L’avocat d’une autorité belge de lutte contre le racisme défend un Palestinien condamné pour antisémitisme
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L’avocat d’une autorité belge de lutte contre le racisme défend un Palestinien condamné pour antisémitisme

Le rédacteur d’un hebdo juif affirme que le centre pour l’égalité des chances ne fait que “de beaux discours” pour lutter contre l’antisémitisme

Michael Freilich, rédacteur en chef de Joods Actueel. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Michael Freilich, rédacteur en chef de Joods Actueel. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Les Juifs de la région Flandres de Belgique ont annoncé jeudi avoir « perdu toute confiance » dans l’autorité de lutte contre le racisme du pays, après la défense par son avocat d’un Palestinien que l’institution avait elle-même contribué à faire condamner pour discours raciste pour des appels à assassiner des Juifs.

Le reproche inhabituel du Forum des organisations juives de Flandres a été publié après la publication par l’hebdomadaire juif Joods Actuel d’un e-mail écrit par Johan Otte, expert judiciaire du Centre interfédéral pour l’égalité des chances (UNIA), condamnant la condamnation mardi pour incitation à la violence par un tribunal pénal d’Anvers d’un homme qui avait hurlé des slogans antisémites en 2014 pendant une manifestation dans la ville.

Le Belgo-Palestinien a été condamné à six mois de prison avec sursis, selon les médias belges. Ses deux co-accusés ont été acquittés.

Otte avait écrit que la peine reflétait une « justice tordue et pas une réelle justice », même si l’UNIA s’était initialement porté partie civile dans le procès. Le Forum juif de Flandres était l’autre partie civile.

« Cet courriel illustre clairement que la sympathie de l’UNIA va au criminel et non à ses potentielles victimes », a écrit l’organisation juive dans son communiqué.

Selon le quotidien Gazet van Antwerpen, l’accusé, qui a fait appel de sa condamnation, a chanté des slogans sur Khaybar, ville dont les musulmans ont massacré et expulsé les Juifs au septième siècle, actuellement située dans l’Arabie saoudite moderne. Selon Joods Actuel, l’accusé avait également parlé d’assassiner des Juifs.

Michael Freilich, le rédacteur en chef de Joods Actuel, a déclaré que l’affaire était la dernière en date d’une série d’échecs à affronter l’antisémitisme de l’autorité publique belge de lutte contre le racisme.

Il a ajouté que l’historique de l’UNIA suggérait qu’elle ne faisait que « de beaux discours » pour lutter contre l’antisémitisme, alors qu’en réalité, elle n’agissait pas contre ce type de racisme aussi vigoureusement que contre d’autres formes de xénophobie.

Le service de presse de l’UNIA n’avait pas répondu aux demandes de commentaires de JTA et de Joods Actuel, mais a publié vendredi un communiqué de presse, dans lequel l’organisation défend la liberté d’expression et a tenu à « rappeler son engagement, sans ambiguïté, dans le combat contre l’antisémitisme ».

Vendredi, Liesbeth Homans, ministre en charge de l’Egalité des chances au sein du gouvernement de la région de Flandres, l’une des trois entités composant le royaume fédéral de Belgique, a demandé un examen des activités de l’UNIA après l’article de Joods Actuel.

En 2011, David Vromme, responsable de la police, avait déclaré à Joods Actuel qu’un employé de l’autorité qui a précédé l’UNIA avait affirmé que les Juifs « pensent qu’ils peuvent toujours s’en tirer parce qu’ils ont de l’argent, du pouvoir financier, mais aussi parce qu’ils essaient de nous rendre coupables avec l’Holocauste. »

L’institution avait alors défendu son employé et accusé le policier de « témoignage malhonnête ».

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