L’armée opposée aux tirs ciblés contre les lanceurs de dispositifs incendiaires?
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L’armée opposée aux tirs ciblés contre les lanceurs de dispositifs incendiaires?

Des responsables militaires estimeraient qu'une réponse plus sévère déclencherait la guerre et ferait augmenter le nombre de victimes

Vue d'un incendie dans une réserve naturelle causée par des cerfs-volants lancés par des manifestants palestiniens depuis la frontière avec la bande de Gaza, le 5 juin 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Vue d'un incendie dans une réserve naturelle causée par des cerfs-volants lancés par des manifestants palestiniens depuis la frontière avec la bande de Gaza, le 5 juin 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les responsables de l’armée israélienne se sont montrés opposés à l’idée de cibler les Palestiniens qui lancent des cerfs-volants et des ballons incendiaires depuis la bande de Gaza, selon les médias israéliens dimanche soir.

Un responsable de l’armée a déclaré aux résidents du sud d’Israël que si l’armée réagissait plus durement aux dispositifs aériens incendiaires lancés depuis la bande de Gaza, cela conduirait à la guerre.

Le responsable s’adressait aux résidents des villes mitoyennes de l’enclave, qui perdent patience face aux incendies quotidiens, qui endommagent des centaines d’hectares de champs, de forêts et de pâturages. Les dégâts sont estimés à plusieurs millions de shekels.

« L’alternative aux cerfs-volants terroristes, c’est la guerre », a-t-il dit, selon Hadashot TV.

« Si nous réagissons trop durement, cela pourrait conduire à une escalade des hostilités. Vous seriez dans des abris et ce n’est pas ce que vous souhaitez, et particulièrement parce que la construction de la barrière contre les tunnels n’est pas terminée. »

Il justifiait la politique actuelle de l’armée, qui lance des tirs de semonce aux Palestiniens qui lancent des cerfs-volants et des ballons incendiaires.

Le quotidien Haaretz a indiqué que des hauts-responsables de l’armée israélienne ont déclaré aux dirigeants politiques que cibler les lanceurs de cerfs-volants n’était pas une bonne approche. Au lieu de cela, l’armée devrait frapper le groupe terroriste du Hamas, ce qui conduirait le groupe terroriste, qui dirige l’enclave, à mettre un frein à ces tactiques.

Cibler les cellules de cerfs-volants et de ballons augmenterait le nombre de morts, a estimé l’armée. Nombre de lanceurs de dispositifs incendiaires sont mineurs.

Ces déclarations surviennent quelques heures après que l’armée israélienne a attaqué des cibles liées aux groupes terroristes palestiniens qui ont lancé des ballons incendiaires sur le sud d’Israël dimanche matin. Il s’agissait de la troisième série de frappes aériennes de la journée, selon l’armée.

Ces frappes aériennes, qui n’ont pas fait de victimes, viennent en représailles après que plusieurs ballons lestés de petits dispositifs explosifs ont atterri dans le sud d’Israël. D’autres ballons, lestés de petits contenants de matériau combustible, ont mis le feu à de larges étendues de terre dans la région.

Un Palestinien masqué lance un ballon chargé de matériel combustible en Israël, à l’est de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 17 juin 2018 (Crédit : AFP PHOTO / SAID KHATIB)

Bien que l’armée ait employé des drones et d’autres technologies pour intercepter les centaines de cerfs-volants et de ballons, un nombre important de dispositifs réussit à franchir la frontière quotidiennement. Les politiciens et les résidents appellent l’armée à adopter des mesures plus radicales pour contrer ces attaques.

L’armée a signalé ces derniers jours qu’elle envisageait d’aller au-delà des tirs d’avertissement et de faire monter la pression politique pour empêcher ces attaques aériennes quotidiennes.

Une telle décision de la part d’Israël serait hautement controversée, faisant augmenter le risque de toucher d’autres personnes et celui de se trouver accusé d’utiliser une force excessive pour venir à bout des violences frontalières. Les politiciens, entre autres, ont toutefois vivement recommandé à l’armée de renforcer sa riposte, le nombre d’incidents causés par des cerfs-volants et des ballons ayant augmenté.

Un Palestinien tient un sachet contenatn des matériaux inflammables qui seront attachés à des ballons et lancés en direction du territoire israélien, à Rafah, le 17 juin 2018. (Crédit : AFP / SAID KHATIB)

En plus de lancer des tirs de semonce en direction de ceux qui préparent des cerfs-volants et des ballons, l’armée a bombardé dimanche à l’aube une voiture, qui aurait appartenu à l’un des dirigeants des Gazaouis lanceurs de cerfs-volants et de ballons.

L’armée n’a pas identifiée la personne visée par l’attaque ni indiqué si elle avait été touchée par la frappe.

L’agence de presse palestinienne Shehab, liée aux dirigeants du Hamas à Gaza, ont indiqué qu’une frappe aérienne avait touché un véhicule vide devant la mosquée de Shejaiya dimanche matin.

Aucun blessé n’a été signalé.

La frappe de dimanche matin se voulait probablement être un avertissement à l’intention de cette personne, signifiant qu’Israël sait ou elle se trouver et pourrait assassiner depuis les airs, notamment des personnes qui ne sont pas activement en train de préparer des cerfs-volants ou des ballons à lancer.

Samedi, au moins 15 incendies ont été déclenchés par des cerfs-volants ou des ballons incendiaires, et 17 feux ont été signalés dimanche.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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