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L’auteur US Jerry Stahl dénonce le rapport « disneylandisé » aux lieux de mémoire

Avec son humour piquant, il s’interroge sur la moralité de ces voyages grandement rentables pour les tour-opérateurs et les autorités touristiques polonaises

Jerry Stahl, scénariste, journaliste et écrivain américain, est surtout connu pour ses Mémoires des ténèbres (1995), récit de sa grave addiction à l’héroïne, adapté au cinéma avec Ben Stiller (« Permanent Midnight », 1998).

En ce début d’année, il publie en français Nein, Nein, Nein ! La dépression, les tourments de l’âme et la Shoah en autocar aux éditions Payot-Rivages.

En septembre 2016, alors que la dépression qui le ronge depuis toujours est au plus haut et que sa carrière et sa vie personnelle sont au plus bas, il se lance dans un improbable voyage en Europe.

Au détour d’une alerte Google « Holocauste », il découvre que des tours-opérateurs organisent des voyages en car à travers l’Allemagne et la Pologne sur les différents lieux de la tragédie, et décide de s’y inscrire.

S’il ne peut soigner sa dépression, il ira la nourrir en compagnie de ces étranges « touristes des camps de la mort », se dit l’auteur, Juif ashkénaze dont une partie de ses ancêtres a péri dans la Shoah.

Il se retrouve ainsi en Pologne, dans un car de vacanciers, parmi lesquels se trouvent aussi un couple de Texans chauvins, un Juif new-yorkais octogénaire, deux mamies ou encore un couple gay.

Sur place, allant de camp de concentration en camp de concentration, de chambre à gaz en crématorium, les touristes déambulent, font des selfies tout sourire, et autres comportements indécents. Le choc.

Avec son humour piquant, Jerry Stahl dénonce ainsi ce rapport « disneylandisé » aux lieux de mémoire et ce marketing odieux, interrogeant la moralité de ces voyages grandement rentables pour les tour-opérateurs et les autorités touristiques polonaises.

Face à sa dépression et ses névroses, il met en parallèle cette visite des camps et la Shoah.

« Suis-je le seul être humain qui, en présence de l’indicible, décèle en lui-même un puits d’indicible encore plus abyssal, et amorce une descente aux enfers de petit joueur, sporadique et sans classe aucune, vers ce qu’il ne parvient à saisir que vaguement : l’horreur d’être complètement indigne de l’horreur elle-même ? », écrit-il.

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