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L’avocat général de l’armée réclame la fin de l’enquête sur la mort de Nathan Fitoussi

Le soldat a été tué par un "tir ami" alors qu'il revenait à son poste de garde ; le militaire à l'origine du tir meurtrier serait dans un état de forte "souffrance psychologique"

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Les funérailles du soldat Nathan Fitoussi, tué par le "tir ami" d'un soldat israélien près de Tulkarem, en Cisjordanie, le 16 août 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Les funérailles du soldat Nathan Fitoussi, tué par le "tir ami" d'un soldat israélien près de Tulkarem, en Cisjordanie, le 16 août 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Les avocats représentant un militaire qui a accidentellement tué l’un de ses camarades, au début de la semaine, a demandé mercredi que l’enquête en cours sur l’incident soit stoppée, citant la « souffrance psychologique » de leur client à la suite de cet accident tragique.

L’avocat général de l’armée a demandé à la police militaire de mettre un terme à l’interrogatoire du sergent « Aleph Mem » en raison de son « manque de sommeil et du stress auquel il est actuellement soumis ». Le militaire n’a été identifié que par les initiales de son nom en hébreu.

L’avocat a ajouté que l’interrogatoire se déroulait d’une manière à la fois « scandaleuse » et « inéquitable ».

Le sergent Nathan Fitoussi, 20 ans, a été tué par Aleph Mem, l’un de ses camarades de la brigade Kfir, dans la soirée de lundi, après avoir été apparemment confondu avec un suspect à son retour au poste de garde dans lequel il travaillait, le long de la barrière de sécurité de Cisjordanie et à proximité de la ville palestinienne de Tulkarem.

Selon l’enquête préliminaire, le militaire qui a ouvert le feu a respecté les procédures de tir en vigueur. Selon ces règles, le suspect doit faire l’objet d’une mise en garde verbale initiale le sommant de s’arrêter ; cette mise en garde est suivie par un tir d’avertissement. Les soldats ne sont autorisés à ouvrir le feu que s’ils ont le sentiment que le suspect représente une menace mortelle.

Fitoussi avait fait savoir à ses camarades du poste de garde dans lequel il se trouvait qu’il allait prier et qu’il reviendrait rapidement. Mais à son retour, l’un de ses camarades « a ouvert le feu en sa direction après s’être plié à la procédure en vigueur en cas d’arrestation – avec notamment un tir d’avertissement et un tir dans les jambes », a expliqué Ran Kochav, porte-parole de l’armée, au micro de la station de radio Kan dans la matinée de mardi.

Photo non datée du sergent-chef Nathan Fitoussi, publiée par l’armée le 16 août 2022. (Crédit : Armée israélienne)

Les deux hommes se trouvaient à plusieurs mètres de distance l’un de l’autre pendant l’incident, ont révélé les investigations. Fitoussi a été blessé par deux balles et il reste encore indéterminé pourquoi il a pu être considéré comme une menace au moment du drame.

Selon la Douzième chaîne, qui n’a pas cité ses sources, l’une des hypothèses prises en compte dans le cadre des investigations est que Fitoussi a bien entendu les appels lancés par Aleph et que, pensant qu’ils s’adressaient à un autre suspect, il aurait couru pour lui venir en aide.

L’enquête s’efforce de déterminer comment ce malentendu fatal s’est déroulé, la raison pour laquelle le tireur a confondu Fitoussi avec un suspect alors qu’il savait que le jeune soldat était parti prier et qu’il devait revenir, et la raison expliquant également pourquoi Fitoussi n’a pas obéi aux coups de semonce lancés et qu’il ne s’est pas identifié face à son camarade.

Les parents de Fitoussi ne nourrissent aucun ressentiment à l’égard du militaire qui a mortellement blessé leur fils, a confié un ami de la famille aux journalistes, mardi.

« La famille n’éprouve aucune colère à l’encontre du soldat qui a tiré sur Nathan. Non seulement elle n’est pas en colère mais elle compatit avec lui et je n’ai aucun doute sur le fait que les parents de Nathan voudront le rencontrer », a-t-il commenté.

Les funérailles du soldat Nathan Fitoussi, tué par le « tir ami » d’un soldat israélien près de Tulkarem, en Cisjordanie, le 16 août 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Fitoussi a été inhumé au cimetière de Netanya mardi soir.

Ron Kochav, le porte-parole de Tsahal, a indiqué que le soldat coopérait pleinement dans l’enquête en cours. « Nous allons nous occuper de lui et tenter de comprendre ce qui lui a traversé l’esprit, tenter de comprendre pourquoi cette erreur a été commise », a-t-il déclaré.

L’avocat général de l’armée a émis un communiqué au nom du soldat, au début de la semaine, disant que ce dernier avait « suivi les ordres et les instructions ».

« C’est un événement tragique et bouleversant, un incident au cours duquel le meilleur ami de notre client a perdu la vie. Il souhaite transmettre ses condoléances les plus sincères à la famille pour cette lourde perte », a précisé le communiqué.

Selon la radio militaire, l’armée a désigné un officier qui accompagnera le soldat pour tenter « de l’aider à surmonter l’épreuve ».

Au début de l’année, deux militaires appartenant à une unité de commando ont été tués dans un incident similaire survenu dans la Vallée du Jourdain, en Cisjordanie.

L’équipe du Times of Israel a contribué à la rédaction de cet article.

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