L’Allemagne fait part à Israël de sa grande déception après la loi de Régulation
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L’Allemagne fait part à Israël de sa grande déception après la loi de Régulation

La confiance dans l’engagement d’Israël en faveur d'une solution à 2 états “a été profondément ébranlée” par la loi controversée, affirme Berlin

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

La chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors d'une conférence de presse à la Chancellerie à Berlin, le 16 février 2016. (Crédit : Odd Andersen/AFP)
La chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors d'une conférence de presse à la Chancellerie à Berlin, le 16 février 2016. (Crédit : Odd Andersen/AFP)

L’Allemagne a vivement critiqué mercredi Israël pour l’adoption de la loi de régulation, affirmant que la nouvelle législation compromettait la confiance en la volonté d’Israël à conclure un accord de paix négocié avec les Palestiniens.

« La confiance que nous avons dans l’engagement du gouvernement israélien à une solution à deux états a été profondément ébranlée », a déclaré dans un communiqué un porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères.

« Seule une solution négociée à deux états peut apporter une paix durable, et est dans l’intérêt d’Israël. Cela reste un précepte fondamental de notre politique moyen-orientale. »

Lundi soir, la Knesset a adopté la très controversée législation par 60 voix contre 52. La loi, qui sera probablement annulée par la Haute cour de Justice, légalise de manière rétroactive les avant-postes israéliens de Cisjordanie construits sur des terrains palestiniens privés.

Avichai Mandelblit, procureur général d'Israël, pendant une réunion de la commission de la Justice, du Droit et de la Constitution de la Knesset, le 18 juillet 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Avichai Mandelblit, procureur général d’Israël, pendant une réunion de la commission de la Justice, du Droit et de la Constitution de la Knesset, le 18 juillet 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

La loi a été vivement critiquée par la communauté internationale, notamment par les Nations unies, l’Union européenne, la France, le Royaume-Uni, la Turquie, l’Egypte, et d’autres. Même certains Israéliens de droite se sont opposés à la loi, notamment des membres de la coalition gouvernementale qui ont voté en sa faveur et le procureur général Avichai Mandelblit.

« En raison des nombreuses réserves émises plus d’une fois par, entre autres, le procureur général israélien, il serait bon que la loi subisse bientôt un examen juridique critique », a affirmé le ministère allemand des Affaires étrangères, qui est traditionnellement l’un des alliés les plus forts d’Israël au sein de la communauté internationale.

« Nous espérons et attendons que le gouvernement israélien renouvelle son engagement envers une solution négociée à deux états et qu’il étaye ceci par des mesures pratiques. »

Soulignant que certains députés préparaient une loi pour annexer des parties de la Cisjordanie, Berlin a déclaré qu’il s’agissait « à présent d’une question de crédibilité ».

Beaucoup d’Allemands qui « soutiennent fermement Israël dans un esprit de solidarité sincère sont déçus » par le vote de cette loi, a déclaré le ministère.

Même le député Volker Beck, qui préside le groupe d’amitié parlementaire israélo-allemand et est actuellement en visite en Israël, a critiqué la loi.

Le député allemand Volker Beck. (Crédit : Mathias Schindler/CC BY-SA/Wikipedia)
Le député allemand Volker Beck. (Crédit : Mathias Schindler/CC BY-SA/Wikipedia)

« La décision de la Knesset m’inquiète. Cette loi est une attaque à la solution à deux états et un coup sévère porté à la crédibilité du gouvernement israélien », a-t-il déclaré dans un communiqué publié mardi.

Il n’y a pas de bonnes raisons politiques ou légales à cette législation, a ajouté Beck, qui se demande comment la Knesset imagine un futur état palestinien vivant en paix à côté d’Israël s’il ne peut pas avoir un territoire continu.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu semble « affaibli » par les enquêtes de corruption dont il est l’objet, ce qui le rend incapable d’arrêter « les têtes brûlées et les membres irresponsables de sa coalition », a déclaré Beck. « Pour lui, c’est un acte de faiblesse. »

Ayelet Shaked, ministre de la Justice dont le parti HaBayit HaYehudi a été le plus fervent partisan de la loi, rencontre mercredi son homologue allemand, Heiko Maas.

Dimanche, le Parlement allemand doit élire un nouveau président. Frank-Walter Steinmeir, qui devrait remporter l’élection, fera probablement d’Israël l’un des premiers pays étrangers qu’il visitera en tant que nouveau président.

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