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Les 100 sénateurs américains à l’ONU : Mettez fin à cette “inacceptable” partialité anti-Israël

L'ensemble des membres du Sénat ont écrit à Antonio Guterres, exigeant une profonde réforme de l'organisation internationale

Nikki Haley, ancienne ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU, pendant une réunion du Conseil de sécurité sur la situation au Moyen-Orient à New York, le 12 avril 2017. (Crédit : Spencer Platt/Getty Images/AFP)
Nikki Haley, ancienne ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU, pendant une réunion du Conseil de sécurité sur la situation au Moyen-Orient à New York, le 12 avril 2017. (Crédit : Spencer Platt/Getty Images/AFP)

Les 100 sénateurs américains ont paraphé une lettre adressée au Secrétaire général Antonio Guterres jeudi, demandant à mettre fin à l’inacceptable” obsession anti-Israël qui sévit dans l’instance internationale.

La lettre acerbe, rédigée par Marco Rubio, sénateur républicain en Californie et Christopher A. Coons, sénateur démocrate dans le Delaware, et publiée vendredi, a été signée par tous les membres du Sénat.

« Par les mots et par les actions, nous vous appelons à vous assurer qu’Israël ne soit traité ni mieux ni moins bien qu’un autre État-membre des Nations unies », peut-on lire dans la lettre, qui décrit le ciblage systématique d’Israël comme « inacceptable ».

La lettre appelle à la mise en œuvre de mesures concrètes pour améliorer le traitement d’Israël par l’organisation, et spécifiquement par l’UNRWA, qui gère les réfugiés palestiniens, le Conseil des Droits de l’Homme pour son obsession de l’État juif, et l’UNESCO, qui a nié les liens unissant le peuple juif aux lieux saints de Jérusalem.

Les sénateurs ont appelé les Nations unies à abroger ou réformer « un certain nombre de commissions, qui, bien trop souvent, ne remplissent aucun autre rôle que celui d’attaquer Israël et d’inspirer le mouvement anti-Israël Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS). »

Danny Danon, ambassadeur d'Israël auprès des Nations unies, devant le Conseil de sécurité, le 19 octobre 2016. (Crédit : Nations unies)
Danny Danon, ambassadeur d’Israël auprès des Nations unies, devant le Conseil de sécurité, le 19 octobre 2016. (Crédit : Nations unies)

Tout en félicitant l’UNESCO pour son travail important sur l’enseignement de la Shoah, les sénateurs ont critiqué l’organe onusien qui autorise ses États-membres à « maintenir leurs mesures qui prennent Israël pour cible et nient que Jérusalem a une histoire chrétienne et juive. »

La lettre indique également que l’UNRWA « doit entreprendre des réformes, au risque de subir d’importantes conséquences ».

Jérusalem considère que l’UNRWA est l’un des organes onusiens les plus problématiques. Les responsables israéliens accusent l’organisation de collaborer avec l’organisation terroriste du Hamas à Gaza et de faciliter la provocation anti-juive, voire même le terrorisme à l’encontre des civils israéliens dans ses manuels scolaires. Plus d’un tiers du budget de l’UNRWA provient des États-Unis. »

Et les sénateurs soulignent que le « plus troublant », c’est le Conseil des Droits de l’Homme qui est « chargé de faire la lumière sur les violations des droits de l’homme ».

La lettre stipule que « le Conseil des Droits de l’Homme – qui compte parmi ses membres des pays qui violent notoirement les droits de l’homme – passe le plus clair de son temps à attaquer Israël sans raison ».

Les sénateurs ont évoqué le fait qu’Israël est le seul pays avec un point fixe (le point 7) à l’ordre du jour de chaque session du Conseil, simplement destiné à vilipender Israël, « alors même que d’autres pays, dont des pays représentés au Conseil, violent ouvertement les droits de l’homme, au quotidien, contre leurs citoyens ».

Bien qu’il n’y ait aucune menace directe quant à la suspension du financement par les États-Unis, la lettre indique que les États-Unis sont un contributeur majeur de l’instance internationale.

Le sénateur républicain de Floride Marco Rubio lors de son discours devant la Coalition juive républicaine au Ronald Reagan Building, à Washington, D.C., le 3 décembre 2015. (Crédit : Alex Wong/Getty Images/AFP)
Le sénateur républicain de Floride Marco Rubio lors de son discours devant la Coalition juive républicaine au Ronald Reagan Building, à Washington, D.C., le 3 décembre 2015. (Crédit : Alex Wong/Getty Images/AFP)

« En tant que membre fondateur principal des Nations unies, et en tant que contributeur principal, les États-Unis insistent sur la mise en place d’une réforme. Nous sommes engagés envers le leadership international et le respect des droits de l’homme, mais le ciblage intempestif d’Israël par le Conseil des Droits de l’Homme et par d’autres instances de l’ONU est inacceptable. »

Au début de cette semaine, Guterres a déclaré que les Nations unies doivent lutter contre la partialité anti-Israël à l’ONU.

 António Guterres, secrétaire général des Nations unies, à Riyad, le 12 février 2017. (Crédit : Mohammed Al Deghaishim/Nations unies)
António Guterres, secrétaire général des Nations unies, à Riyad, le 12 février 2017. (Crédit : Mohammed Al Deghaishim/Nations unies)

Durant l’assemblée plénière du Congrès juif mondial à New York à l’occasion de Yom HaShoah, le chef de l’ONU s’est engagé à lutter contre la partialité anti-Israël à l’ONU et a ajouté que l’État juif devait être traité comme n’importe quel état membre. Il a déclaré qu’en tant que secrétaire général, il sera « en première ligne du combat contre l’antisémitisme », et il a qualifié sa recrudescence en Europe et aux États-Unis d’ « absolument inacceptable ».

Il a promis qu’il « s’assurerait que les Nations unies soient en mesure de mener toutes les actions possibles pour que l’antisémitisme soit condamné, et si possible, éradiqué de la surface de la Terre. ».

Le président américain Donald Trump a placé la défense de l’État juif au cœur de sa politique étrangère. « Je m’oppose aux actions injustes et unilatérales menées par les Nations unies contre Israël », avait-il dit le 15 février, durant sa conférence de presse avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Washington.

L’ambassadrice américaine à l’ONU Nikki Haley avait déclaré qu’il y avait et « il y a un nouveau shériff en ville » et que « l’époque où l’on dénigrait Israël » est révolue. Si les États-membres de l’organisations continuent à diaboliser l’État juif, « nous allons frapper à chaque fois », avait-elle déclamé à la conférence annuelle de l’AIPAC.

Durant une réunion au Département d’État en mars, le ministre de la Défense Avigdor Liberman a exhorté le Secrétaire d’État Rex Tillerson à envisager de quitter le Conseil des Droits de l’Homme et de ne plus financer l’UNRWA.

Au début du moi, Erin Barclay, envoyée spéciale des États-Unis a critiqué le conseil pour l’attention disproportionnée qu’elle accorde à Israël.

« De manière regrettable, un trop grand nombre d’actions de ce conseil ne soutiennent pas ces principes universels. En effet, elles les contredisent », avait-elle déclaré.

« Aucun autre pays n’est au centre de l’attention d’une question à l’ordre du jour […]. Cette obsession au sujet d’Israël […] est la plus grande menace pour la crédibilité du conseil », a déclaré Barclay, diplomate chevronnée.

« Cela limite les choses que nous pouvons accomplir car le conseil est ridiculisé. Les États-Unis s’opposeront à toute tentative de délégitimer ou d’isoler Israël. »

Raphael Ahren a contribué à cet article.

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