Le judoka iranien ayant fui son pays obtient le statut de réfugié en Allemagne
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Le judoka iranien ayant fui son pays obtient le statut de réfugié en Allemagne

"Maintenant, je peux entièrement me concentrer sur le judo", explique Saeid Mollaei, qui ne peut plus retourner dans son pays où il est sommé d'éviter ses adversaires israéliens

Le judoka iranien Saeid Mollaei dans un lieu non-identifié, dans une ville du sud de l'Allemagne, le 12 septembre 2019. (Crédit : AP Photo/Michael Probst)
Le judoka iranien Saeid Mollaei dans un lieu non-identifié, dans une ville du sud de l'Allemagne, le 12 septembre 2019. (Crédit : AP Photo/Michael Probst)

L’Allemagne a octroyé le statut de réfugié à une star iranienne du judo qui a clamé craindre de retourner dans son pays après avoir évoqué et critiqué les pressions exercées par le gouvernement pour qu’il accepte de s’incliner lors d’une rencontre des Championnats du monde de Tokyo, l’année dernière, afin d’éviter d’avoir à affronter un éventuel adversaire israélien.

Après la compétition, Saeid Mollaei, champion du monde en titre dans la catégorie Poids lourds, avait fui à Berlin, où il espère décrocher sa place pour les Jeux olympiques de 2020.

La Fédération internationale de judo a indiqué dans un communiqué samedi que Mollaei avait obtenu le statut de réfugié « en un temps record grâce à la diligence des autorités allemandes ».

Répondant à l’information, Mollaei a déclaré : « Je suis très content et je veux remercier du fond du cœur tous ceux qui m’ont aidé dans ces moments difficiles. Maintenant, je peux pleinement me concentrer sur le judo et sur la préparation des prochaines compétitions de la fédération internationale et des Jeux olympiques ».

Mollaei avait expliqué qu’il avait été contraint de perdre lors des demi-finales du championnat du monde pour ne pas risquer d’affronter en finale l’Israélien Sagi Muki, qui a remporté l’épreuve.

La fédération internationale avait indiqué que Mollaei avait subi des pressions de la part du vice-ministre iranien des Sports, Davar Zani.

Quelques minutes avant la demi-finale, le président du comité olympique iranien Reza Salehi Amiri aurait également déclaré à Mollaei que les services de sécurité iraniens se trouvaient à cet instant-même au domicile de ses parents à Téhéran.

Mollaei, qui était sur le point d’affronter Muki en finale dans la catégorie des moins de 81 kilos, avait reconnu devant la fédération internationale de judo qu’il avait cédé aux pressions et délibérément perdu face au Belge Matthias Casse pour éviter d’avoir à affronter l’athlète israélien.

« A cause de la loi dans mon pays… J’ai été obligé de ne pas combattre mon adversaire israélien », avait dit Mollaei à la fédération lors d’un entretien organisé après les championnats. « C’est la loi, et ceux qui ne s’y plient pas rencontrent toujours des problèmes ».

« J’ai besoin d’aide. Même si les autorités de mon pays m’ont dit que je pouvais revenir sans problème, j’ai peur », avait-il ajouté, s’adressant à la fédération. « J’ai peur de ce qui peut arriver à ma famille et à moi-même ».

L’instance fédérale internationale a apporté son soutien au judoka, en lui jurant de l’aider à atteindre les Jeux olympiques d’été qui auront lieu à Tokyo en 2020.

L’Iran ne reconnaît pas Israël, et les passeports iraniens rappellent à leurs détenteurs qu’ils « n’ont pas le droit de se rendre en Palestine occupée ».

La semaine dernière, la fédération internationale de judo a annoncé qu’elle confirmait que l’Iran était interdit de toute compétition en raison de son refus de laisser ses athlètes combattre face à des judokas israéliens.

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