L’épouse d’Eichmann lui a rendu visite en Israël
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L’épouse d’Eichmann lui a rendu visite en Israël

Des archives déclassifiées révèlent les coulisses d'un secret de l'histoire d'Israël

Gideon Hausner, le procureur israélien du procès d'Adolf Eichmann (gauche) et Gabriel Bach, à Jérusalem, en 1961. (Crédit : GPO/Flash90)
Gideon Hausner, le procureur israélien du procès d'Adolf Eichmann (gauche) et Gabriel Bach, à Jérusalem, en 1961. (Crédit : GPO/Flash90)

Les Archives d’Etat révèlent que Vera Eichmann, l’épouse du seul nazi exécuté après un procès en Israël, lui a rendu visite en prison les jours précédents son exécution.

En outre, les archives déclassifiées révèlent qu’une discussion avait eu lieu au sein du gouvernement sur l’opportunité de demander au président de gracier l’officier nazi, après qu’un appel de sa condamnation à mort a été rejeté par un tribunal.

La visite de l’épouse d’Eichmann était un secret bien gardé, et jusqu’à récemment, aucune confirmation n’avait été faite.

Eichmann a été enlevé par des agents du Mossad en Argentine en 1960 et amené en Israël. Il a été pendu dans la nuit du 31 mai au 1er juin 1962, il y a exactement 53 ans.

Deux mois avant l’exécution d’Eichmann, sa femme a déposé une demande (par l’intermédiaire de son avocat) auprès du ministre de la Justice de l’époque, Yossef Dov, pour rencontrer son mari avant son exécution.

Yossef avait soulevé la question avec le gouvernement et avait déclaré qu’il serait difficile pour Israël de résister à la critique internationale s’il rejetait la demande.

La ministre des Affaires étrangères de l’époque, Golda Meir, avait répliqué, « cela peut être fait à une condition expresse : elle viendra, elle sera autorisée à le voir, et elle quittera le pays. Cela pourrait prendre jusqu’à 24 heures, mais pas plus. »

Le député Yaacov Hazan avait insisté à l’époque pour que le gouvernement écourte la visite et rende impossible toute intimité – Vera a été accompagnée par des officiers du service pénitentiaire d’Israël pendant toute la durée de la visite – « dans le but de l’empêcher de passer le plus humainement dans l’autre monde ».

Golda Meir lui répondit sèchement : « En outre, personne n’est intéressé par son passage dans l’autre monde alors qu’elle est dans le pays. »

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