Les Palestiniens dénoncent la mort d’un terroriste incarcéré victime d’un cancer
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Les Palestiniens dénoncent la mort d’un terroriste incarcéré victime d’un cancer

Pour le Premier ministre de l'Autorité palestinienne, l'Etat juif a négligé la santé de Bassam al-Sayeh, emprisonné en Israël pour son rôle dans le meurtre d'Eitam et Naama Henkin

Le prisonnier sécuritaire palestinien  Bassam al-Sayeh (Capture d'écran : Youtube)
Le prisonnier sécuritaire palestinien Bassam al-Sayeh (Capture d'écran : Youtube)

Un Palestinien reconnu coupable d’avoir participé à une attaque terroriste meurtrière et incarcéré dans une prison israélienne est mort des suites des complications d’un cancer dans un hôpital du centre d’Israël, dimanche soir, suscitant des accusations de négligence de la part de hauts responsables palestiniens.

Bassam al-Sayeh, qui était atteint d’un cancer des os et d’une leucémie, s’est éteint au centre médical Assaf Harofeh de Beer Yaakov, selon la commission des Affaires des prisonniers de l’Autorité palestinienne (AP).

L’homme de 47 ans avait été condamné au sein de l’État juif pour avoir permis et contribué au financement d’une fusillade terroriste survenue au mois d’octobre 2015 sur une route de Cisjordanie, dans laquelle Eitam et Naama Henkin avaient été abattus devant leurs quatre enfants, a commenté un porte-parole du Shin Bet.

Il a ajouté que Sayeh n’avait pas pris part physiquement à l’attentat.

Les amis et la famille portent les dépouilles de Naama et Eitam Henkin pendant leurs funérailles le 2 octobre à Jérusalem (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le Service israélien des prisons a confirmé la mort de Sayeh dans un communiqué. Il a indiqué que cet agent du Hamas souffrait de maladies chroniques incurables dès son incarcération, au mois d’octobre 2015.

Les Brigades Ezzedine al-Qassam, l’aile armée du Hamas, a indiqué dans un communiqué que Sayeh avait été commandant de terrain dans ses rangs et l’un des auteurs de l’attentat contre la famille Henkin.

Le Premier ministre de l’AP, Mohammad Shtayyeh, a clamé sur Facebook que l’Etat juif avait négligé la santé de Sayeh, accusant Israël de l’avoir « tué à dessein ».

Il n’a apporté aucune preuve de sa déclaration.

Un porte-parole du Service israélien des prisons n’a pas répondu à notre demande de commentaires concernant l’allégation de Shtayyeh.

An illustrative image of a Ramle prison (photo credit: Moshe Shai/Flash90)
La prison de Ramle (Crédit : Moshe Shai/Flash90)

Saeb Erekat, secrétaire-général de la Commission exécutive de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), a appelé la Cour pénale internationale (CPI) à ouvrir une enquête sur ce décès.

« La Palestine pleure le martyr Bassam [al-Sayeh], mort dans une prison israélienne. Nous attribuons la pleine responsabilité de sa mort au gouvernement israélien et appelons la @IntlCrimCourt à lancer immédiatement une enquête. Les responsables israéliens doivent rendre des comptes », a-t-il ainsi dénoncé sur Twitter.

Plusieurs manifestations modestes ont eu lieu dans des villes de Cisjordanie lundi, pour protester contre le manque présumé de soins médicaux de la part d’Israël.

Les Brigades Qassam ont expliqué que le sang de Sayeh « ne sera pas perdu », jurant qu’une « malédiction s’abattra sur l’occupant en Cisjordanie et sur chaque centimètre de la terre de Palestine ».

Le candidat du Camp démocratique Mossi Raz a paru critiquer l’Etat juif dans un tweet pour ne pas avoir autorisé Sayeh à mourir libre, mais il a plus tard supprimé sa publication après les critiques des utilisateurs qui lui ont reproché de ne pas avoir mentionné que les autorités avaient dit qu’il avait été impliqué dans le meurtre du couple Henkin.

« Bassam al-Sayeh, journaliste originaire de Naplouse âgé de 47 ans, emprisonné dans une prison en Israël depuis 2015, est mort dans l’une de ces prisons. Bassam était atteint d’un cancer mais il n’a pas été autorisé à mourir libre », avait-il écrit dans le tweet par la suite effacé.

« Excusez-moi si je vous ennuie avec des questions marginales, comme la vie des Palestiniens », avait-il ajouté.

« C’est une bonne chose que Mossi ait supprimé son tweet », a commenté pour sa part sur Twitter Ehud Barak, candidat lui aussi du Camp démocratique. « Il aurait été néanmoins préférable que ces propos ne soient pas du tout tenus ».

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