Le seul et unique centre à se servir de la musique pour traiter de la sclérose en plaques
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Le seul et unique centre à se servir de la musique pour traiter de la sclérose en plaques

Le programme thérapeutique du Centre Grabski aide les personnes vouées au fauteuil roulant à pouvoir "chanter leur chanson"

Luke Tress est le vidéojournaliste et spécialiste des technologies du Times of Israël

Des étudiants au centre Grabski (Autorisation)
Des étudiants au centre Grabski (Autorisation)

Un centre de traitement pour patients souffrant de maladies dégénératives motrices situé dans le nord d’Israël utilise la technologie pour fournir de la thérapie musicale à ses résidents.

Le programme, le premier du genre dans le monde, permet aux patients de jouer de la musique, même si certains sont à peine capables de bouger un doigt.

« La sensation que les patients obtiennent en jouant de la musique est extraordinaire », a déclaré Eitan Lewis de Thalamus RDM, une équipe de recherche et de design qui a créé le programme avec le Centre de Sclérose multiple Grabski dans la ville du nord d’Israël de Migdal Haemek.

« Cela montre qu’il n’y a pas de limites », a déclaré Lewis.

Le programme utilise des technologies déjà existantes qui sont très sensibles aux légers mouvements, comme le biofeedback [rétrocontrôle biologique] et la projection cartographique, pour permettre aux patients souffrant d’une mobilité réduite ou plus invalidante de composer et de jouer une musique.

La sclérose en plaques est une maladie dégénérative qui touche le système nerveux central, en particulier le cerveau, les nerfs optiques et la moelle épinière et limite par conséquent progressivement la capacité de mouvement des patients. La cause de la maladie est inconnue et il n’y a pas de traitement.

Le Centre Grabski, qui est sponsorisé par l’organisation de charité Colel Chabad, espère améliorer la qualité de la vie de ses résidents avec ses programmes, qui inclut la psychothérapie, la physiothérapie, l’art et les céramiques.

L’infrastructure compte actuellement 40 résidents.

Le nouveau directeur du centre, Kobi Visel, a décidé il y a environ six ans, d’ajouter une salle de musique pourvue de guitares, de tambours et d’autres instruments aux programmes du centre.

Dor Azriel, le PDG de Thalamus RDM, a entendu parler du programme et est entré en contact avec Visel. Il a visité le centre et a demandé aux résidents combien d’entre eux pouvaient tenir une guitare. Seulement deux.

Kobi Visel (Autorisation)
Kobi Visel (Autorisation)

Chaque résident a une capacité de mouvement différente, mais 90 % sont capables de faire seulement des petits mouvements du poignet à l’horizontal. Le défi consistait à permettre aux personnes de jouer chacun de la musique avec les mouvements qu’ils étaient capables de faire.

« Nous voulons que tout le monde soit capable de jouer de la musique même s’il ne peuvent pas bouger un doigt », a déclaré Azriel.

Azriel, est originaire de Dimona. Il a connu la musique électronique depuis qu’il avait huit ans. Il a travaillé dans la musique et le son pour la radio de l’armée au cours de son service militaire.

Son entreprise se spécialise dans le développement de thérapies utilisant la musique, et la technologie rendant la musique accessible à ceux qui sont physiquement mis à l’épreuve.

Après des discussions, Azriel et des officiels du centre ont décidé d’adapter les outils existants que la compagnie avait déjà développés pour le projet. Plus tard, des étudiants en physique et en biologie du Technion se sont également impliqués dans le projet.

« Nous ne voulions rien faire de spécial, juste acheter quelques instruments, a déclaré Visel. Mais les choses se sont terminées différemment. Il n’existe pas de salle de musique comme celle-ci dans le monde ».

La salle de musique comprend huit stations qui peuvent être utilisées simultanément par les patients, se tenant debout ou assis dans un fauteuil roulant.

Des lumières colorées et sensibles au mouvement rayonnent depuis le plafond. Il y a aussi des écrans derrière chaque station, avec des bongos, des guitares et un clavier Yamaha dans un coin.

Des capteurs mesurent les mouvements des participants, qui peuvent choisir les sons des instruments qu’ils veulent entendre grâce à une application. Différents mouvements génèrent des sons différents ; le mouvement d’un bras, par exemple, peut raisonner comme le grattage d’une guitare.

La salle donne aux résidents la possibilité de s’exercer, même s’ils ne font que soulever leurs doigts. Le programme les aide à faire des mouvements, auxquels ils ne sont pas généralement habitués, comme des exercices consistant à faire bouger ses épaules.

Oded Stern (Autorisation)
Oded Stern (Autorisation)

Plus importante est la valeur thérapeutique de la musique, selon les résidents.

« J’aime la musique. J’en ai joué depuis mon plus jeune âge », a dit Oded Stern, qui vit au centre depuis environ deux ans et demi et qui avait l’habutude de jouer du piano. « Grâce à cette salle, je ne pense pas à ma maladie. »

Stern souligne que la salle est accessible aux résidents qui ne disposent pas d’un bagage musical. « Nous voulons des gens qui ne connaissent pas la musique, pour pouvoir établir cette connexion », a expliqué Stern. « Les choses peuvent être compliquées, nous voulions les rendre simples. »

Les initiateurs du programme espèrent l’étendre à l’avenir, et il y a déjà des plans pour ouvrir une salle de musique similaire à Jérusalem. « Il n’y a pas de fin, la salle va continuer à se développer », a annoncé Visel. « Nous voyons cela comme quelque chose qui ne fait que commencer. »

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