Les banques refusant de prêter, la crise souligne le manque crucial de crédit
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Les banques refusant de prêter, la crise souligne le manque crucial de crédit

La banque à but non lucratif Ogen veut combler le vide avec des prêts garantis par des philanthropes, mais il en faut davantage contre la pénurie financière causée par la pandémie

Des propriétaires de stands d'alimentation au marché de Mahane Yehuda protestent contre la fermeture de leurs entreprises, qui ont été fermées pendant plusieurs semaines pour tenter d'arrêter la propagation du coronavirus, le 25 avril 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)
Des propriétaires de stands d'alimentation au marché de Mahane Yehuda protestent contre la fermeture de leurs entreprises, qui ont été fermées pendant plusieurs semaines pour tenter d'arrêter la propagation du coronavirus, le 25 avril 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Racheli Amar, une esthéticienne d’Ashdod qui propose des soins des sourcils, du visage et des traitements au laser depuis 17 ans, a vu ses revenus chuter lorsque le coronavirus est apparu en Israël, envoyant ses clients en quarantaine chez eux avec le reste des entreprises et des ménages du pays.

C’était en mars, avant Pessah, et elle venait de faire des provisions de crèmes et de lotions en prévision de l’une de ses périodes d’activité les plus chargées – alors que le temps en Israël devient clément et que les clients se pressent dans sa boutique pour se refaire une beauté avant la fête.

« C’est une période où je travaille habituellement de 8h à 23h », déclarait-elle lors d’un récent entretien téléphonique avec le Times of Israel.

Au lieu de cela, à cause du confinement, son activité s’est arrêtée. À court d’argent, elle s’est vue obligée de demander à sa banque une ligne de crédit pour l’aider à payer ses factures.

« J’ai téléphoné, j’ai envoyé des e-mails, mais personne ne m’a répondu », dit-elle.

Racheli Amar, une esthéticienne installée à Ashdod. (Autorisation)

Son consultant en affaires lui a suggéré d’essayer d’obtenir un prêt auprès d’Ogen, un organisme à but non lucratif accordant des prêts à faible ou sans taux intérêt pour les petites entreprises. Quelques jours après avoir fait sa demande, elle en a obtenu un de 50 000 shekels (12 500 euros). Cela lui a permis de ne plus se faire de soucis, dit-elle.

« Je suis une petite entreprise », commente Racheli Amar, mère célibataire et seule à subvenir aux besoins de ses deux fils. « Comment payer, si vous n’avez pas de liquidités ? Je n’ai pas travaillé pendant des mois. J’étais sous pression – et le prêt m’a apporté une tranquillité d’esprit. Quand on a l’esprit tranquille, on peut penser différemment et trouver des solutions. J’ai donc commencé à vendre des produits cosmétiques. Grâce au prêt que j’ai obtenu, j’ai retrouvé la tranquillité d’esprit”.

L’histoire de Racheli Amar reflète celle de beaucoup d’autres – les propriétaires de bars, de restaurants, d’échoppes de falafels, de salles de spectacles et de magasins qui ont été parmi les plus durement touchés par la crise, contraints de fermer et parmi les derniers à rouvrir.

Des propriétaires de stands d’alimentation au marché de Mahane Yehuda protestent contre la fermeture de leurs entreprises, qui ont été fermées pendant plusieurs semaines pour tenter d’arrêter la propagation du coronavirus, le 25 avril 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

La pandémie, qui a touché plus de 7,1 millions de personnes dans le monde et en a tué plus de 400 000, a provoqué des ravages économiques, les gouvernements ayant mis en place des mesures de confinement afin de freiner la propagation du virus.

Israël, où le nouveau coronavirus a contaminé plus de 18 000 personnes et en a tué 300, a connu des niveaux de chômage sans précédent, qui ont grimpé à quelque 28 % fin avril, dépassant pour la première fois le million. Le chômage avait atteint un niveau record de moins de 4 % au début du mois de mars.

De nombreuses entreprises en difficulté, jugées trop risquées, se sont vu refuser des prêts par leurs banques alors même que le gouvernement a mis en place un fonds d’urgence de 8 milliards de shekels pour les prêts aux entreprises garantis par l’État.

Afin de rendre les prêts bancaires plus sûrs, la banque centrale a abaissé les exigences de fonds propres que les prêteurs doivent avoir dans leurs coffres – un ratio de fonds propres en pourcentage des actifs pondérés en fonction des risques – pour permettre au système d’augmenter le crédit à l’économie. La banque centrale a également assoupli la réglementation pour que les banques puissent permettre aux clients de reporter le remboursement de leurs prêts et a annoncé l’achat d’obligations pour 50 milliards de shekels afin de fournir des liquidités au marché.

L’ancienne contrôleuse des banques, Hedva Bar, a également appelé les banques à prendre en compte « les besoins de l’économie et des clients, même si cela nuira aux marges bénéficiaires du système bancaire à court terme ».

Des travailleurs indépendants et des propriétaires de petites entreprises participent à un rassemblement à Jérusalem, le 30 mars 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Mais les banques affirment que les garanties gouvernementales de 15 % ne sont pas assez élevées par rapport à celles fournies par d’autres pays. La crise a créé un plus grand risque de défaut de remboursement des prêts, disent-elles, et leur travail consiste à protéger l’argent de leurs clients.

Les cinq plus grandes banques israéliennes ont toutes fait état d’une baisse de leurs bénéfices au premier trimestre, les provisions pour pertes de crédit ayant augmenté, bien que quatre d’entre elles soient toujours dans le rouge et que toutes les cinq devraient maintenir leur solidité financière pour l’ensemble de l’année.

La banque Hapoalim Ltd, le plus grand prêteur d’Israël, a fait état d’un bénéfice net de 192 millions de shekels pour le trimestre, soit une baisse de 77 % par rapport aux 821 millions de shekels pour la même période de l’année précédente. En 2019, Hapoalim a réalisé un bénéfice de 1,8 milliard de shekels.

La banque Leumi Le-Israel Ltd. a enregistré une perte de 232 millions de shekels au cours du trimestre, contre un bénéfice net de 1,09 milliard de shekels au cours du même trimestre de l’année précédente. En 2019, le bénéfice de Leumi a atteint 3,5 milliards de shekels. Israel Discount Bank Ltd. a rapporté un bénéfice net pour le premier trimestre de l’année de 279 millions de shekels, en baisse par rapport aux 405 millions de shekels de l’année précédente. En 2019, la banque a enregistré un bénéfice de 1,7 milliard de shekels.

Les critiques portent sur la réticence des prêteurs qui « se goinfrent » à accorder des prêts aux entreprises, surtout lorsque l’on sait que ces mêmes banques ont été renflouées par le gouvernement avec l’argent des contribuables au début des années 1980.

Les PDG des deux plus grandes banques du pays, Hapoalim et Leumi Le-Israel, Dov Kotler et Hanan Friedman, touchent un salaire annuel de quelque 2,5 millions de shekels, après l’adoption par Israël en 2016 d’une loi plafonnant à ce niveau la rémunération des dirigeants des institutions financières, soit au maximum 44 fois le salaire net de l’employé le moins rémunéré de l’entreprise. Avant ce plafonnement, les salaires des PDG de banques atteignaient jusqu’à 8 millions de shekels par an.

« En période de prospérité, les banques ont réalisé d’énormes profits sur ces mêmes entreprises auxquelles elles tournent maintenant le dos », dénonce Roee Cohen, la présidente de la Fédération israélienne des organisations de petites entreprises. « Ce n’est pas juste envers leurs clients. Elles ont toujours fait des bénéfices en prêtant à des salles d’événements, des agences de voyage, des hôtels. Ce sont tous des secteurs très forts. Soudain, le coronavirus a tout changé. Les banques savaient alors comment faire des bénéfices, mais maintenant elles tournent le dos à ces mêmes clients. Je me serais attendu à ce qu’elles fassent preuve de plus de sensibilité envers leurs clients en cette période de besoin ».

Des travailleurs indépendants participent à un rassemblement réclamant le soutien financier du gouvernement devant la Knesset à Jérusalem, le 19 avril 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Dans une présentation du 12 mai, la Banque d’Israël a déclaré que le fonds pour les petites entreprises avec une garantie gouvernementale de 15 % « n’apporte pas de réponse à la plupart des entreprises à haut risque ».

Les données compilées par la banque centrale montrent qu’en mars et avril, le système bancaire a fourni une « augmentation significative » de crédits de quelque 20,9 milliards de shekels, mais un examen plus approfondi montre que cela ne signifie pas une aide accrue aux petites entreprises. Ce sont les grandes entreprises commerciales qui ont bénéficié d’une augmentation de crédits, alors que les petites entreprises ont en fait connu une baisse.

Priorité aux intérêts des actionnaires sur les besoins des clients

Le durcissement des conditions de prêt que connaissent ces petites entreprises a mis en évidence la façon dont les banques commerciales privées privilégient les intérêts des actionnaires plutôt que ceux de nombre de leurs clients. Les prêteurs non bancaires, qui sont entrés dans l’arène financière au cours des cinq à dix dernières années pour concurrencer les banques, ont également réduit leurs prêts et n’ont pas apporté de véritable alternative ni de plus grande variété d’options de crédit.

Ogen, un organisme à but non lucratif qui cherche à obtenir – et espère obtenir bientôt – une licence pour devenir la première banque sociale du pays, vise à combler cette lacune. Le prêteur a accordé des prêts à de petites entreprises, comme celle de Racheli Amar, qui ont été rejetées par les banques et qui cherchent à obtenir des crédits pour survivre.

Les fonds qu’elle peut fournir sont toutefois infimes comparés aux milliards de shekels de crédit nécessaires pour sortir l’économie de cette crise sans précédent.

Augmenter les risques, fournir plus de fonds

Ogen est en train de se transformer d’une organisation à but non lucratif qui fournit des crédits sans intérêt aux nouveaux immigrants et aux segments marginalisés de la société en une banque d’investissement à but non lucratif qui accorde des crédits à faible taux d’intérêt aux petites entreprises, aux organisations à but non lucratif et aux particuliers qui ont du mal à obtenir des fonds des banques commerciales.

Pendant la pandémie, Ogen a reçu un déluge de demandes de financement.

Sagi Balasha, le PDG d’Ogen, anciennement connu sous le nom d’Israel Free Loan Association (IFLA). (Autorisation)

« Nous comblons tout à fait un vide », indique Sagi Balasha, le PDG d’Ogen, dans un entretien téléphonique. « Les gens qui viennent à Ogen sont pour la plupart des gens qui ont été refusés par les banques, et ils n’ont pas d’autre solution ».

Les fonds dont dispose Ogen pour les prêts sont en partie de l’argent provenant de la philanthropie – qui n’a pas besoin d’être rémunéré – et en partie des investissements à impact social – qui exigent un rendement pour les investisseurs. La partie philanthropique des fonds sera celle qui permettra à Ogen d’absorber les défauts de paiement s’il y en a, a expliqué David Angel, directeur des partenariats stratégiques chez Ogen.

C’est ce modèle financier « semi-philanthropique » qui différencie Ogen des autres prêteurs, a-t-il dit, permettant à l’association à but non lucratif d’accepter plus facilement le risque.

« Nous savons que les personnes à faibles revenus n’ont pas toujours un taux de défaillance plus élevé que les personnes à revenus élevés », explique-t-il. « Mais, bien sûr, les banques préféreront toujours les personnes à hauts revenus et les grandes entreprises. C’est naturel. Parce qu’elles perçoivent les grandes entreprises comme moins risquées ». Les grandes entreprises et les particuliers sont également plus rentables : il faut presque autant de travail pour accorder un prêt d’un million de shekels qu’un prêt de 100 000 shekels et les banques gagnent plus d’argent avec un prêt plus élevé, détaille-t-il.

Lorsque le coronavirus a frappé, laissant de nombreuses personnes dans une situation de pénurie de crédit, Ogen a étendu ses activités. « Nous avons agi à l’opposé de tout le monde », indique David Angel. « Nous avons compris que notre rôle dans cette crise n’est pas de fermer nos portes, mais de les ouvrir encore plus – et de prendre plus de risques. Et comment pouvons-nous prendre plus de risques ? Nous devions trouver de l’argent et créer une réserve pour absorber les risques, et c’est exactement ce que nous avons fait ».

Au début du mois, Ogen a déclaré avoir recueilli 30 millions de dollars pour accorder des prêts d’urgence et un encadrement financier aux petites entreprises, aux associations à but non lucratif, aux chômeurs et aux salariés au chômage technique, et espère recueillir 70 millions de dollars supplémentaires pour développer davantage ses activités.

David Angel, directeur des partenariats stratégiques chez Ogen. (Autorisation)

Ogen accorde des prêts à trois secteurs principaux : des prêts à faible taux d’intérêt aux petites entreprises et aux organisations à but non lucratif, et des prêts sans intérêt aux familles dans le besoin.

Le taux d’intérêt pour les petites entreprises et les organisations à but non lucratif a été réduit de 5 % à 3 % par an. Les prêts sont accordés dans un délai de sept jours ouvrables et aucune caution n’est exigée.

Les prêts accordés aux familles sont sans intérêt et ne nécessitent pas non plus de garant.

« Notre modèle est un modèle de finance mixte », décrit M. Angel. Son avantage est qu’il place la philanthropie conventionnelle sur le même pied que le capital d’investissement. « En combinant ces deux classes d’actifs, nous sommes en mesure de prendre des risques et de les couvrir d’une manière pour laquelle aucune banque ou aucun prêteur commercial n’est fait… à moins qu’ils ne subissent une forte hausse des taux d’intérêt ».

Contrairement aux États-Unis, où les coopératives de crédit, le Community Development Financial Institutions Fund (CDFI Fund) et les banques communautaires forment une infrastructure sophistiquée pour amener les gens dans l’économie dominante, Israël n’a pas de solution systématique organisée pour la banque sociale et l’inclusion financière, souligne M. Angel.

« Ce que nous avons appris de cette crise, c’est à quel point une banque sociale est nécessaire », commente M. Balasha. « Parce qu’une banque privée dans ce type de situation doit continuer à être rentable, elle accorde moins de prêts à un prix élevé à des entreprises ou des familles moins risquées. Une banque sociale n’est pas motivée par le montant des dividendes » qu’elle doit verser aux actionnaires.

Cependant, l’argent qu’Ogen peut fournir aujourd’hui est encore une « goutte d’eau dans l’océan » en termes de crédit total nécessaire, rappelle M. Angel.

Depuis l’obtention de sa licence en janvier pour accorder des prêts à but lucratif via son fonds de prêts sociaux Ogen, Ogen a accordé quelque 2 000 prêts et espère prêter au moins 140 millions de shekels d’ici la fin de l’année, soit le double du montant accordé en prêts sans intérêt en 2019.

« Bien que nous soyons ravis de notre croissance et des 30 millions de dollars que nous avons collectés, nous restons aux alentours de 0,5 % du marché du crédit en Israël », précise M. Angel. « Nous sommes encore petits et nous avons besoin de croître, car la situation le prouve ».

Veronika Gal-Tzur, la fondatrice de l’entreprise de déménagement Lemon Deliveries. (Autorisation)

Veronika Gal-Tzur, 50 ans, divorcée et mère de trois enfants, a ouvert en 2016 une entreprise de fret, Lemon Deliveries, qui transporte des équipements et des marchandises pour les grandes entreprises.

Son entreprise, autrefois rentable, possède quatre camions et emploie cinq personnes. Avant la crise du coronavirus, elle a demandé un prêt bancaire pour acheter deux camions supplémentaires, qui lui a été refusé.

La crise du coronavirus a entraîné un problème de trésorerie pour son entreprise, car les clients ont mis du temps à payer, et la demande a chuté.

Elle a de nouveau demandé un prêt à la banque, dans le cadre du programme de garantie de prêt du gouvernement, et a de nouveau été refusée.

Ogen a accordé à l’entreprise de Veronika un prêt de 100 000 shekels dans les jours qui ont suivi sa demande.

Le prêt « m’a aidé à traverser cette période », confie-t-elle lors d’un entretien téléphonique. Même après avoir mis ses salariés en congé sans solde, elle avait encore des frais fixes élevés, notamment l’assurance et l’entretien de ses camions.

« Je travaille depuis des années avec mes banques et je m’attendais à ce qu’elles viennent à mon secours en cas de besoin », déplore-t-elle. « Mais cela n’a pas été le cas. Je suis très déçue ».

Ses activités se sont ralenties, mais son commerce est saisonnier, et cette année, elle a raté la période importante qui précède Pessah, lorsque ses camions font de nombreuses livraisons aux magasins avant la fête. « Le travail est revenu, mais pas autant qu’avant la crise ».

Pas assez mature

Israël a essayé d’augmenter et de diversifier ses fournisseurs de crédit en créant l’infrastructure juridique et des marchés de capitaux pour encourager la multiplication des prêteurs financiers non bancaires, tels que le groupe Nawi Brothers et Peninsula, qui ont attiré des investissements en capitaux propres de grandes institutions, et en séparant les sociétés de cartes de crédit des banques, qui ont traditionnellement eu le monopole des prêts locaux.

Le pays a également vu l’émergence d’une industrie naissante de prêts entre particuliers, laquelle est de plus en plus institutionnalisée puisque les assureurs et les gestionnaires d’actifs leur fournissent des lignes de crédit.

Terence Klingman — chef des investissements au sein de Heritage Family Office Partners Ltd. (Autorisation)

« Tous ces acteurs, y compris les banques, sont maintenant en mode défensif à cause de la crise du coronavirus », décrit Terence Klingman, responsable des investissements chez Heritage Family Office Partners Ltd, qui conseille des familles riches sur les placements à effectuer. « L’économie fonctionne à crédit, et dès que l’économie reprendra, tous ces acteurs seront de retour sur le marché ».

« La concurrence entre les banques et les prêteurs non bancaires est encore nouvelle et existe depuis 5 à 10 ans », précise-t-il. « Si elle était plus mature, il y aurait eu plus de choix de crédit. Malgré cela, il y a certainement de la place pour le financement du secteur tertiaire pour aider les gens à construire leur vie, ce qui peut avoir un immense avantage social ». Terence Klingman est également un ancien responsable de la recherche sur les ventes à Psagot Investment House, où il était chargé de surveiller les banques israéliennes.

Ce que disent les banques

Les banques, pour leur part, disent avoir augmenté le montant total des crédits qu’elles accordent, contrairement aux prêteurs non bancaires, qui ont complètement arrêté le crédit, préoccupés par le risque plus élevé que présente l’économie.

Les banques ont également permis à leurs clients de différer le remboursement de leurs prêts. Depuis le début de la crise jusqu’à la fin avril, les banques ont reporté les prêts d’environ 450 000 clients, pour un total de 5,2 milliards de shekels, un niveau « sans précédent », a rapporté la Banque d’Israël dans un communiqué en mai.

La banque centrale a déclaré dans sa présentation de mai qu’elle s’attend à ce que les pertes sur prêts des banques « augmentent de manière significative » cette année, en raison du chômage élevé déclenché par la crise du coronavirus. Ces pertes s’élèvent à 0,3 % du portefeuille de crédit des banques en 2019.

Ces pertes, ainsi que d’autres facteurs de marché, devraient affecter de manière significative « le résultat net des bénéfices des banques », a ajouté la banque centrale.

Malgré cela, les ratios de capital des banques, une mesure clé de la solidité financière d’une banque, devraient rester élevés, et le système bancaire sera capable de résister au choc, d’après elle.

De l’aide en route ?

Entre-temps, conscient des graves lacunes de son programme de garanties de prêts aux petites et moyennes entreprises, le ministère des Finances a présenté la semaine dernière à la commission des Finances de la Knesset une proposition visant à porter le programme de garanties de prêts à un total de 22 milliards de shekels, dont 4 milliards seront destinés aux entreprises à haut risque, et seront assortis de garanties de 60 %, contre
15 % pour les autres prêts.

Les données du ministère des Finances au 3 juin ont montré que sur 63 000 demandes de prêts garantis par le gouvernement, quelque 33 000 ont été approuvées pour les petites et moyennes entreprises, pour un total de 12,6 milliards de shekels, sur les 14 milliards de shekels approuvés dans le cadre du programme (contre 8 milliards de shekels à l’origine).

La piste de 4 milliards de shekels de prêts garantis par le gouvernement pour les entreprises à haut risque « permettra un flux de trésorerie rapide à toutes les entreprises de l’économie, même celles qui n’ont pas pu l’obtenir auprès des banques à ce jour », a assuré Rony Hizkiyahu, le comptable général au ministère des Finances, dans le communiqué du 3 juin.

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