Le juge regrette d’avoir présenté ses condoléances à la famille d’un terroriste
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Le juge regrette d’avoir présenté ses condoléances à la famille d’un terroriste

Neal Hendel assure qu'il "n'avait pas l'intention de blesser qui que ce soit" dans son jugement ayant rendu nulle et non avenue une demande de libération anticipée

Neal Hendel, juge de la Cour suprême, le 15 mai 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Neal Hendel, juge de la Cour suprême, le 15 mai 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le juge de la Cour suprême Neal Hendel a présenté ses excuses à des familles israéliennes endeuillées vendredi, après avoir soulevé un tollé en présentant ses condoléances à la famille d’un terroriste condamné, récemment décédé en prison.

« Je n’avais aucunement l’intention de blesser qui que ce soit », a ainsi écrit Neal Hendel. « Je souhaite exprimer mes profonds regrets aux familles endeuillées qui ont été blessées ».

Les propos du magistrat né aux États-Unis figuraient dans son jugement ayant considéré comme nulle et non avenue la demande de libération anticipée déposée par la famille de Sami Abu Diak, qui a succombé à un cancer mardi dans une prison israélienne. Il est décédé avant que la cour ne puisse statuer sur son cas.

Dans son verdict, rendu en raison de la mort du détenu, Neal Hendel a noté qu’il « partageait la peine de la famille » — une formule de condoléances courante en hébreu.

Des manifestants agitent des panneaux à l’effigie de Sami Abu Diak, un terrorisme palestinien décédé d’un cancer dans les prisons israéliennes, durant une manifestation à Ramallah, le 26 novembre 2019. (Crédit : AP Photo/Nasser Nasser)

Dans un communiqué distinct vendredi, un porte-parole du tribunal a fait savoir que le juge « a été chargé de rendre la requête nulle et non avenue en raison du décès du requérant pendant sa détention. Dans les rares cas similaires, le juge Hendel a pour habitude d’écrire qu’il partage la peine de la famille ».

Après le choc suscité par sa manifestation de compassion, Neal Hendel a retiré son jugement pour en émettre un autre dépourvu de la formulation controversée, expliquant qu’il n’était pas approprié qu’il le publie seul. Le nouveau, quasi identique au précédent, a été signé par trois juges.

Abu Diak purgeait trois peines de prison à vie pour enlèvement et homicide volontaire, entre autres. Il était lié à la branche armée de la faction du Fatah palestinienne et il avait été arrêté au début des années 2000, au cours de la seconde intifada – ou soulèvement. Il avait été condamné pour le meurtre d’Ilya Krivich, résident juif de l’implantation de Homesh, en 2001, et avait été impliqué dans le meurtre de trois Palestiniens accusés d’avoir collaboré avec les forces de sécurité israéliennes, selon des informations.

Ilya Krivitz, victime du terrorisme (Crédit : Ministère des Affaires étrangères)

L’Autorité palestinienne (AP) et la famille d’Abu Diak avaient réclamé sa libération pour lui permettre de mourir aux côtés de sa famille mais les responsables israéliens avaient refusé cette requête.

Les Palestiniens s’étaient également tournés vers les pays européens et la Croix rouge pour exercer des pressions sur l’Etat juif en faveur de sa libération.

Le juge avait présenté ses excuses à la famille d’Ilya Krivitz.

« C’est un scandale qu’un juge de la haute-cour exprime du chagrin pour un terroriste », avait déclaré la famille de Krivitz, des paroles rapportées par Ynet.

« Qu’il dise ce genre de choses n’a aucun sens », avait ajouté sa fille, Rita Rakowski, s’adressant au site d’information en hébreu.

« Mon père était un homme ordinaire qui a été assassiné uniquement parce qu’il était juif. Un juge de l’Etat d’Israël ne doit pas exprimer sa position sur de telles choses. C’est tout simplement anormal », avait-elle dénoncé.

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