mandelblit.
« En raison des nombreuses réserves émises plus d’une fois par, entre autres, le procureur général israélien, il serait bon que la loi subisse bientôt un examen juridique critique », a affirmé le ministère allemand des Affaires étrangères, qui est traditionnellement l’un des alliés les plus forts d’Israël au sein de la communauté internationale.
« Nous espérons et attendons que le gouvernement israélien renouvelle son engagement envers une solution négociée à deux états et qu’il étaye ceci par des mesures pratiques. »
Soulignant que certains députés préparaient une loi pour annexer des parties de la Cisjordanie, Berlin a déclaré qu’il s’agissait « à présent d’une question de crédibilité ».
Beaucoup d’Allemands qui « soutiennent fermement Israël dans un esprit de solidarité sincère sont déçus » par le vote de cette loi, a déclaré le ministère.
Même le député Volker Beck, qui préside le groupe d’amitié parlementaire israélo-allemand et est actuellement en visite en Israël, a critiqué la loi.
« La décision de la Knesset m’inquiète. Cette loi est une attaque à la solution à deux états et un coup sévère porté à la crédibilité du gouvernement israélien », a-t-il déclaré dans un communiqué publié mardi.
Il n’y a pas de bonnes raisons politiques ou légales à cette législation, a ajouté Beck, qui se demande comment la Knesset imagine un futur état palestinien vivant en paix à côté d’Israël s’il ne peut pas avoir un territoire continu.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu semble « affaibli » par les enquêtes de corruption dont il est l’objet, ce qui le rend incapable d’arrêter « les têtes brûlées et les membres irresponsables de sa coalition », a déclaré Beck. « Pour lui, c’est un acte de faiblesse. »
Ayelet Shaked, ministre de la Justice dont le parti HaBayit HaYehudi a été le plus fervent partisan de la loi, rencontre mercredi son homologue allemand, Heiko Maas.
Dimanche, le Parlement allemand doit élire un nouveau président. Frank-Walter Steinmeir, qui devrait remporter l’élection, fera probablement d’Israël l’un des premiers pays étrangers qu’il visitera en tant que nouveau président.
la Communauté du Times of Israël !







