Le rejet palestinien retarderait indéfiniment l’annonce du plan de paix de Trump
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Le rejet palestinien retarderait indéfiniment l’annonce du plan de paix de Trump

Selon un responsable de l’AP, le président américain a échoué en sollicitant les pays arabes pour contourner Abbas et négocier en son nom

Khaled Abu Toameh est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à gauche, et le président américain Donald Trump au Palace Hotel de New York, le 20 septembre 2017. (Crédit : Brendan Smialowski/AFP)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à gauche, et le président américain Donald Trump au Palace Hotel de New York, le 20 septembre 2017. (Crédit : Brendan Smialowski/AFP)

L’administration américaine aurait décidé de reporter indéfiniment l’annonce de sa proposition de paix tant attendue après avoir conclu qu’elle ne pouvait imposer un tel accord aux Palestiniens.

Les Américains sont parvenus à cette conclusion après avoir réalisé qu’aucun pays arabe ne serait disposé à coopérer sur ce projet tant que les Palestiniens s’y opposeraient fermement, a déclaré jeudi un haut responsable palestinien au journal Al Hayat, basé à Londres.

Le responsable a déclaré que l’administration américaine avait espéré que certains des pays arabes remplaceraient les Palestiniens à la table des négociations avec Israël après l’annonce du plan Trump.

Cependant, a précisé le responsable, les Américains n’ont pas réussi à trouver une seule partie arabe disposée à accepter le plan tant que les Palestiniens continuait à le rejeter. « C’est pourquoi les Américains ont décidé d’abandonner le plan », a ajouté le responsable.

« L’administration américaine est à la recherche d’un plan qui soit durable et acceptable pour les parties, ce qui nécessite un délai et une considération supplémentaires », ont déclaré des sources diplomatiques occidentales au journal.

« Il n’est pas possible d’imposer le plan par la contrainte aux Palestiniens », ont-ils déclaré. « Les Israéliens et les Palestiniens doivent d’abord accepter le plan. Ensuite, d’autres parties arabes seront inclues. »

Selon les sources, le plan de Trump, qu’il a appelé « l’accord du siècle » mais qui n’a pas encore été rendu public, comporte deux phases : dans un premier temps, le lancement du plan, puis les négociations bilatérales.

« Le plan propose un point de départ aux deux parties, après quoi elles achèveront les négociations sur les phases restantes, en particulier les frontières », ont indiqué les sources au correspondant du journal à Ramallah.

Les responsables palestiniens ont déclaré que le rejet brutal du plan de Trump par le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a incité l’administration américaine à retarder son annonce de l’initiative de paix.

Un responsable palestinien aurait déclaré que la décision de Trump du 6 décembre de reconnaitre Jérusalem comme la capitale d’Israël avait saboté son plan avant même qu’il ne soit annoncé.

« Si Trump n’avait pas fait son annonce sur Jérusalem, il aurait été plus difficile pour les Palestiniens de dire non au retour à la table des négociations avec Israël sur la base du plan de paix Trump », a déclaré le responsable, qui a souhaité conserver son anonymat.

« Mais son annonce sur Jérusalem ne nous permet pas de revenir aux négociations. Et sans notre participation, il n’y aura pas de discussions et pas de plan. »

Récemment, d’autres sources arabes ont suggéré que l’administration Trump pourrait retarder son plan de paix jusqu’à l’ère post-Abbas, à la lumière d’informations non confirmées faisant état de la détérioration de l’état de santé du président de l’AP.

L’opposition ferme d’Abbas au plan Trump a rendu difficile la tâche à tout politicien palestinien, maintenant et dans le futur, a noté l’article publié jeudi.

Osama Qawassmeh, un porte-parole de la faction dirigeante du Fatah d’Abbas, a déclaré jeudi que le prétendu plan de Trump serait un « accord de la honte » pour quiconque s’y engage ou l’accepte.

Abbas, a-t-il ajouté, « dirige la bataille de la volonté, de la fermeté, de la fermeté et de la dignité face aux tentatives d’imposer la vision israélo-américaine à notre peuple ».

Le dirigeant palestinien, a-t-il ajouté, continuera à soutenir son peuple contre « le racisme israélien et l’arrogance américaine ». Qawassmeh a accusé l’administration américaine de « soutenir les positions des sionistes extrémistes dans le monde ».

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