L’AP porte plainte à la CIJ pour faire fermer la mission américaine à Jérusalem
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L’AP porte plainte à la CIJ pour faire fermer la mission américaine à Jérusalem

Riyad al-Maliki a déclaré que cette plainte à La Haye est la suite des poursuites engagées l'an dernier pour faire annuler la reconnaissance "illégale et provocante" par Trump

Vue du Consulat américain dans le quartier Arnona de Jérusalem, le 24 février 2018 (Yonatan Sindel / Flash90)
Vue du Consulat américain dans le quartier Arnona de Jérusalem, le 24 février 2018 (Yonatan Sindel / Flash90)

L’Autorité palestinienne a déposé officiellement plainte mercredi contre Washington à la Cour internationale de justice pour obtenir une injonction contre le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem.

Cette plainte déposée auprès de la plus haute instance judiciaire des Nations unies survient dans un contexte particulièrement tendu entre Washington et les Palestiniens, notamment en raison de la décision de l’administration Trump en décembre 2017 de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et d’y installer l’ambassade américaine.

« Un an après que l’administration Trump a mis en œuvre sa décision illégale et provocante, l’Etat de Palestine continue de chercher à rendre justice et à demander des comptes par le moyen des outils et des mécanismes mis à la disposition des Etats respectueux de la loi dans le système international », a déclaré Riyad al-Maliki, ministre des Affaires étrangères de l’AP dans un communiqué relayé par l’agence de presse officielle Wafa.

Le gouvernement à Ramallah a déclaré qu’il continuerait à se battre contre « les actes d’agression illégaux » et a promis qu’il ne « céderait pas au harcèlement politique et à l’extorsion ».

L’AP avait initialement déposé plainte en septembre, demandant aux juges de la CIJ « d’ordonner aux Etats-Unis d’Amérique de retirer leur mission diplomatique de la ville sainte de Jérusalem ».

Le ministre de l’Autorité palestinienne des Affaires étrangères, Riyad al-Maliki. (Crédit : Issam Rimawi / Flash90 / File)

Maliki a déclaré que la plainte déposée par l’AP mercredi était la suite des poursuites lancées à La Haye l’an dernier.

Les poursuites à la CIJ peuvent prendre des années. Ses décisions sont définitives et contraignantes, mais les parties ne s’y plient pas toujours.

La Cour internationale de justice est une instance de l’ONU chargée de régler les différends entre Etats. La Cour pénale internationale (CPI) sert de tribunal pour les crimes de guerre. Si les Palestiniens ont saisi la CPI à plusieurs reprises, ils ont rarement porté leurs différends devant la CIJ.

Le drapeau des Nations unies à côté de la cour internationale de justice de la Haye, aux Pays-Bas (Crédit : AP Photo/Mike Corder)

La reconnaissance de Jérusalem par le président américain Donald Trump a suscité une réaction enthousiaste du gouvernement nationaliste du Premier ministre Benjamin Netanyahu, mais a excédé les Palestiniens qui voient en Jérusalem la capitale de l’Etat auquel ils aspirent.

Le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas a rompu avec l’administration Trump après ces changements dans la politique américaine, affirmant que Washington n’était plus en mesure de remplir le rôle de médiateur.

L’administration Trump a répondu par une série de mesures punitives, notamment une coupe budgétaire dans l’aide allouée à l’Autorité palestinienne et la fin du financement de l’UNRWA.

L’administration Trump devrait dévoiler son plan de paix très attendu d’ici le début du mois prochain, mais les Palestiniens l’ont déjà rejeté, alléguant qu’il sera partial et en faveur d’Israël.

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