Les autorités tentent en vain de rassurer les Israéliens qui stockent des vivres
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Les autorités tentent en vain de rassurer les Israéliens qui stockent des vivres

Le directeur général du ministère de la Santé appelle les Israéliens à ne pas "prendre d'assaut" les supermarchés, alors que le pays se prépare à de nouvelles mesures

Un supermarché de Tel Aviv le 14 mars 2020 (Crédit : capture d'écran)
Un supermarché de Tel Aviv le 14 mars 2020 (Crédit : capture d'écran)

Le directeur général du ministère de la Santé a appelé samedi les Israéliens à ne pas « prendre d’assaut » les supermarchés, alors que le pays se prépare à adopter de nouvelles mesures de grande ampleur censées freiner la propagation du coronavirus mortel.

« Citoyens israéliens, les supermarchés resteront ouverts. Point. Il n’y a aucune raison de les prendre d’assaut », a expliqué Moshe Bar Siman-Tov dans un communiqué du ministère, ajoutant : « Dans tous les scénarios possibles, les supermarchés resteront ouverts. Je demande au public de se comporter de manière responsable et d’écouter les instructions des autorités. »

Les épiceries et les supérettes ouvertes pendant Shabbat ont fait état d’une ruée importante, avec de longues files d’attente se formant parfois jusqu’à l’extérieur, selon la radio de l’armée.

À Ashdod, la police a même dû être déployée devant une épicerie, toujours selon la même source.

Les autorités israéliennes ont souligné qu’il n’y avait aucune perspective de pénurie alimentaire en Israël. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré aux Israéliens jeudi qu’il n’y avait « aucune raison de prendre d’assaut les supermarchés ».

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Le chef de la Fédération des agriculteurs israéliens, Avshalom Vilan, a également indiqué qu’il n’y avait aucune raison de s’inquiéter quant à l’approvisionnement alimentaire du pays et que les supermarchés resteront ouverts, quelles que soient les nouvelles restrictions qui seront mises en place pour contenir le coronavirus.

« L’agriculture israélienne sait comment produire tous les produits frais : légumes, fruits, viande, œufs et produits laitiers. Il ne manque pas non plus de riz, ni de sucre et ni de viande importés de l’étranger », a expliqué Avshalom Vilan.

La porte-parole du Premier ministre Netanyahu a aussi tenté de rassurer les Israéliens sur le fait qu’il n’y a « aucune raison, ni justification » à stocker des vivres.

« Les usines alimentaires en Israël continueront de fonctionner de manière ordonnée et les importations de nourriture en Israël continueront », a déclaré Shir Cohen, citée par des médias en hébreu, soulignant que les Israéliens pourront se rendre dans les supermarchés et les pharmacies, quelles que soient les nouvelles mesures, que le Premier ministre Benjamin Netanyahu annoncera samedi soir.

Netanyahu tiendra une réunion à 18h30 pour décider de nouvelles restrictions dans la lutte contre le coronavirus, a rapporté la radio de l’armée. Netanyahu aurait, a priori, à choisir entre un arrêt général de l’économie, à l’exception des services essentiels, ou selon ce que la station de radio a appelé un « format Shabbat », ce qui entraînerait l’arrêt de la moitié de l’économie.

Le gouvernement serait en train de préparer le pays à une situation d’état d’urgence en ce qui concerne les médicaments, le carburant, l’électricité, les transports publics et d’autres services essentiels.

« Nous nous préparons logistiquement dans les prochains jours à faire la transition vers une économie en période d’urgence », a déclaré une source impliquée dans les délibérations en question.

La Banque centrale d’Israël a par ailleurs affirmé que les distributeurs automatiques de billets continueront de fonctionner comme d’habitude, selon des médias en hébreu. Une source de la Banque centrale a annoncé à la Treizième chaîne que même si les banques ferment dans le cadre de nouvelles restrictions pour contenir le coronavirus, il n’y aura pas de pénurie de liquidités dans les distributeurs automatiques de billets.

Une employée d’Osem remplit les rayons d’un supermarché Rami Levy à Jérusalem, le 20 février 2020. (Sue Surkes/Times of Israel)

Les ruées vers les supermarchés concernent beaucoup d’autres pays malgré les tentatives des entreprises et des gouvernements de rassurer les citoyens.

« Samedi après-midi, il y a eu certaines ruptures sur les conserves sucrées, salées, sur les pâtes et le riz. C’est le vieux réflexe français de stockage, on sent une volonté claire des consommateurs de stocker », admet Richard Girardot, président de l’Association des industries agroalimentaires (Ania) dans un entretien à l’AFP.

Sur la semaine du 2 au 8 mars, les ventes de produits de grande consommation se sont envolées en France : +5,6 %, alors que la moyenne hebdomadaire de croissance sur ces produits était de 2 % en 2019, selon l’indicateur de référence Nielsen. Les produits d’épicerie dépassent tous les plafonds : les ventes de riz, pâtes et conserves ont bondi de 21 % sur la semaine, après +13 % la semaine d’avant.

Lundi soir, après l’allocution du Premier ministre Giuseppe Conte, des supermarchés ouverts 24/24 ont été pris d’assaut à Rome et à Naples par des Italiens paniqués face à l’interdiction des déplacements non indispensables. « Pommes de terres, biscottes, lait, sucre, farine, mais aussi savons et désinfectants, partent en premier, comme en temps de guerre », a raconté un vendeur à l’agence Ansa.

Zone la plus touchée du pays avec plus de 2 600 cas, la région de Madrid a ordonné la fermeture samedi de tous les commerces à l’exception des pharmacies, des stations-service, des bureaux de tabac et des supermarchés, où les gens ont fait la queue vendredi pour faire des réserves.

L’AFP a contribué à cet article.

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