L’armée trouve le corps d’une combattante tuée lors de la guerre d’Indépendance
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L’armée trouve le corps d’une combattante tuée lors de la guerre d’Indépendance

Pvt. Livka Shefer était l'un des trois soldats tués au combat pour le kibboutz Yad Mordechai dont les corps n'ont jamais été retrouvés

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Pvt. Livka Shefer, dont la dépouille a été localisée par l'armée israélienne près de 70 ans après sa mort lors de la guerre d'indépendance de 1948. (Forces de défense israéliennes)
Pvt. Livka Shefer, dont la dépouille a été localisée par l'armée israélienne près de 70 ans après sa mort lors de la guerre d'indépendance de 1948. (Forces de défense israéliennes)

Près de 70 ans après avoir été tuée dans un bombardement égyptien, les restes de Pvt. Livka Shefer ont été retrouvés par des militaires israéliens, a annoncé l’armée dimanche. Le corps sera enterré dans les prochaines semaines.

Jusqu’à cette semaine, Shefer était la seule femme soldate décédée dont le lieu de sépulture était inconnu.

Après avoir refusé de révéler où la dépouille de Shefer avait été retrouvée, l’armée a plus tard précisé qu’elle était située dans une fosse commune dans le kibboutz voisin de Nitzanim. Son nom sera ajouté au monument.

Shefer est née à Przemyśl, en Pologne, en 1914, et est la fille de Regina et Yitzchak. À l’âge de 25 ans, avant le début de la Seconde Guerre mondiale, elle s’est installée dans ce qui était alors la Palestine mandataire.

Elle a rejoint le groupe fondateur du kibboutz Yad Mordechai, une commune socialiste juste au nord de la bande de Gaza, nommée d’aprés Mordechai Anielewicz, qui a aidé à mener le soulèvement du ghetto de Varsovie contre les nazis en 1943.

Quand la guerre d’Indépendance d’Israël a éclaté, Shefer s’est battu pour protéger le kibboutz contre une attaque égyptienne.

Quelques dizaines de combattants du Palmach – le principal antécédent des Forces de défense israéliennes – et les 150 membres du kibboutz ont réussi à retenir les Égyptiens pendant six jours, avant de manquer de munitions et ont été contraints de battre en retraite durant la nuit du 23 au 24 mai 1948.

Shefer et un autre soldat, Yitzchak Rubinstein, ont été chargés d’aider à évacuer les blessés. Ensemble, Shefer et Rubinstein ont porté une civière contenant Binyamin Eisenberg, qui avait été blessé.

Ils étaient à peu près à mi-chemin du kibboutz de Gevaram, à proximité, lorsqu’ils furent bombardés par l’armée égyptienne à l’aube du 24 mai, un peu plus d’une semaine après la fondation de l’Etat d’Israël et deux jours avant la création officielle de l’armée israélienne.

Les autres combattants de Yad Mordechai avaient perdu contact avec Shefer, Rubinstein et Eisenberg. Un jour plus tard, ils ont été déclarés morts au combat, même si leurs corps n’ont pas été retrouvés.

Une statue commémorative de Mordechai Anilevich, l’un des dirigeants du soulèvement du ghetto de Varsovie, au kibboutz Yad Mordechai, dans le sud d’Israël, qui est nommé en son honneur, le 18 janvier 2017. (Flash90)

Shefer, Rubinstein et Eisenberg se sont vus décerner des grades dans l’armée à titre posthume, car de leur vivant, l’armée israélienne n’existait pas.

Les trois ont été reconnus comme des soldats tombés au combat dont les lieux de sépulture étaient inconnus. Cette désignation est distincte de « disparus en action ». Dans le cas de quelqu’un dont le lieu de sépulture est inconnu, l’armée sait avec certitude que le soldat a été tué, mais est incapable de localiser ou d’atteindre physiquement le corps, comme dans le cas d’un certain nombre de soldats perdus en mer.

À quelques exceptions près, les militaires continuent de chercher les corps de ces soldats, parfois des décennies après leur mort.

« Nous faisons tout pour fournir aux morts un enterrement approprié, peu importe qui ils sont. C’est le devoir de l’armée israélienne envers ces soldats tombés au combat et envers leurs familles », a déclaré le lieutenant-colonel Nir Yisraeli, qui dirige l’unité de la Direction de la main-d’œuvre chargée de localiser ces soldats.

« Chaque enquête qui se termine est très importante pour les familles, pour les personnes de l’unité qui s’occupent de cette tâche et pour l’armée israélienne en général. Cela nous donne la force de continuer, de travailler et d’enquêter sans relâche, afin de réduire davantage les cas de soldats tombés au combat dont les lieux de sépulture sont inconnus », a-t-il dit.

Maintenant que sa dépouille a été retrouvée, le nom de Shefer sera ajouté à la pierre tombale du kibboutz Nitzanim lors d’une cérémonie à laquelle assistera le chef de la direction des Forces de l’armée israélienne, le général de division Moti Almoz.

L’armée a déclaré que l’unité de Yisraeli n’avait pas encore trouvé les dépouilles de Rubinstein et Eisenberg et continuerait à les chercher.

À ce jour, il y a environ 170 soldats dont les sépultures sont encore inconnues, dont une centaine issue de la guerre d’Indépendance.

Un site reconstituant la bataille de la guerre d’Indépendance de 1948 entre les combattants du kibboutz Yad Mordechai et l’armée égyptienne dans le sud d’Israël le 18 janvier 2017. (Flash90)

L’unité qui recherche les soldats perdus est connue sous l’acronyme « Eitan », pour l’hébreu itur ne’edarim.

Elle emploie seulement trois soldats à temps plein, mais dispose de nombreux réservistes, dont plusieurs sont des experts en archéologie, en géographie et en services de police. Certains d’entre eux ont servi dans l’unité pendant des décennies.

Cela fait presque trois ans que l’unité a trouvé le corps d’un soldat tombé au combat. En septembre 2015, Eitan a localisé la dépouille du Cpl. Moshe Ahronov, qui a été tué quelques jours avant Shefer en mai 1948.

Un an plus tôt, l’unité a localisé les dépouilles de Yehoshua Haver, mort en combattant dans l’Opération Danni, à Ramle, le 10 juillet 1948.

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