Le KKK n’aura pas le droit d’incendier des croix dans un parc de Géorgie
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Le KKK n’aura pas le droit d’incendier des croix dans un parc de Géorgie

L’association Stone Moutain Memorial a refusé la demande de crainte que l’évènement n’entraîne de violents affrontements

Membres du Ku Klux Klan (KKK) autour d'une croix enflammée, le 12 novembre 2015. (Crédit : Confederate till Death/CC BY-SA 3.0/WikiCommons)
Membres du Ku Klux Klan (KKK) autour d'une croix enflammée, le 12 novembre 2015. (Crédit : Confederate till Death/CC BY-SA 3.0/WikiCommons)

Le Ku Klux Klan (KKK) s’est vu refuser l’autorisation d’incendier des croix dans un parc public de Géorgie adoré par le groupe suprématiste blanc, en raison des possibles violences qui pourraient découler de cet évènement.

Dans sa demande d’autorisation au parc Stone Mountain, Joey Hobbs, chevalier sacré [grade de la direction du groupe] du KKK avait demandé à organiser l’évènement en octobre, au sommet d’une montagne, afin « de commémorer le fait que la première mise à feu d’une croix par le KKK a eu lieu à Stone Mountain en 1915. »

L’association Stone Mountain Memorial a refusé sa demande, disant qu’elle « condamne les croyances et les actes du Ku Klux Klan, et pense que le refus de la demande de rassemblement public est dans le meilleur intérêt de toutes les parties. »

Dans sa réponse à Hobbs, le directeur exécutif de l’association, Bill Stephens, a cité un évènement organisé en avril 2016 sur le site par le KKK, qui avait entraîné des affrontements entre suprématistes blancs et contre-manifestants, et indiqué que le parc n’avait pas les moyens d’empêcher que les violences de l’année dernière ne se reproduisent, selon l’Atlanta Journal-Constitution.

Un porte-parole de l’association a indiqué que, en plus des craintes de violences, la mise à feu de croix aurait également été « un acte d’intimidation ».

« C’est une chose d’avoir des affiches et d’exprimer son opinion sur quelque chose. C’en est une autre de passer aux actes et d’incendier des croix », a-t-il dit à la chaîne locale de CBS.

Le bas-relief de Stone Mountain, en Géorgie, avec les dirigeants confédérés Jefferson Davis, Robert E. Lee et Thomas 'Stonewall' Jackson. (Crédit : Ahoerstemeier/CC BY-SA 3.0/Wikimedia Commons)
Le bas-relief de Stone Mountain, en Géorgie, avec les dirigeants confédérés Jefferson Davis, Robert E. Lee et Thomas ‘Stonewall’ Jackson. (Crédit : Ahoerstemeier/CC BY-SA 3.0/Wikimedia Commons)

Après le refus de sa demande, Hobbes a déclaré que ce rejet était une violation du Premier amendement, qui interdit notamment au Congrès de limiter les libertés d’expression et de rassemblement.

« Tant que nous ne sommes pas là-bas pour tuer quelqu’un, pour menacer quelqu’un, alors ce que nous faisons ne regarde que nous », a-t-il dit.

Hobbes à dit à la chaîne locale de CBS que, même s’il comprenait que de nombreuses personnes seraient offensées par les connotations historiques de l’évènement, « cela est dû à de fausses représentations du Klan au cours de l’histoire. »

Il a ajouté qu’aucune violence n’aurait jamais éclaté à l’initiative du KKK.

« Si une émeute avait suivi, je vous garantis que cela n’aurait pas été parce que mes hommes auraient commencé une émeute, a-t-il dit. Notre groupe n’a jamais tenté d’intimider qui que ce soit. »

Malgré le rejet de son autorisation, Hobbes prévoit toujours d’incendier des croix, sur une propriété privée.

Stone Mountain est non seulement le site de la refondation du groupe suprématiste blanc, mais aussi un relief où ont été sculptés dans la pierre les visages de Jefferson Davis, Robert E. Lee, et Thomas ‘Stonewall’ Jackson, confédérés célèbres.

Alors que le KKK était resté actif même s’il n’attirait plus la même attention que dans les années 1920, à son apogée, le groupe est de nouveau sous le feu des médias depuis le violent rassemblement d’extrême-droite de Charlottesville, Virginie, le week-end dernier, et du soutien ouvert de son ancien dirigeant, David Duke, au président américain Donald Trump.

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