Les députés du parti arabe expulsés de la Knesset pour avoir chahuté Pence
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Les députés du parti arabe expulsés de la Knesset pour avoir chahuté Pence

Les huissiers de la Knesset ont évacué les 13 députés de la Liste arabe après qu'ils ont brandit des pancartes indiquant "Jérusalem est la capitale de la Palestine"

Le vice-président américain Mike Pence, à la Knesset, le 22 janvier 2018. (Crédit : AFP PHOTO / POOL / Ariel Schalit)
Le vice-président américain Mike Pence, à la Knesset, le 22 janvier 2018. (Crédit : AFP PHOTO / POOL / Ariel Schalit)

Les députés de la Liste arabe unie ont été expulsés du plénum de la Knesset lundi par des huissiers après avoir brandi des pancartes disant « Jérusalem est la capitale de la Palestine », alors que le vice-président Mike Pence commençait son discours.

Les pancartes étaient écrites en anglais et en arabe, mais celles en arabe précisaient « Jérusalem-Est ».

Les députés présents dans la salle ont applaudi bruyamment pour étouffer les cris des 13 députés. L’incident a duré moins d’une minute, mais a provoqué de violentes bousculades.

Alors que les huissiers évacuaient les députés du plénum, ​​Pence a poursuivi son discours, disant qu’il était « impressionné de parler devant une démocratie aussi dynamique ».

Quelques instants plus tard, le président de la Liste arabe unie, Ayman Odeh, a tweeté qu’il était « Fier de diriger la liste commune dans une protestation forte et légitime, contre l’exaltation du racisme et de la haine du régime Trump-Netanyahu, qui parlent de la paix uniquement du bout des lèvres », « Notre protestation aujourd’hui en plénière est en l’honneur de tous ceux qui s’opposent à l’occupation et rêvent de paix », a-t-il ajouté.

Jamal Zahalka, député de la Liste arabe unie, a accusé les huissiers fait un usage disproportionné de la force.

« Au début du discours de Pence, les membres de la Liste arabe unie se sont levés et ont commencé à sortir, brandissant des pancartes, tout en exerçant leur droit légitime à protester », a-t-il déclaré dans un communiqué.

« Les huissiers les ont attaqués brutalement, les ont poussés et les ont traînés, alors qu’ils étaient en train de sortir sans résistance. Notre expulsion a été faite de manière collective sans lire les noms des députés qui devaient être expulsés, contrairement au règlement de la Knesset », a-t-il dit.

Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, a été parmi les premiers députés à condamner publiquement l’incident, en tweetant que la Liste arabe unie « prouvait une fois de plus qu’ils étaient des représentants d’organisations terroristes à la Knesset ».

« Leur comportement honteux a montré à tous leur déloyauté envers l’Etat et ses symboles. Ce n’est que lorsque les Arabes israéliens permettront à d’autres voix de les représenter qu’ils seront une chance pour une véritable paix », a-t-il conclu.

Le député du Likud Oren Hazan a plus tard affronté Zahalka à l’extérieur du plénum et l’a qualifié lui et ses amis de « terroristes ».

Alors que Zahalka tentait de parler aux journalistes, Hazan a crié à son intention, disant qu’il était « une honte » pour l’électorat qu’il représente. On peut également entendre Oren lui dire de « retourner à Gaza ».

La manifestation de lundi était une réponse à la reconnaissance par le président américain Donald Trump, le 6 décembre, de Jérusalem en tant que capitale d’Israël lors d’un discours très controversé de la Maison Blanche.

Pour sa part, Pence a promis à la Knesset que les Etats-Unis déménageraient leur ambassade de Tel Aviv à Jérusalem d’ici la « fin de l’année prochaine ».

Alors qu’Israël a félicité Pence concernant le déménagement, les Palestiniens ont réagi avec fureur et refusent de rencontrer le vice-président, qui est arrivé dans la ville dimanche soir.

Dans son discours, Pence a réitéré la position de l’administration selon laquelle la déclaration « historique » de Trump créerait une opportunité pour avancer, de bonne foi, entre Israël et l’Autorité palestinienne sur des questions qui pourront être discutées et que le président Trump pense vraiment pouvoir être résolues.

Samedi, Odeh a annoncé que sa faction boycotterait le discours de Pence disant que le vice-président américain était « dangereux ».

« [Pence] est un homme dangereux avec une vision messianique qui inclut la destruction de toute la région », a-t-il écrit sur Twitter.

Odeh a également attaqué Trump, en disant qu’il était « encore plus dangereux » que Pence et un « politicien pyromane » et un « raciste » misogyne. Il a critiqué les efforts de rétablissement de la paix israélo-palestiniens du président américain et a déclaré que M. Trump « ne doit pas avoir une feuille de route [politique] pour la région ».

Le député arabe a déclaré après la déclaration de Trump du 6 décembre que les Etats-Unis « ont perdu leur place en tant que médiateur exclusif des négociations », faisant écho au président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, qui a fortement critiqué l’administration Trump depuis l’annonce de Jérusalem.

Les Palestiniens revendiquent Jérusalem Est, qu’Israël a conquis à la Jordanie lors de la guerre des Six Jours en 1967, en tant que capitale de leur futur état. Trump avait souligné dans son discours que la reconnaissance de la ville en tant que capitale d’Israël ne préjugeait pas des frontières définitives, ce qui, selon lui, devrait être décidé dans les pourparlers de paix entre les parties.

Le président de la Knesset, Yuli Edelstein (à droite), aux côtés du vice-président des États-Unis, Mike Pence, avant le discours de Pence devant le plénum, ​​le 22 janvier 2018 (Capture d’écran : YouTube)

En plus d’être boycotté par les députés arabes, Pence est également rejeté par l’AP et ne se rendra pas à Ramallah ni ne rencontrera les dirigeants palestiniens. L’AP a déclaré qu’elle ne rencontrerait aucun responsable américain concernant le processus de paix suite à la déclaration de Trump sur Jérusalem.

La visite de Pence dans la région intervient alors qu’Abbas a intensifié sa critique de Trump et de ses efforts de rétablissement de la paix. Dans un discours prononcé dimanche, le leader de l’Autorité palestinienne a qualifié le plan de paix de Trump de « gifle du siècle » et a affirmé qu’Israël était un « projet colonial » européen.

En réponse au refus d’Abbas de s’engager dans des pourparlers de paix négociés par les Américains, les Etats-Unis ont gelé des dizaines de millions de dollars d’aide à l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens, bien que le Département d’Etat a déclaré que la deuxième tranche de fonds était retenue en raison de la nécessité d’une « réforme » de l’organisation.

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