L’AP voit le vote local comme un tremplin pour des élections présidentielles d’ici 2 ans
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L’AP voit le vote local comme un tremplin pour des élections présidentielles d’ici 2 ans

Un responsable affirme que les élections municipales devront bien se passer pour que des élections nationales soient organisées

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas avec des journalistes dans son bureau de Ramallah en Cisjordanie, le 6 octobre 2015. (Crédit : AFP / Ahmad Gharabli)
Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas avec des journalistes dans son bureau de Ramallah en Cisjordanie, le 6 octobre 2015. (Crédit : AFP / Ahmad Gharabli)

L’Autorité palestinienne organisera des élections présidentielles dans un délai d’un à deux ans après une série de mesures politiques, a annoncé un haut responsable palestinien au Times of Israël jeudi, prédisant la fin d’une impasse qui a laissé le président de l’AP Mahmoud Abbas au pouvoir depuis sept ans, ce qui dépasse la durée de son mandat officiel.

Muhammad al-Madani, un proche collaborateur d’Abbas et un membre du Comité central du Fatah, a déclaré que les élections municipales à venir, les premières depuis 2005, seront un test clé pour déterminer si les Palestiniens peuvent aller de l’avant avec une élection nationale.

Abbas, aujourd’hui âgé de 81 ans et qui dans sa 11e année de ce qui était censé être initialement un mandat présidentiel de quatre ans, décidera s’il sera capable de se re-présenter aux prochaines élections palestiniennes qu’après le Congrès général du Fatah et le sommet palestinien du Conseil national, a affirmé Madani.

Pour que les dirigeants palestiniens se décident à organiser de nouvelles élections, si les élections municipales du 8 octobre devraient bien se passer, il faudra que le Fatah tienne son congrès général, provisoirement prévu pour la fin de l’année et le PNC aurait besoin de se réunir.

Madani, qui est le chef du Comité palestinien pour les interactions avec la société israélienne, a déclaré que l’ensemble du processus devrait avoir lieu dans les deux ans.

« Les élections municipales sont organisées pour ouvrir la voie à la démocratie dans notre pays », a-t-il expliqué.

La politique palestinienne a été empreinte de profondes tensions partisanes qui ont apparemment empiré au fil des années, en dépit des efforts visant à réconcilier le mouvement du Fatah d’Abbas avec son rival, l’organisation islamiste du Hamas. Leur rivalité est devenue fatale lorsque le Hamas a pris le contrôle de Gaza en 2006, évinçant le Fatah de la bande de Gaza.

Les élections municipales sont considérées comme une étape clé pour la démocratie palestinienne, mais pourrait porter un coup dur au Fatah, qui contrôle toujours la Cisjordanie.

Le membre Muhammad Al-Madani du Comité central du Fatah (Crédit : Elhanan Miller / Times of Israel)
Le membre Muhammad Al-Madani du Comité central du Fatah (Crédit : Elhanan Miller / Times of Israel)

Le Hamas a boycotté les élections municipales en 2012 et Abbas aurait été pris au dépourvu après que la faction, considérée comme un groupe terroriste par Israël et une grande partie de l’Occident, a déclaré qu’elle participerait aux élections d’octobre.

Mais Madani a déclaré que le président de l’Autorité palestinienne avait toujours prévu que le Hamas, qu’il a appelé une partie « intégrante » du peuple palestinien, participe aux élections municipales. Il a exprimé la certitude que le Fatah sortira vainqueur des urnes.

Pourtant, Madani a également confirmé qu’il existe une certaine pression à l’intérieur du Fatah pour annuler les élections, en raison des craintes que le Hamas puisse remporter la majorité des conseils en Cisjordanie.

Les responsables israéliens sont également préoccupés par le fait que le Hamas puisse remporter les élections en Cisjordanie, compromettant ainsi la légitimité de l’Autorité palestinienne, selon les rapports. Mais Madani a affirmé qu’Abbas ne prévoyait pas d’annuler les élections.

Il a ajouté qu’Abbas a vu l’inclusion du Hamas dans les élections comme une étape vers ce qui porte le groupe dans le giron moribond des pourparlers de paix.

Israël rejette la négociation avec le Hamas et a protesté en 2014 lorsque le Fatah a signé un accord de réconciliation avec le groupe terroriste.

« Grâce à ces élections [municipales], le président Abbas espère qu’une situation politique normale sera de retour pour le peuple », a déclaré Madani.

Le Fatah a récemment resserré ses rangs après que la division au sein du parti a conduit à des échecs électoraux en faveur du Hamas en 2005 et 2006.

La clé de cet effort sera le Congrès général du Fatah, où le parti organisera des élections internes pour que ses deux puissants organes du Comité central et du Conseil révolutionnaire ainsi que pour fixer l’ordre du jour pour le parti.

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas présidant une réunion du Comité exécutif de l'OLP dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 4 Avril 2016 (Crédit : FLASH90)
Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas présidant une réunion du Comité exécutif de l’OLP dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 4 Avril 2016 (Crédit : FLASH90)

Le PNC est l’organe législatif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et élit son Comité exécutif.

Le Congrès général du Fatah s’est réuni la dernière fois en 2009. Une réunion était prévue en 2014 mais a été reportée à plusieurs reprises et il y a une possibilité que la réunion de la direction du parti fasse face à des retards dans le futur.

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