Le bureau du Premier ministre organise le « tout premier » dîner de l’iftar
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Le bureau du Premier ministre organise le « tout premier » dîner de l’iftar

Bien qu'Israël soit un État juif, il "respecte les traditions et le patrimoine de notre région", a déclaré Michael Oren à ses invités musulmans

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le vice-ministre Michael Oren, (troisième à partir de la gauche), avec des dignitaires arabes lors d'un événement célébrant le Ramadan à la Knesset, le 12 juin 2018 (Raphael Ahren/TOI).
Le vice-ministre Michael Oren, (troisième à partir de la gauche), avec des dignitaires arabes lors d'un événement célébrant le Ramadan à la Knesset, le 12 juin 2018 (Raphael Ahren/TOI).

Le vice-ministre Michael Oren a été l’hôte, mardi soir, de la toute première cérémonie de rupture de jeûne en l’honneur du Ramadan, tenue sous les auspices du Cabinet du Premier ministre.

Le dîner traditionnel de l’iftar devait à l’origine avoir lieu au bureau du Premier ministre lui-même – où Oren (Koulanou) dispose d’un bureau.

Mais Oren a déclaré que le bureau du Premier ministre ne pouvait accueillir que 70 personnes, et comme plus de 100 invités avaient répondu à son invitation, il a dû déplacer l’événement à la Knesset.

Ce n’était peut-être pas le premier iftar dans cette enceinte, a-t-il admis, mais l’événement était quand même « le premier iftar multipartite ici à la Knesset ».

« L’État d’Israël est fier de ses minorités qui jouissent de la liberté de culte – Druzes, Bédouins, Circassiens et Chrétiens », a déclaré M. Oren. « Voilà la véritable démocratie. »

Bien qu’Israël soit un État juif, il est situé au Moyen-Orient et « respecte les traditions et le patrimoine de notre région », a-t-il ajouté. « Contre la haine et la terreur qui nous entoure, il est particulièrement important de renforcer nos liens par la tolérance et le respect mutuel, pour montrer qu’il est possible de créer un Moyen-Orient différent ».

M. Oren, qui a été ambassadeur d’Israël aux États-Unis entre 2009 et 2013, a rappelé qu’il a commencé à organiser un dîner de l’iftar à l’ambassade d’Israël à Washington.

« J’avais l’habitude de recevoir des invitations aux dîners de l’iftar de la part de l’ambassade de France et de l’ambassade d’Allemagne, de l’ambassade de Grande-Bretagne – chacun avait son propre iftar. Et je me suis demandé : wow, nous avons une population musulmane qui, en pourcentage, est beaucoup plus élevée que la France ou l’Allemagne. Pourquoi n’y a-t-il pas d’iftar israélien ? »

Son personnel à l’ambassade de Washington a été « un peu surpris, mais j’ai insisté », et l’année suivante, la mission israélienne aux États-Unis a organisé son premier dîner d’iftar, se souvient-il.

C’est une tradition qui est toujours observée par l’actuel ambassadeur, Ron Dermer, chaque année, a-t-il ajouté. « Quand je suis parti, j’ai demandé à mon successeur de poursuivre cette tradition », a dit M. Oren. « J’en suis très fier. »

Les membres des communautés arabe, druze et bédouine d’Israël, y compris les chefs religieux, les chefs des conseils régionaux et les militants sociaux, ont assisté à l’événement de mardi soir. Une poignée de diplomates étrangers, dont les ambassadeurs en Israël de l’Allemagne, de l’Italie, des Pays-Bas, du Danemark, de la Norvège et du Paraguay, étaient également présents.

Pendant environ une demi-heure, les dignitaires musulmans, s’exprimant en hébreu, ont félicité Oren d’avoir été le premier haut représentant du Bureau du Premier ministre à organiser un dîner de l’iftar, et un fonctionnaire l’a exhorté à en faire un événement annuel, semblable à celui de la résidence du Président marquant le Ramadan.

« C’est une soirée historique », a déclaré Akram Hasson (Koulanou), le seul autre député invité par Oren. Ce n’était pas le premier iftar à la Knesset, mais c’était le premier événement de ce genre où des membres de toutes les différentes communautés musulmanes d’Israël étaient représentés, a-t-il fait remarquer.

L’événement était surtout apolitique, bien qu’Akram ait exhorté les participants à se joindre aux principaux partis qui ont une chance de se joindre au gouvernement, par opposition aux listes arabes qui, par défaut, siègent dans l’opposition, afin de servir plus efficacement leurs communautés.

Le dernier orateur, Refaat al-Asadi, un chanteur originaire de la ville de Deir al-Asad en Galilée, a déclaré qu’il était fier d’être Palestinien et a exhorté le gouvernement israélien à redoubler d’efforts pour parvenir à un accord de paix avec l’Autorité palestinienne.

« Nous avons besoin de deux États pour deux peuples, surtout pour le peuple palestinien », s’est-il exclamé. « Je crois qu’Abu Mazen est un leader fort et un partenaire. Je le connais personnellement », a-t-il dit, se référant au président de l’AP Mahmoud Abbas.

« Vous devez saisir cette occasion [de négocier un accord de paix avec lui], sinon vous le regretterez », a-t-il ajouté, avant de commencer à chanter.

Après avoir terminé sa chanson, les participants sont rapidement passés du Hall de Jérusalem de la Knesset à la cafétéria pour le dîner de l’iftar. Au menu, peut-être de façon surprenante, il n’y avait pas de mets typiquement arabes, mais plutôt les plats standards des cantines israéliennes : kebabs, poulet, couscous, riz et salade de carottes.

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