L’AP et le Hamas recyclent le mensonge du “juif radical” incendiant Al-Aqsa
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L’AP et le Hamas recyclent le mensonge du “juif radical” incendiant Al-Aqsa

Les dirigeants palestiniens lient l’incendie vieux de 47 ans provoqué par un touriste chrétien déséquilibré aux tensions actuelles à Jérusalem

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Site officiel du Hamas le 21 août 2016. La mosquée Al-Aqsa est en feu après un incendie criminel en 1969. Il est écrit : "Notre al-Aqsa, nous ne devons pas oublier." (Crédit : capture d'écran du site officiel du Hamas)
Site officiel du Hamas le 21 août 2016. La mosquée Al-Aqsa est en feu après un incendie criminel en 1969. Il est écrit : "Notre al-Aqsa, nous ne devons pas oublier." (Crédit : capture d'écran du site officiel du Hamas)

Les Palestiniens ont marqué les 47 ans de l’incendie déclenché par un fondamentaliste chrétien qui avait endommagé la mosquée Al-Aqsa en accusant un « juif radical » d’être responsable de l’incendie de 1969.

Les médias officiels de l’Autorité palestinienne (AP) et du groupe terroriste Hamas ont annoncé dimanche le mensonge souvent cité, tout en affirmant que le célèbre site islamique faisait face à une menace similaire aujourd’hui.

Denis Michael Rohan, un fondamentaliste chrétien australien de 28 ans souffrant de troubles mentaux, avait mis le feu à la mosquée Al-Aqsa, pensait qu’il avait reçu un « signe de Dieu » pour mener ce crime. Les Palestiniens et la plupart du monde arabe ont accusé le gouvernement israélien de l’incendie, qui a détruit une partie du toit en bois et un pupitre vieux de 800 ans, un cadeau du héros musulman Saladin.

Le média palestinien official Wafa a annoncé dimanche que le Conseil national palestinien (CNP) avait déclaré dans un communiqué que « les crimes de l’occupation israélienne et ses tentatives de judaïser Jérusalem et la mosquée Al-Aqsa continuent toujours, 47 ans après l’incendie criminel. »

Le CNP a demandé la protection du monde arabe pour protéger la mosquée Al-Aqsa des « attaques » des Israéliens.

En examinant l’histoire de l’incendie de 1969, Wafa a annoncé que Rohan, l’incendiaire, était un « juif israélien » et avait mené ce crime « sous la protection des autorités d’occupation ».

Rohan avait été arrêté peu après l’attaque, jugé par Israël puis expulsé vers l’Australie quand il avait été jugé fou.

Et pourtant, le fait qu’il ne soit pas un juif israélien ou agissant sous les auspices d’Israël n’est que rarement mentionné dans certains cercles palestiniens.

Dans un manuel d’histoire de première de l’AP, révisé en 2016 et examiné par des représentants de l’Union européenne, l’incendiaire de la mosquée Al-Aqsa est décrit comme un « juif radical », avait annoncé sur Twitter Gal Berger, journaliste de la radio publique israélienne.

Al-Aqsa TV, chaîne officielle du Hamas, a également décrit Rohan comme un « juif radical » dans un article sur le 47e anniversaire de l’incendie, et a appelé le crime une partie d’un « plan de l’occupation sioniste pour cibler la mosquée. »

L’article d’Al-Aqsa TV tente aussi de lier l’incendie de 1969 aux affirmations du Hamas sur les récentes tentatives par des « Israéliens radicaux » pour « attaquer » la mosquée.

L’article accuse également les autorités israéliennes de protéger les juifs réalisant des « rituels talmudiques » sur le mont du Temple, de construire un réseau de tunnels sous la mosquée, et de prévoir de diviser la mosquée entre juifs et musulmans, comme l’est le Tombeau des Patriarches à Hébron, appelé mosquée Ibrahimi par les musulmans.

Dans le cadre des accords de statu quo actuels, les juifs peuvent visiter le complexe, mais pas y prier.

L’agence de presse de l’Etat turc, Anadolu, tout en notant le fait que Rohan était un touriste, a néanmoins compté l’incendie comme l’une des nombreuses « agressions israéliennes » sur le complexe. L’article a également cité Sheikh Ekrema Sabri, ancien prêcheur de la mosquée Al-Aqsa, qui a accusé les autorités israéliennes d’avoir empêché les Palestiniens d’essayer d’éteindre le feu en coupant l’eau.

La mosquée Al-Aqsa et le Dôme du Rocher sur le mont du Temple, à Jérusalem. (Crédit : Qanta Ahmed)
La mosquée Al-Aqsa et le Dôme du Rocher sur le mont du Temple, à Jérusalem. (Crédit : Qanta Ahmed)

Le mont du Temple, connu des musulmans sous le nom d’Haram al Sharif, est le site le plus saint du judaïsme, et le troisième site saint de l’islam. Le complexe, et la mosquée Al-Aqsa à son sommet, a été une source de tensions récurrentes à Jérusalem ces dernières années.

Les Palestiniens ont cité des « provocations » israéliennes comme l’un des principaux catalyseurs des mois d’attaques violentes qui ont commencé en octobre 2015. Ils se méfient de plus en plus des intentions d’Israël sur le lieu saint, et ont souvent accusé l’Etat juif de tenter d’imposer un contrôle plus important sur le complexe, et même de prévoir d’éliminer la mosquée pour établir une hégémonie juive sur le mont du Temple.

Israël a démenti à maintes reprises toute modification du statu quo sur ce site.

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