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Portrait

L’ascension d’un juif orthodoxe ukrainien, des tranchées à la politique

Acher Tcherkasski n'a pas hésité à rejoindre les combats après l'annexion de la Crimée par la Russie en mars 2014

Une photo prise le 11 novembre d'Acher Tcherkasski debout sur le toit d'un centre juif à Dnipropetrovsk (Crédit : AFP / Anatolii STEPANOV)
Une photo prise le 11 novembre d'Acher Tcherkasski debout sur le toit d'un centre juif à Dnipropetrovsk (Crédit : AFP / Anatolii STEPANOV)

La vie d’Acher Tcherkasski se résumait à observer les traditions des juifs orthodoxes et à élever ses trois enfants dans le respect de ces traditions. Mais la guerre, dans l’est de l’Ukraine, a tout changé.

Acher s’est engagé dès le début du conflit dans un bataillon de volontaires pro-ukrainiens affrontant les rebelles pro-russes. Avec sa longue barbe et ses lunettes, il est rapidement devenu un des visages du conflit, ce qui lui a permis de gagner en popularité et d’entrer en politique.

Originaire de Féodossia, cité historique du sud-est de la Crimée, cet homme de 45 ans qui gagnait sa vie en faisant des menus travaux n’a pas hésité une seule seconde à abandonner la péninsule ukrainienne après son annexion par Moscou en mars 2014, estimant que le nouveau statut de la Crimée n’était « pas en accord » avec ses convictions.

Il a alors rejoint Dnipropetrovsk, bastion de la communauté juive dans le centre-est de l’Ukraine, où il est entré dans les rangs du bataillon Dnipro qui, dès avril 2014, s’est engagé dans la lutte contre les séparatistes.

Le bataillon Dnipro fut créé par Igor Kolomoïski, oligarque ukrainien à la réputation sulfureuse et aux méthodes douteuses. Kolomoïski, lui aussi juif, fut un temps gouverneur de la région de Dnipropetrovsk, au coeur de son empire financier.

Igor Kolomoïski (Crédit : capture d'écran Dailymotion)
Igor Kolomoïski (Crédit : capture d’écran Dailymotion)

« Je devais protéger mes enfants », explique sobrement Acher pour commenter son engagement. « Si l’intégrité territoriale de votre pays est en jeu, vous devez le défendre ».

Et, allant à l’encontre des dires des séparatistes pro-russes selon lesquels les bataillons de volontaires pro-ukrainiens sont composés de « fascistes », il affirme ne jamais avoir subi d’antisémitisme au sein de son unité.

« Nous agissions comme une seule unité, sans aucun soupçon les uns envers les autres », déclare-t-il à l’AFP, admettant juste que respecter ses traditions et manger casher était difficile sur le champ de bataille.

« La Russie a attaqué l’Ukraine. C’est une véritable guerre », affirme encore Acher Tcherkasski, évoquant le conflit dans l’est du pays qui a fait plus de 9 000 morts.

‘Lien entre les nations’

Acher Tcherkasski est devenu célèbre en Ukraine après la diffusion d’une vidéo, fin 2014, le montrant en tenue de camouflage sur la ligne de front. Avec sa très longue barbe, il détonnait alors par rapport aux autres combattants.

« Tcherkasski est l’un des symboles de la nouvelle Ukraine, il est un lien entre les nations qui considèrent l’Ukraine comme leur mère patrie », estime un journaliste local, Dmytro Rozmeritsa, auprès de l’AFP.

Selon les dirigeants des communautés juives d’Ukraine, celles-ci ont en effet principalement soutenu leur pays face à l’insurrection prorusse.

« Nous sommes tous des citoyens ukrainiens et nous devons nous battre pour notre pays », déclare ainsi Iossif Zissels, président de l’association des organisations et communautés juives d’Ukraine.

Toutefois, « la position d’Acher Tcherkasski n’est pas vraiment typique », reconnaît-il.

Peu de juifs orthodoxes se sont en effet engagés dans les combats, nombre d’entre eux évitant, partout dans le monde, tout service militaire qui pourrait venir entraver leurs pratiques religieuses.

La corruption, le nouvel ennemi

Après l’entrée en vigueur de plusieurs cessez-le-feu dans l’est de l’Ukraine, les combats ont nettement baissé en intensité, même si des incidents sporadiques se produisent encore régulièrement tout au long de la ligne de front.

Et Acher Tcherkasski a abandonné les combats. Son engagement et la renommée acquise lui ont permis de remporter un siège d’élu au conseil municipal de Dnipropetrovsk, battant lors des élections de puissants hommes d’affaires et politiques locaux.

Il combat depuis un autre ennemi : la corruption. « Nous pouvons arrêter ces choses », dit-il.

« L’argent ne va pas aller dans la poche des bureaucrates mais dans les programmes sociaux de la ville afin d’améliorer la qualité de vie », ajoute-t-il.

S’il reste toujours membre du bataillon Dnipro, cette nouvelle mission est désormais sa priorité.

« Si je sens que le service militaire m’empêche d’être un conseiller municipal efficace, je préfèrerais rester élu car je pense que je peux faire plus dans ce travail », conclut-il.

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