L’armée se prépare à affronter des attaques de l’Etat islamique
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L’armée se prépare à affronter des attaques de l’Etat islamique

Dans un exercice d’une semaine, des fantassins, des tanks et des hélicoptères israéliens se sont entraînés à contrecarrer les assauts contre des communes du Néguev par des terroristes du Sinaï

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Avec des hélicoptères, des tanks, et des fantassins, la brigade territoriale Sagi s’est entraînée la semaine dernière pour combattre les terroristes de l’Etat islamique (EI), au cas où ils arriveraient à franchir la frontière égyptienne et à attaquer les communes et les installations militaires du désert du Néguev.

La brigade Sagi de l’armée israélienne garde l’ouest du Néguev et, de dimanche à jeudi dernier, son territoire faisait l’objet d’une attaque simulée.

La brigade a simulé des terroristes du groupe Province du Sinaï, affilié à l’EI, qui passeraient la frontière à pied et à bord de véhicules, ainsi que des tirs de roquettes contre des communes israéliennes, a déclaré le major Shachar Nachmani, le directeur des opérations de l’unité.

L’exercice a eu lieu la semaine même où le bureau du contre-terrorisme d’Israël a mis à jour un avertissement plus sévère contre les voyages dans la péninsule du Sinaï, en raison de la force croissante de l’affilié de l’EI, et de son désir exprimé de mener des attaques contre des civils israéliens. (L’armée a précisé que ses exercices étaient prévus plusieurs mois à l’avance et ne sont pas liés à des actualités en particulier.)

Le Sinaï a été ravagé par des attaques terroristes menées par un affilié local de l’EI, Province du Sinaï, qui a notamment abattu un avion de ligne russe en 2015.

Le groupe terroriste Péninsule du Sinaï, affilié de l'Etat islamique, détient des chrétiens coptes égyptiens en otage. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Le groupe terroriste Péninsule du Sinaï, affilié de l’Etat islamique, détient des chrétiens coptes égyptiens en otage. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Malgré d’importants efforts des forces égyptiennes pour lutter contre le groupe, l’organisation s’est montrée plus impudente en attaquant troupes et civils égyptiens, notamment des chrétiens coptes, ces derniers mois, a indiqué le bureau du contre-terrorisme.

« Il existe une menace grave et actuelle d’attentats terroristes menés contre des touristes, notamment israéliens, dans un futur proche », affirme l’avertissement de voyage du bureau.

« Tout le monde peut voir la manière dont agit l’Etat islamique sur YouTube. Je pense que c’est assez clair »
Le major Shachar Nachmani

Les particularités de l’exercice de la semaine dernière étaient basées sur les renseignements obtenus sur les groupes terroristes du Sinaï et sur d’anciennes expériences.

« C’étaient des scénarios raisonnables, dont nous pensons qu’ils peuvent survenir, à la lumière des évaluations de la situation effectuées sur le terrain », a déclaré Nachmani par téléphone.

Les simulations d’attaques par véhicules, par exemple, sont basées sur un évènement qui s’est déroulé en août 2012. Des terroristes de la péninsule avaient attaqué une base militaire égyptienne, volé deux blindés et utilisé l’un d’entre eux pour passer le poste-frontière de Kerem Shalom. Ils avaient fait deux kilomètres en Israël avant qu’un missile ne détruise leurs véhicules et que des soldats israéliens n’abattent les terroristes.

Benny Gantz, alors chef d'Etat-major de l'armée israélienne, devant la carcasse d'un blindé volé à l'armée égyptienne par des terroristes du groupe Province du Sinaï pour traverser le poste-frontière de Keren HaShalom, le 6 août 2012. (Crédit : Gal Ashuach/unité des porte-paroles de l'armée israélienne)
Benny Gantz, alors chef d’Etat-major de l’armée israélienne, devant la carcasse d’un blindé volé à l’armée égyptienne par des terroristes du groupe Province du Sinaï pour traverser le poste-frontière de Keren HaShalom, le 6 août 2012. (Crédit : Gal Ashuach/unité des porte-paroles de l’armée israélienne)

Le scénario de l’attaque de missiles a été basé sur un incident bien plus récent, les quatre roquettes lancées sur la ville d’Eilat en février dernier, a déclaré Nachmani.

Ces évènements ont été entrelacés pour former ce que l’armée appelle un « exercice de roulement », où un évènement en entraîne un autre, plutôt qu’une série de scénarios déconnectés, a-t-il déclaré.

Une grande partie de l’exercice d’une semaine a été réalisée par le bataillon mixte Caracal, qui dépend de la brigade Sagi. Mais les combattants, hommes et femmes, ont également été rejoints par des unités de blindés de la brigade, ainsi que par des hélicoptères de l’armée de l’air.

Avec l’intégration de forces terrestres et aériennes, même si l’exercice n’était pas le plus important de l’année pour la brigade, il était le plus complexe, a précisé Nachmani.

Les soldats du bataillon mixte Caracal pendant un exercice de préparation à un assaut de l'Etat islamique dans le sud d'Israël, fin mars 2017. (Crédit : unité des porte-paroles de l'armée israélienne)
Les soldats du bataillon mixte Caracal pendant un exercice de préparation à un assaut de l’Etat islamique dans le sud d’Israël, fin mars 2017. (Crédit : unité des porte-paroles de l’armée israélienne)

Pour assurer la préparation des civils vivant près de la frontière égyptienne, dans la région de Nitzana, l’armée a également travaillé avec la police et les gardes de sécurité des communes voisines, a-t-il indiqué.

Nachmani n’a pas dévoilé où exactement l’armée avait réalisé son exercice si ce n’est « dans la région de Nitzana et les collines qui sont au sud », de crainte que l’Etat islamique ne relève le défi et ne tente d’y mener des attaques.

Nachmani n’a pas donné non plus de précisions sur ce que l’armée ferait si les terroristes du Sinaï s’infiltraient en Israël.

« Tout le monde peut voir la manière dont agit l’Etat islamique sur YouTube. Je pense que c’est assez clair, a déclaré le major. Nous préparons nos troupes à combattre cela. »

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