Les mariages pendant la pandémie ravivent les tensions liées au rabbinat
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Les mariages pendant la pandémie ravivent les tensions liées au rabbinat

Si se marier reste possible malgré les restrictions, Tel Aviv accepte tous les couples, ce qui n'est pas le cas à Jérusalem la religieuse

Une jeune femme israélienne en robe de mariée est photographiée avec en arrière-plan un panorama de la Vieille Ville de Jérusalem, le 8 août 2019. (Hadas Parush/Flash90)
Une jeune femme israélienne en robe de mariée est photographiée avec en arrière-plan un panorama de la Vieille Ville de Jérusalem, le 8 août 2019. (Hadas Parush/Flash90)

JTA – Les deux plus grandes villes d’Israël aident les couples dont le mariage a été perturbé par la pandémie de coronavirus à se marier avec style, même si les salles de réception sont fermées et que des limites strictes sont imposées aux participants.

Jérusalem et Tel Aviv mettent à disposition des lieux pittoresques pour les cérémonies de mariage, avec un soutien financier pour les couples qui remplissent les conditions requises. Les villes ont lancé ces nouveaux programmes pour coïncider avec la célébration de Tou BeAv, l’équivalent juif de la Saint-Valentin, qui a eu lieu mercredi.

Comme c’est souvent le cas, Jérusalem, le centre du pouvoir religieux du pays, et la métropole laïque de Tel Aviv font les choses différemment.

Au début de cette semaine, Jérusalem a commencé à mettre en place un programme pour les couples dont au moins une personne ou un groupe de parents vit dans la ville. Ce programme offre un lieu gratuit et une infrastructure de base pour un mariage de 20 personnes dans des lieux très fréquentés de la ville. Parmi ces lieux figurent la promenade du Mont Scopus, le jardin Bloomfield, la forêt de Jérusalem et le belvédère du Seven Arches Hotel du Mont des Oliviers.

Mais il semble qu’il y ait une case qui n’apparaît pas sur le formulaire d’inscription : les couples doivent se marier par l’intermédiaire du Grand Rabbinat, l’autorité religieuse du pays qui supervise les mariages. Le Grand Rabbinat, qui est dirigé par les autorités orthodoxes, n’autorise pas les couples de même sexe ou interconfessionnels à se marier – ces couples, et d’autres qui préfèrent ne pas passer par le rabbinat, se marient généralement à l’étranger, puis voient leur mariage reconnu par Israël – de sorte que de nombreux couples ne sont pas éligibles pour participer au programme de Jérusalem.

Selon un article paru dans Haaretz, au moins un couple – un couple de même sexe qui avait prévu de se faire marier par un rabbin réformé – poursuit en justice le programme de Jérusalem avec le soutien de groupes prônant le pluralisme en Israël. Le procès demande au tribunal d’empêcher tout couple de se marier dans le cadre du programme jusqu’à ce que tous les couples soient autorisés.

La municipalité de Jérusalem a fait savoir à Haaretz qu’elle n’avait pas encore reçu la plainte et qu’elle y répondrait devant le tribunal.

Lorsque Tel Aviv-Jaffa a annoncé son « forfait spécial mariage » mardi, dans des lieux « pittoresques » en plein air dans toute la ville, elle n’a pas indiqué que les couples devaient se marier par l’intermédiaire du Grand Rabbinat. Mais elle a accordé des avantages spéciaux aux couples dont le mariage serait sanctionné par les autorités religieuses.

« Pour les couples souhaitant se marier par l’intermédiaire du Grand Rabbinat, un rabbin et une ketouba (contrat de mariage juif) seront également fournis gratuitement », précise l’annonce.

Le forfait de Tel Aviv comprend des tables, des chaises, des nappes blanches et l’électricité. Parmi les sites, on trouve l’amphithéâtre Wohl dans le parc Ganei Yehoshua, le parc Menachem Begin, le jardin botanique et l’Ancienne gare.

Les deux programmes seront assurés jusqu’à Rosh HaShana. Aucun des deux ne prévoit de mariage le jour du Shabbat.

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