« Le conseil des droits de l’Homme est devenu un soutien des terroristes »
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« Le conseil des droits de l’Homme est devenu un soutien des terroristes »

Le ministre de la Défense a critiqué l'enquête ordonnée par la haute instance des Nations unies suite à des semaines de violence à la clôture frontalière

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman dirige une réunion de faction de son parti Yisrael Beytenu à la Knesset, le 7 mai 2018 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Le ministre de la Défense Avigdor Liberman dirige une réunion de faction de son parti Yisrael Beytenu à la Knesset, le 7 mai 2018 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le ministre de la Défense israélien Avigdor Liberman a accusé samedi le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies de s’être métamorphosé en « soutien des terroristes » après que l’instance a ordonné une enquête sur les violences meurtrières survenues à la clôture frontalière.

Rejetant l’enquête, Liberman a tweeté en hébreu que « la seule enquête qui doit avoir lieu, c’est de savoir comment le Conseil des droits de l’Homme est devenu un soutien des terroristes ».

Israël a fait savoir vendredi que le pays ne coopérerait pas à l’enquête après que l’instance des Nations unies a voté par le biais d’une résolution adoptée lors d’une session spéciale un appel au « déploiement urgent [par le conseil] d’une commission d’enquête indépendante et internationale » suite à la mort de 60 Palestiniens, lundi, jour qui a coïncidé avec le transfert de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem. Presque tous les morts étaient des membres du Hamas, a reconnu le groupe terroriste.

Les Etats-Unis, l’un des deux pays à voter contre l’enquête, a qualifié cette initiative « d’autre journée scandaleuse pour les droits de l’Homme ».

Le conseil a adopté cette résolution à 29 voix « pour » et deux « contre », avec l’abstention de 14 pays. Ce sont l’Australie et les Etats-Unis qui se sont opposés à la décision. Le conseil a également condamné « l’usage disproportionné et indiscriminé de la force par les forces occupantes israéliennes contre des civils palestiniens ».

L’enquête réclamée par le conseil devra produire son rapport final au mois de mars prochain.

Salah Bardawil du Hamas (à droite) reconnaît 50 morts parmi les 62 tués à la frontière entre Israël et Gaza, le 16 mai 2018 (Capture d’écran).

La vice-ministre aux Affaires étrangères Tzipi Hotovely a fait savoir que l’Etat juif ne coopérerait pas avec l’enquête.

Elle a tweeté vendredi que « le conseil des droits de l’Homme de l’ONU préfère appuyer le Hamas plutôt que soutenir le droit d’Israël à se défendre du terrorisme. Nous n’avons aucunement l’intention de coopérer avec une commission d’enquête internationale qui veut dicter des résultats sans connexion aux faits ».

Un panneau de télévision au conseil des droits de l’Homme des Nations unies montre comment les pays ont voté lors d’une résolution prônant une enquête sur la gestion par Israël des violences meurtrières sur la frontière avec Gaza, le 18 mai 2018 (Crédit : ministère affaires étrangères)

La résolution « ne fait aucune mention des violences et des incitations palestiniennes », a protesté l’ambassadrice israélienne de l’ONU à Genève, Aviva Raz Shechter.

L’ambassadrice israélienne Aviva Raz Shechter durant une session spéciale du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU qui a voté une enquête sur les violences à la frontière avec Gaza, le 18 mai 2018 (Crédit : AFP/Fabrice Coffrini)

« Cette résolution méprise complètement le droit et le devoir légal d’Israël de défendre ses citoyens », a-t-elle dit.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a pour sa part fustigé le vote et le conseil, disant qu’ils étaient « hors sujet ».

« L’organisation qui se donne le nom de Conseil des droits de l’Homme prouve une fois encore qu’il est une instance hypocrite et biaisée dont l’objectif est de porter préjudice à Israël et de soutenir le terrorisme – mais il a prouvé avant tout qu’il était hors-sujet », a-t-il ajouté.

« L’Etat d’Israël continuera à défendre ses citoyens et ses soldats », a-t-il dit.

Israël a souligné que la vaste majorité des individus tués lors des manifestations de lundi « sont des membres du Hamas, comme les responsables du groupe terroriste l’ont reconnu eux-mêmes », a fait savoir le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

Le communiqué israélien a indiqué que les actions menées par l’Etat juif étaient complètement légales et qu’elles visaient à « protéger notre souveraineté et à prévenir un assaut massif contre la frontière avec l’intention de tuer des Israéliens et de commettre des attentats terroristes ».

Israël a complètement rejeté cette décision, disant que tout ce qu’elle prouvait était que le conseil avait une « majorité anti-israélienne automatique, où règne l’hypocrisie et l’absurdité ».

Israël a également accusé le conseil de systématiquement ignorer les réelles violations faites aux droits de l’Homme dans le monde et « d’adopter bien plus de résolutions contre Israël que contre le reste des pays dans le monde tous réunis ».

Israël n’est pas membre du conseil des droits de l’Homme et Liberman a appelé jeudi les Etats-Unis à le quitter. « Nous devons cesser de donner un appui à ce festival de l’hypocrisie », a-t-il déclaré.

L’ambassadrice américaine à l’ONU Nikki Haley s’exprime durant une rencontre du Conseil de sécurité au Moyen Orient le 18 décembre 2017 au siège des nations unies à New York (Crédit : AFP/Kena Betancur)

L’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, a critiqué le conseil.

« A une époque où le Venezuela penche vers la dictature, où l’Iran emprisonne des milliers d’opposants politiques et où le nettoyage ethnique se pratique en Birmanie, le dénommé conseil des droits de l’Homme des Nations unies a décidé de lancer une enquête sur la défense légitime de sa frontière contre des attentats terroristes par un pays démocratique », a dit Haley.

« C’est une autre journée scandaleuse pour les droits de l’Homme ».

Le Hamas a salué pour sa part la décision « d’enquêter sur les violences et les crimes de guerre d’Israël ».

Cette session spéciale de l’ONU a eu lieu à l’issue de sept semaines consécutives de manifestations massives et d’affrontements le long de la frontière avec Israël.

Depuis le 30 mars, des dizaines de milliers de Palestiniens participent au mouvement de protestation hebdomadaire de la « marche du retour », qui, selon Israël, est orchestré par le groupe terroriste du Hamas et utilisé comme couverture pour des attentats terroristes et des tentatives d’ouverture de brèches dans la clôture frontalière.

Ces manifestations violentes devaient s’achever le 15 mai mais les leaders du Hamas ont fait savoir qu’ils voulaient qu’elles continuent.

Mercredi, un responsable du Hamas a expliqué que 50 personnes sur les 62 qui ont été tuées lundi et mardi étaient membres de leur organisation et le groupe terroriste du Jihad islamique a annoncé que trois d’entre elles appartenaient à ses rangs.

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