Le chancelier autrichien salue la résistance au nazisme de ses cheminots
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Le chancelier autrichien salue la résistance au nazisme de ses cheminots

Christian Kern salue le “nombre important de cheminots” qui ont résisté pendant la Seconde Guerre mondiale

La chancelière allemande Angela Merkel, au centre, avec le chancelier autrichien Christian Kern, à gauche, le Premier ministre italien Matteo Renzi, 2° à gauche, et le conseiller fédéral suisse Didier Burkhalter, 2° à droite, pendant l'inauguration du tunnel ferroviaire de Gotthard, le 1er juin 2016. (Crédit : Peter Klaunzer/AFP)
La chancelière allemande Angela Merkel, au centre, avec le chancelier autrichien Christian Kern, à gauche, le Premier ministre italien Matteo Renzi, 2° à gauche, et le conseiller fédéral suisse Didier Burkhalter, 2° à droite, pendant l'inauguration du tunnel ferroviaire de Gotthard, le 1er juin 2016. (Crédit : Peter Klaunzer/AFP)

Le chancelier autrichien a rendu hommage aux employés de la compagnie ferroviaire de son pays pour ce qu’il a appelé leur résistance démesurée au nazisme pendant l’Holocauste.

L’hommage rendu par Christian Kern aux partisans de la compagnie ferroviaire fédérale d’Autriche, BBO, était présent dans un communiqué qu’il a écrit pour une exposition sur le rôle de l’entreprise pendant l’Holocauste, qui a ouvert le mois dernier à l’université de Tel Aviv. Kern a été le président du conseil d’administration de BBO entre 2014 et 2016.

Les employés de BBO « ont été indirectement impliqués » dans la déportation « et ont ainsi contribué à l’Holocauste », a-t-il écrit, mais « un nombre important de cheminots » ont été « impliqués dans la résistance contre le national socialisme » malgré « les enquêtes et la surveillance politique écrasantes. »

L’exposition, qui a été organisée par OOB, le successeur de BBO, a été inaugurée en Israël le mois dernier. Elle présente des documents nazis originaux attestant de l’importance relative de la résistance parmi les cheminots autrichiens par comparaison aux cheminots allemands.

Un rapport de 1941 du siège de la sécurité du Reich affirme que la compagnie ferroviaire autrichienne, qui a été incorporée en 1938 au sein de son homologue allemande, « a joué un rôle relativement majeur concernant les actes de sabotage criminel depuis 1939, puisque c’est ici que les services de renseignements étrangers et les groupes de résistance autrichienne ont pu mettre en place des organisations de sabotage. »

Les rails de chemin de fer qui mènent au camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau, en Pologne. Illustration. (Crédit : Serge Attal/Flash90)
Les rails de chemin de fer qui mènent au camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau, en Pologne. Illustration. (Crédit : Serge Attal/Flash90)

Ces documents peu connus sont importants pour certains Autrichiens parce qu’ils viennent contredire une impression très répandue en Autriche et ailleurs, selon laquelle les autorités autrichiennes ont intégré avec impatience l’Allemagne après l’annexion du pays en 1938.

Dans un communiqué portant sur l’exposition, intitulée « Les années supprimées – Chemin de fer et national socialisme en Autriche entre 1938 et 1945 », Oskar Deutsch, le président de la Communauté juive de Vienne, a souligné que BBO avait eu « un rôle central » dans « la tragédie de la Shoah », notamment dans « les déportations vers les ghettos et les camps de concentration. »

Mais, a-t-il ajouté, « il a toujours existé une résistance organisée et continue, consistant en différents groupes de cheminots agissant contre la dictature nazie. »

En 1948, 6 590 avaient été jugés coupables d’avoir mené des ordres illégaux, mais plus de 29 300 employés de la BBO avaient été innocentés.

Les nazis ont jugé 154 cheminots pour des faits de résistance, et 135 d’entre eux sont morts en prison ou dans des camps de concentration ; 1 438 autres ont été condamnés à être détenus en prison ou dans des camps de concentration.

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