Le chef de B’Tselem condamne le gouvernement israélien au Conseil de sécurité
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Le chef de B’Tselem condamne le gouvernement israélien au Conseil de sécurité

L'ONG de gauche de défense des droits de l'Homme a appelé à une action internationale contre Israël concernant la destruction de Khan al-Ahmar

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Hagai El-Ad, le directeur de B'TSelem, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, à New York, le 14 octobre 2016. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Hagai El-Ad, le directeur de B'TSelem, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, à New York, le 14 octobre 2016. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Hagai El-Ad, directeur exécutif de B’Tselem, l’ONG de gauche de défense des droits de l’homme, a dénoncé jeudi les critiques du Premier ministre Benjamin Netanyahu contre son organisation et a appelé à une action internationale contre Israël concernant la destruction de Khan al-Ahmar dans son discours devant le Conseil de sécurité des Nations unies.

« Vous ne nous ferez jamais taire – ni les centaines de milliers d’Israéliens qui rejettent un présent fondé sur la suprématie et l’oppression, et qui défendent un avenir fondé sur l’égalité, la liberté et les droits de la personne », a-t-il déclaré, s’adressant au gouvernement qui le traite de « traître ».

« Nous ne nous préoccupons pas de savoir combien d’États sont nécessaires pour parvenir à une solution », a ajouté M. El-Ad.

« En revanche, nous nous préoccupons de la question des droits de l’Homme. C’est pourquoi nous rejetons l’occupation. Nous la rejetons parce que la réalité actuelle est totalement et radicalement incompatible avec ce qui est bien et juste. C’est une réalité totalement et radicalement incompatible avec une vie dans la liberté et la dignité pour les 13 millions de personnes – tant israéliennes que palestiniennes – qui vivent entre le Jourdain et la mer Méditerranée. Et c’est ce que nous recherchons comme avenir ».

« Honte à vous, espèce de collaborateur »

L’ambassadeur d’Israël à l’ONU a ensuite interpellé le directeur de B’Tselem lors de cette séance du Conseil de sécurité sur Israël et les Palestiniens, lui disant en hébreu : « Honte à vous. Honte à vous, espèce de collaborateur ».

Danny Danon a fait valoir qu’en amenant un Israélien au Conseil de sécurité, les Palestiniens ont prouvé la force de la démocratie vivante d’Israël.

« Trouvez un Palestinien… qui pourrait oser diffamer son gouvernement au Conseil de sécurité », a-t-il ajouté. « Au mieux, il serait jeté en prison. Mais il est plus probable qu’il soit abattu. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a aussi critiqué le discours de El-Ad, devant le Conseil de sécurité des Nations unies.

« Alors que nos soldats se préparent à défendre la sécurité d’Israël, le directeur de B’Tselem choisit de prononcer un discours mensonger à l’ONU pour tenter d’aider les ennemis d’Israël », a déclaré Netanyahu dans un communiqué après l’intervention de El-Ad.

« La conduite de B’Tselem est une honte qui restera dans les mémoires comme un épisode court et temporaire de l’histoire de notre pays », ajoute-t-il.

Le Premier ministre de l’Autorité palestinienne (AP) Rami Hamdallah avait plus tôt appelé les résidents du village bédouin de Khan al-Ahmar à « perturber » la démolition prévue de leur village par Israël.

Durant une visite du hameau, situé non loin de Jérusalem, Hamdallah a remercié les résidents pour « leur opposition inflexible et non-violente à l’occupation israélienne ».

Il les a exhortés à continuer à s’opposer à l’ordre d’évacuation de l’armée israélienne pour contrecarrer les projets de relocalisation dans la banlieue d’Abu Dis.

« Cette occupation prendra fin, sans aucun doute », a assuré Hamdallah aux résidents, cité par la Dixième chaîne.

La démolition du village bédouin et l’évacuation de ses 180 habitants a valu à Israël de vives critiques de la part de la communauté internationale et de la procureure de Cour pénale internationale (CPI) cette semaine

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