Les habitants d’un village bédouin s’engagent à déménager avant la démolition
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Les habitants d’un village bédouin s’engagent à déménager avant la démolition

Alors que Oum al-Hiran doit être démoli pour faire place à une ville juive, quelque 170 familles déménagent à Hura et reçoivent une compensation

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Des policiers israéliens montent la garde alors que des bulldozers démolissent des maisons dans le village bédouin illégal d'Oum al-Hiran, dans le désert du Néguev, le 18 janvier 2017. (AFP Photo/Menahem Kahana)
Des policiers israéliens montent la garde alors que des bulldozers démolissent des maisons dans le village bédouin illégal d'Oum al-Hiran, dans le désert du Néguev, le 18 janvier 2017. (AFP Photo/Menahem Kahana)

Les habitants d’un village bédouin illégal dans le désert du Néguev, où les affrontements à propos d’une tentative de démolition de maisons par la police l’année dernière se sont soldés par la mort d’un policier et d’un enseignant local, ont convenu mardi soir de quitter volontairement leurs maisons et de déménager dans une ville voisine.

Après s’être battus pour rester sur la terre pendant 15 ans, on leur a dit en mars que leur village serait rasé ce mois-ci.

L’évacuation permettra la construction d’une nouvelle ville juive appelée Hiran.

Entre ce mois-ci et la fin août, quelque 170 familles déménageront dans la ville bédouine voisine de Hura, dans un quartier construit spécialement pour elles.

Une famille bédouine est assise dans les ruines de sa maison démolie dans le village bédouin d’Oum al-Hiran, dans le sud d’Israël, le 18 janvier 2017. (Hadas Parush/Flash90)

Les couples mariés, les célibataires de plus de 24 ans et les familles monoparentales admissibles recevront chacun un terrain de 700 mètres carrés sur lequel construire leur nouvelle maison. En outre, ils auront la possibilité d’acheter des parcelles supplémentaires pour leurs enfants, au prix de 170 000 shekels chacune.

Ils seront également indemnisés pour les bâtiments qu’ils laissent derrière eux, et ils recevront des pâturages pour leurs troupeaux et de l’espace pour des projets agricoles tels que des vergers.

En 2015, la Cour suprême de justice a décidé que la ville pouvait être évacuée parce qu’elle était située sur des terres domaniales. Le ministre de l’Agriculture Uri Ariel, qui dirige l’Autorité pour la réinstallation des Bédouins dans le Néguev, s’est félicité de l’accord, soulignant l' »offre généreuse » de l’Etat.

Cependant, Adalah, un centre juridique pour les droits des minorités arabes, qui représente les résidents d’Oum al-Hiran depuis 15 ans, a déclaré qu’il n’avait pas été impliqué dans les négociations avec l’État en raison de son « opposition de principe à l’expulsion et à la démolition ».

Dans une déclaration, l’ONG a déclaré : « Adalah considère la démolition d’Oum al-Hiran et le déplacement forcé de ses résidents comme un acte de racisme extrême, qui incarne la politique foncière colonialiste d’Israël avec l’appui de l’ensemble du système judiciaire israélien.

Elle a présenté une pétition à la Cour suprême, dimanche, demandant que la démolition du village soit gelée.

Ayman Odeh, chef de file de la Liste arabe unie, dirige une réunion des factions à la Knesset, à Jérusalem, le 31 octobre 2016 (Miriam Alster/Flash90)

Ayman Odeh, membre de la Knesset et chef de la Liste arabe unie, a tweeté : « Ce n’est pas de la négociation lorsqu’ils vous mettent un pistolet sur la tempe ».

Il a ajouté : « En 2018, ils ont déraciné une communauté de citoyens arabes pour installer des Juifs – c’est déjà écrit dans les livres d’histoire. Dans dix, vingt ou trente ans, ils devront regarder en arrière avec honte cet acte et demander pardon ».

La dernière tentative d’évacuation du village en janvier 2017 s’est terminée par un bain de sang, un policier et un résident ont été tués dans des circonstances controversées.

Alors que les officiers convergeaient vers Oum al-Hiran, Yaqoub Mousa Abu Al-Qia’an, 47 ans, résident, enseignant et père de 12 enfants, a emballé quelques effets personnels dans son SUV et a quitté sa maison, disant à ses amis qu’il ne voulait pas être témoin de sa destruction. Peu après, le véhicule avec Abu Al-Qia’an au volant a percuté un groupe d’officiers, tuant le Sergent Erez Levi âgé de 34 ans. Abu Al-Qia’an a été tué par balle par la police.

En décembre, le ministère de la Justice a achevé son réexamen de la fusillade d’Abou al-Qia’an.

L’affaire a été transférée au procureur Shai Nitzan, qui n’a pas encore décidé de clore l’affaire ou de convoquer d’autres responsables pour les interroger.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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