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Les avocats des victimes de Mohamed Merah convaincus de la culpabilité de son frère et « mentor »

"Vous avez perdu. Vous n'imaginiez pas à quel point nous aimons la vie," a déclaré Maître Simon Cohen

Me Simon Cohen, avocat des victimes de l'école Ozar Hatorah de Toulouse, à l'ouverture du procès des complices présumés de Mohamed Merah, à Paris, le 2 octobre 2017. (Crédit : Martin Bureau/AFP)
Me Simon Cohen, avocat des victimes de l'école Ozar Hatorah de Toulouse, à l'ouverture du procès des complices présumés de Mohamed Merah, à Paris, le 2 octobre 2017. (Crédit : Martin Bureau/AFP)

Les avocats des victimes de Mohamed Merah ont entamé jeudi leurs plaidoiries en affichant leur conviction sur la culpabilité du frère du « tueur au scooter », qui comparaît depuis quatre semaines devant la cour d’assises de Paris.

« Mohamed Merah était fort parce qu’il n’était pas seul. Abdelkader était devenu son modèle », a déclaré Me Simon Cohen, représentant la majorité des 300 parties civiles.

Abdelkader Merah, frère aîné de Mohamed, « était là tout le temps comme s’il lui tenait la main. Il a trouvé un disciple et en a fait un soldat », a-t-il affirmé.

Abdelkader Merah est jugé pour « complicité » des sept assassinats perpétrés au nom du jihad par son frère en mars 2012, dont quatre dans une école juive de Toulouse. Il comparaît auprès d’un délinquant, Fettah Malki, qui a fourni l’une des armes et un gilet pare-balles utilisés par Mohamed Merah, finalement abattu par la police.

« Mohamed Merah était inspiré par le penseur, le sachant, son mentor : son frère », a abondé Me Olivier Morice, avocat d’un des militaires assassinés.

Me Philippe Soussi, avocat d’un adolescent blessé à l’école juive de Toulouse, a, lui, dénoncé la défense de l’accusé comme « une imposture ».

« Abdelkader Merah serait une sorte d’otage, victime d’un acharnement. ‘Jamais, moi Abdelkader Merah, je ne serais au courant des projets de mon frère, jamais je n’ai participé au vol du scooter, jamais je n’ai menti…’ Franchement, si on l’écoute, sa vie c’est ‘peace and love’, le Martin Luther King (de la cité toulousaine) des Izards : soyons sérieux ! », a-t-il lancé.

Alors que la défense a sans relâche pointé l’insuffisance des preuves étayant l’accusation, Me Cohen a insisté : « Comme on parle d’un doute raisonnable, on doit aussi parler d’une preuve raisonnable ».

Il a livré à la cour la mission impossible confiée par son client, père de la fillette de huit ans tuée à l’école Ozar Hatorah : « Essayez de trouver les mots pour dire l’indicible ».

« Ce que j’éprouve, c’est que tant que nous parlerons, que nous plaiderons, les victimes ne seront pas tout à fait mortes. Alors, j’essaye de les retenir encore un peu », a-t-il dit.

‘Un procès hors norme’

Me Morice a évoqué « un procès singulier, hors norme », « marquant dans l’histoire du terrorisme français » par « la nouveauté » du mode opératoire et « la conception des attentats ».

Revenant sur l’image du loup solitaire évoquée à l’époque par les autorités, l’avocat a expliqué qu’il s’agissait pour le pouvoir « de se justifier devant l’opinion publique de son incapacité à prévenir ces attentats ».

Pour Me Cohen, « on a affaire, dans ce dossier, à une mouvance protéiforme dont personne ne sait jusqu’où elle s’étend. Elle peut donner lieu à des actions organisées ou presque spontanées. Et il n’est pas nécessaire pour en faire partie de se réunir en nombre, celui qui s’y agrège accepte le tout, chaque goutte de sang versé ».

Quant aux éléments matériels, « nous avons les documents » retrouvés sur l’ordinateur d’Abdelkader Merah, dont « 10 % » concernaient notamment des cours de préparation au jihad, a-t-il pointé.

« Ce n’est que 10 %, mais c’est 10 % de feu, de lames coupantes sur lesquelles les enfants ont marché, 10 % de fureur, de colère, de terreur. Ce bréviaire, c’est l’association de malfaiteurs terroristes en action », a-t-il asséné.

« La cour dira si Abdelkader Merah a été le mentor de son frère mais je crois que vous avez perdu », a enchaîné Me Soussi à l’adresse des deux accusés.

« Vous vouliez un monde sans juif, sans chrétien, sans militaire, un monde sans kouffars (mécréants), comme d’autres ont voulu un monde sans terrasse et sans concert », a-t-il poursuivi en référence aux attentats parisiens de novembre 2015 sur des terrasses de café et au Bataclan.

« Vous avez perdu. Vous n’imaginiez pas à quel point nous aimons la vie ».

Les plaidoiries des parties civiles sont prévues jusqu’à vendredi soir. Les réquisitions sont attendues lundi.

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