Le médaillé d’or olympique israélien ne peut pas se marier dans le pays
Rechercher
JO TOKYO 2020

Le médaillé d’or olympique israélien ne peut pas se marier dans le pays

Artem Dolgopyat n'est pas considéré comme Juif selon la loi orthodoxe, car seul son père est Juif ; sans possibilité de mariage civil, sa seule issue est le mariage à l'étranger

L'Israélien Artem Dolgopyat, médaillé d'or, célèbre sur le podium de l'épreuve de la finale de l'exercice au sol masculin de gymnastique artistique lors des Jeux olympiques de Tokyo 2020 au centre de gymnastique Ariake à Tokyo, le 1er août 2021. (Photo par Lionel BONAVENTURE / AFP)
L'Israélien Artem Dolgopyat, médaillé d'or, célèbre sur le podium de l'épreuve de la finale de l'exercice au sol masculin de gymnastique artistique lors des Jeux olympiques de Tokyo 2020 au centre de gymnastique Ariake à Tokyo, le 1er août 2021. (Photo par Lionel BONAVENTURE / AFP)

Le deuxième médaillé d’or olympique de l’histoire d’Israël, Artem Dolgopyat, ne peut pas se marier légalement dans son pays, car il n’est pas Juif selon les normes du Grand rabbinat, a déploré sa mère dimanche, alors que le pays célébrait son nouveau héros national.

Dans une interview accordée à la radio 103FM, Angela Bilan, la mère de Dolgopyat, a déclaré : « L’État ne le laisse pas se marier. Il a une petite amie et ils vivent ensemble depuis trois ans, mais il ne peut pas se marier. »

Bilan a expliqué que Dolgopyat devrait se rendre à l’étranger pour se marier civilement, et que cette union serait reconnu par l’État, mais a ajouté que cela était rendu difficile par son emploi du temps sportif chargé.

La mère de Dolgopyat n’est pas Juive, mais la totalité du côté de son père l’est, a-t-elle dit.

Il faut avoir au moins un grand-parent juif pour immigrer en Israël et devenir citoyen.

Mais se marier en tant que Juif par l’intermédiaire du Grand rabbinat, la seule possibilité en Israël, exige que les deux parties soient Juives selon la loi orthodoxe – c’est-à-dire avoir une mère juive.

Angela Bilan, la mère d’Artem Dolgopyat, médaillé d’or olympique, avec la Treizième chaine le 1er août 2021. (Capture d’écran vidéo)

Comme le mariage civil n’existe pas en Israël, un nombre croissant de couples israéliens choisissent d’enregistrer leur mariage à l’étranger.

Dolgopyat a obtenu le soutien du ministre du Tourisme Yoel Razvozov, lui-même immigrant de l’ex-Union soviétique et athlète olympique.

« Les citoyens israéliens, quel que soit leur lieu de naissance, ne devraient pas avoir à subir un processus fastidieux et humiliant pour obtenir l’approbation ou le rejet du rabbinat afin de se marier », a tweeté Razvozov.

« La fierté d’Israël sur le podium, mais un citoyen de seconde classe sous la houppa », a-t-il dit en faisant référence au dais de mariage juif. « Il n’est pas logique que le rabbinat du même pays qu’Artem Dolgopyat représente avec honneur ne lui permette pas d’avoir des droits civiques fondamentaux comme celui de se marier en Israël. »

Outre les nombreux immigrants issus de familles mixtes ou non reconnues comme Juives, ceux qui ne peuvent pas se marier en Israël comprennent également les gays et les lesbiennes, les convertis au judaïsme non orthodoxe, et d’autres encore.

Angela Bilan, la mère d’Artem Dolgopyat, médaillé d’or olympique, parle avec la Treizième chaine, le 1er août 2021. (Capture d’écran vidéo)

Dolgopyat, 24 ans, double médaillé d’argent aux championnats du monde, a immigré d’Ukraine en Israël à l’âge de 12 ans. Il était considéré comme le meilleur espoir d’Israël pour une médaille d’or aux Jeux de cette année.

Son enchaînement final dimanche a impressionné les juges, avec un score de 14.933. Il est arrivé devant l’Espagnol Rayderley Miguel Zapata, qui a donc remporté l’argent, et devant le Chinois Xiao Ruoteng, qui a remporté le bronze.

Artem Dolgopyat, d’Israël, effectue un exercice au sol lors de la finale de gymnastique artistique masculine aux Jeux olympiques d’été de 2020, en août 2021, à Tokyo. (Crédit : AP Photo/Gregory Bull)

La médaille d’or est seulement la deuxième dans l’histoire d’Israël, après la victoire du véliplanchiste Gal Friedman en 2004 à Athènes.

L’hymne national israélien, l’Hatikva, a retenti lorsque le gymnaste israélien a accepté sa médaille sous des applaudissements nourris.

Il a été salué par le Premier ministre Naftali Bennett et le président Isaac Herzog, qui l’ont tous deux appelé pour le féliciter de sa victoire.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...