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L’armée aurait gravement endommagé 16 cimetières à Gaza pendant ses opérations – média

Le reportage de CNN s'appuie sur des images par satellite, les traces laissées par les véhicules lourds et des récits de témoins, notamment des journalistes de la chaîne

Capture d'écran d'une vidéo montrant un cimetière endommagé à Jabaliya, dans la bande de Gaza. (Capture d'écran : CNN/Reuters. Used in accordance with Clause 27a of the Copyright Law)
Capture d'écran d'une vidéo montrant un cimetière endommagé à Jabaliya, dans la bande de Gaza. (Capture d'écran : CNN/Reuters. Used in accordance with Clause 27a of the Copyright Law)

Les soldats de l’armée israélienne qui se battent contre le groupe terroriste du Hamas, dans la bande de Gaza, ont causé des dégâts majeurs dans au moins 16 cimetières de l’enclave côtière palestinienne. L’armée aurait ainsi mené des opérations dans ces derniers, les utilisant notamment comme avant-postes, selon un reportage qui a été diffusé samedi.

Les stèles ont été détruites et le sol a été retourné. Dans certains cas, les dépouilles des défunts ont été déterrées, a annoncé CNN sur la base d’images prises par satellite, de séquences circulant sur les réseaux sociaux et de récits de témoins – avec parmi eux les reporters de la chaîne qui se sont déplacés dans l’enclave dans un convoi de Tsahal.

Les destructions intentionnelles des cimetières sont une violation du droit international, à moins que le site ne soit devenu un objectif militaire.

La guerre actuellement en cours dans l’enclave côtière a éclaté le 7 octobre, lorsque le Hamas a commis une attaque dévastatrice dans le sud d’Israël qui a fait environ 1 200 morts du côté israélien, des civils en majorité. Des milliers d’hommes armés du groupe terroriste avaient franchi la frontière séparant Israël de la bande, semant la dévastation dans les communautés et enlevant plus de 240 personnes de tous les âges, prises en otage et retenues contre leur gré à Gaza.

En réponse à cette agression sans précédent, Israël a lancé une campagne aérienne, maritime et militaire au sein de l’enclave côtière qui a pour objectif de détruire les capacités militaires du Hamas, de lui faire quitter le pouvoir dans la bande et d’obtenir la libération des otages. Au moins 135 personnes se trouvent encore dans les geôles du groupe terroriste et toutes ne seraient plus en vie, a dit l’armée.

Des soldats de Tsahal interviennent dans la bande de Gaza sur des photos autorisées, le 21 janvier 2024. (Crédit : Tsahal)

Selon le reportage diffusé par CNN, un porte-parole de l’armée « n’a pas été en mesure de rendre compte des destructions survenues dans les 16 cimetières dont CNN a présenté les coordonnées de géolocalisation. Mais il a indiqué que l’armée n’avait parfois ‘pas d’autre choix’ que de prendre pour cibles les cimetières qui sont utilisés, nous a-t-il dit, à des fins militaires ».

Le porte-parole de Tsahal a par ailleurs noté que « nous avons l’obligation de respecter les défunts et nous n’avons pas pour principe de créer des postes militaires au sein des cimetières ».

Malgré tout, la chaîne a dit que ses investigations avaient permis de déterminer que plusieurs cimetières avaient été utilisés comme avant-postes de l’armée, avec des bulldozers qui ont nivelé de larges périmètres de ces derniers pour les transformer en zone de transit. Des amas de terre ont été installés autour de ces zones pour renforcer la sécurité des troupes, a ajouté CNN.

La semaine dernière, un véhicule de transport de personnel blindé avait transporté une équipe de CNN à Al-Bureij, un camp de réfugiés de la bande de Gaza, en passant par le Nouveau cimetière de Bureij. Installés dans le véhicule en circulation, les journalistes avaient pu voir des tombes défiler, de chaque côté du véhicule, sur un écran – des images filmées par la caméra installée sur l’avant de ce dernier. La chaîne a fait savoir, dans son reportage, qu’elle avait pu géolocaliser le cimetière à partir de ses propres images et de photos prises par satellite.

Autre site à avoir été endommagé, le quartier Shejaiya de Gaza City, où des véhicules militaires ont été aperçus dans un cimetière. CNN a fait remarquer que les médias locaux avaient signalé que la partie centrale du cimetière avait d’ores et déjà été mise à niveau avant la guerre mais que d’autres secteurs avaient été nivelés plus récemment. L’armée avait lancé des opérations dans cette zone à partir du 10 décembre.

Le 18 décembre, l’armée avait publié une image montrant, selon elle, un lance-roquettes qui était installé dans le cimetière. CNN a indiqué que ses équipes n’avaient pas pu vérifier où la photo avait été prise et à quelle date.

Des images par satellite ont également montré des terrassements au cimetière de Bani Suheila, une ville du sud de Gaza, située à proximité de Khan Younès, où des fortifications militaires avaient été établies à la fin du mois de décembre et au début du mois de janvier.

Au cimetière d’Al Falouja, dans le quartier de Jabaliya, au nord de Gaza City, au cimetière d’Al-Tuffah, à l’Est de Gaza City, et au cimetière Sheikh Ijlin, à Gaza City, d’importantes traces de pneu indiquent que des véhicules blindés ont circulé sur les tombes.

Capture d’écran d’une vidéo montrant de grosses traces de pneus et des dégâts dans un cimetière de Khan Younès, au mois de janvier 2024. (Capture d’écran : CNN/Used in accordance with Clause 27a of the Copyright Law)

Munther al Hayek, porte-parole du mouvement du Fatah, a raconté à CNN que sa fille, Dina, avait été tuée lors de l’Opération bordure protectrice, le conflit qui avait opposé Israël au Hamas en 2014. Il a tenté, début janvier, de retrouver sa tombe au cimetière Sheikh Radwan, à Gaza City, mais il a été dans l’incapacité de localiser cette dernière ainsi que la tombe de sa grand-mère, a-t-il dit.

« Les forces d’occupation les ont détruites au bulldozer », a assuré Hayek. « Ces scènes sont horribles. Nous voulons que le monde intervienne pour protéger les civils palestiniens ».

Le poète palestinien reconnu Mosab Abu Toha qui s’est installé au Caire, en Égypte, pendant les combats, a confié à CNN que son frère lui avait dit que le cimetière de Beit Lahia, dans le nord de Gaza, où reposaient son jeune frère et son grand-père, ont été lourdement endommagés. Au cours d’un appel vidéo, le frère d’Abu Toha lui a montré les dégâts et les décombres éparpillés dans tout le cimetière. Des traces de pneus appartenant à des véhicules lourds sont aussi visibles dans les images par satellite, a-t-il indiqué.

Néanmoins, deux autres cimetières situés dans la zone de combats sont restés largement intacts, a fait savoir CNN.

Un cimetière proche d’Al-Tuffah, où sont majoritairement enterrés des soldats britanniques et australiens tués pendant les deux guerres mondiales, ne présente qu’un impact d’obus, selon une image par satellite. Dans le centre de l’enclave côtière, une commission chargée des tombes des soldats originaires du Commonwealth administre un cimetière abritant les dernières demeures de militaires chrétiens et juifs tombés sur le front de la Première guerre mondiale – il n’a subi aucun dommage alors que la zone, autour du site, a connu des combats.

Des soldats israéliens ont posé avec un drapeau israélien aux abords de la tombe d’un soldat juif, dans ce cimetière, une photo qui a été partagée sur les réseaux sociaux.

Israël a reconnu avoir enlevé les dépouilles qui étaient inhumées dans un cimetière de Khan Younès, dans le centre de la bande, expliquant, la semaine dernière, que l’armée recherchait alors les restes des corps sans vie des otages enlevés le 7 octobre.

Des Israéliens lors d’un rassemblement réclamant la libération des otages détenus à Gaza par les terroristes palestiniens sur la « Place des Otages », à Tel Aviv, le 20 janvier 2024. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Répondant à une requête de NBC sur le sujet, Tsahal a dit, dans un communiqué, que l’armée était « résolue à remplir sa mission urgente de sauver les otages et de ramener les dépouilles des captifs qui sont retenues à Gaza ».

« Lorsque des informations ou des renseignements de première importance sont reçus, l’armée mène alors des opérations de sauvetage des otages précises dans les lieux spécifiques où les corps sans vie des captifs pourraient, selon les informations reçues, se trouver », a continué le communiqué.

« Le processus d’identification des otages, réalisé dans un lieu sûr et alternatif, garantit des conditions professionnelles optimales et le respect des défunts. Les dépouilles dont il s’avère qu’elles ne sont pas celles des otages sont alors restituées avec dignité et avec tout le respect dû ».

« Si le Hamas n’avait pas pris la décision répréhensible d’enlever des hommes, des femmes, des enfants et des bébés et de les garder en captivité, il n’y aurait aucune nécessité d’effectuer de telles recherches », a-t-il poursuivi.

Dans ses accusations lancées à l’encontre d’Israël devant la Cour internationale de Justice où elle affirme que l’armée est en train de commettre un « génocide » à Gaza, l’Afrique du sud évoque également la question de la profanation présumée des cimetières.

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