Le Parlement belge appelle à des sanctions contre Israël en cas d’annexion
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Le Parlement belge appelle à des sanctions contre Israël en cas d’annexion

Une résolution demandant la création d'une "liste de contre-mesures efficaces" contre Israël a été adoptée avec une large majorité

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Des membres du Parlement fédéral belge assistent à une session plénière, le 26 octobre 2017. (Crédit : AP / Geert Vanden Wijngaert)
Des membres du Parlement fédéral belge assistent à une session plénière, le 26 octobre 2017. (Crédit : AP / Geert Vanden Wijngaert)

Vendredi matin, le Parlement belge a adopté avec une écrasante majorité une résolution exhortant le gouvernement à agir pour empêcher Israël d’annexer unilatéralement des zones de la Cisjordanie et plaidant activement en faveur de mesures punitives à l’échelle européenne contre Jérusalem si le plan controversé d’annexion venait à être appliqué.

La Chambre des représentants de Bruxelles devait également discuter et voter concernant une motion demandant la reconnaissance d’un État palestinien, mais le scrutin a été reporté en raison d’amendements de dernière minute.

La résolution « concernant l’annexion par Israël de territoires occupés en Palestine », proposée par trois responsables des Verts, a été votée par 101 « oui » et 39 abstentions. Personne n’a voté contre.

La motion exhorte le gouvernement de la Première ministre Sophie Wilmès « à prendre l’initiative avec des pays tiers, aux niveaux européen et multilatéral, d’empêcher l’annexion [par] Israël de territoires palestiniens, ou de parties de ceux-ci ».

La résolution appelle en outre Bruxelles à jouer un rôle de premier plan dans la formulation d’une « liste de contre-mesures efficaces visant à répondre de manière proportionnelle à toute annexion israélienne [de zones] du territoire palestinien occupé ».

L’Union européenne et nombre de ses États membres s’opposent avec véhémence à l’objectif déclaré d’Israël d’annexer jusqu’à 30 % de la Cisjordanie à compter du 1er juillet, mais n’ont pas encore formulé de mesures punitives contre Jérusalem s’il venait à mettre en œuvre son plan. L’UE aurait besoin d’un consensus entre les 27 États membres afin d’appliquer des sanctions importantes à Israël, mais certains pays comme la Hongrie et l’Autriche devraient opposer leur veto à toute mesure sévère contre l’État juif.

Si aucun consensus ne peut être trouvé, les législateurs belges ont exhorté leur gouvernement à « jouer un rôle actif dans la mise en place d’une coalition d’Etats membres [européens] partageant les mêmes idées pour explorer les réactions possibles » à une annexion israélienne.

Si la résolution n’est pas juridiquement contraignante, elle peut être considérée comme importante, notamment parce que Wilmès dirige depuis mars un gouvernement minoritaire intérimaire censé se concentrer exclusivement sur la lutte de la Belgique contre la pandémie de coronavirus et ses retombées économiques.

Dans ce contexte, les analystes estiment que les résolutions parlementaires adoptées avec une large majorité sont plus susceptibles d’être adoptées par le gouvernement.

Emmanuel Nahshon devant le ministère des Affaires étrangères à Jérusalem, le 28 janvier 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’ambassadeur d’Israël en Belgique, Emmanuel Nahshon, a déclaré vendredi au Times of Israël « qu’au lieu de faire pression sur Israël, la Belgique devrait encourager les Palestiniens à cesser leur refus persistant à reprendre les négociations ».

Dans son préambule, le projet de loi fait référence à deux reprises à d’anciens responsables israéliens ayant mis en garde contre le fait qu’Israël devienne un État d’apartheid en cas d’annexion.

Un haut responsable de la Maison Blanche a déclaré jeudi que l’administration Trump n’avait pas pris de décision finale sur son soutien éventuel aux plans d’annexion d’Israël. Il est très peu probable que Jérusalem poursuive son projet sans l’approbation américaine.

Mercredi, la commission des Affaires étrangères du Parlement belge débattra à nouveau de la deuxième résolution sur la reconnaissance par Bruxelles d’un État palestinien. Un vote sera organisé en plénière dans deux semaines.

En février 2015, le Parlement belge avait adopté une résolution exhortant le gouvernement à tenter de former une majorité au sein de l’Union européenne pour la reconnaissance d’un État palestinien. La nouvelle résolution est néanmoins beaucoup plus directe dans sa demande de reconnaissance immédiate.

Elle appelle ainsi à la « reconnaissance formelle de l’État de Palestine à côté de l’État d’Israël » et exhorte le gouvernement à considérer cet acte comme « la contribution de la Belgique à une solution, fondée sur la coexistence de deux États démocratiques et indépendants qui ont le droit de vivre dans la paix et la sécurité, avec des frontières mutuellement reconnues et respectées ».

La motion demande en outre à Bruxelles de plaider pour une reconnaissance similaire par d’autres États européens.

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