Les soldats Ziv Daos et Netanel Kahalani tués dans l’attaque à la voiture-bélier
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Les soldats Ziv Daos et Netanel Kahalani tués dans l’attaque à la voiture-bélier

Les militaires ont été promus à titre posthume. Deux autres soldats ont été blessés lorsqu'un Palestinien a projeté sur eux son véhicule dans le nord de la Cisjordanie

Le sergent Netanel Kahalani, à gauche, et le capitaine Ziv Daos, à droite, sont les soldats tués dans une attaque terroriste présumée le 16 mars 2018. (Courtoisie)
Le sergent Netanel Kahalani, à gauche, et le capitaine Ziv Daos, à droite, sont les soldats tués dans une attaque terroriste présumée le 16 mars 2018. (Courtoisie)

Les militaires ont été promus à titre posthume. Deux autres soldats ont été blessés lorsqu’un Palestinien a projeté sur eux son véhicule aux abords d’un poste d’observation militaire dans le nord de la Cisjordanie

L’armée israélienne a identifié samedi les deux hommes tués vingt-quatre heures auparavant dans un attentat terroriste à la voiture-bélier. Il s’agit du capitaine Ziv Daos et du sergent Netanel Kahalani.

Deux autres soldats, gravement blessés dans l’attaque terroriste, se trouvaient encore à l’hôpital samedi soir. L’armée n’a pas rendu public leurs identités.

Daos, 21 ans, était commandant d’un régiment appartenant à l’unité de recherche et de secours du Commandement intérieur. Il a été promu à titre posthume au rang de capitaine.

Les funérailles de Daos ont eu lieu dimanche à minuit au cimetière militaire de Holon.

Kahalani, 20 ans, originaire d’Elyakim dans le nord d’Israël, était chauffeur dans la brigade régionale Menashe. Il a été promu au grade de sergent.

Sa famille avait prévu d’organiser l’inhumation à une heure du matin, dimanche, au cimetière d’Elyakim.

L’armée avait choisi de ne pas divulguer leurs identités jusqu’à ce que les familles soient averties de leurs décès.

Les forces de sécurité israéliennes et les experts légistes inspectent le véhicule détruit qui a été utilisé par un terroriste palestinien lors d’une attaque à la voiture bélier contre des soldats israéliens près de l’implantation de Mevo Dotan en Cisjordanie le 16 mars 2018. (AFP Photo/Jack Guez)

Vendredi après-midi, Ala Qabha, 26 ans, avait projeté son véhicule dans le groupe de soldats qui se tenait aux abords d’un poste militaire dans le nord de la Cisjordanie, à proximité de l’implantation de Mevo Dotan. Les militaires avaient fait savoir ultérieurement que cette attaque était un attentat terroriste.

Samedi, l’agence de sécurité du Shin Bet avait expliqué que Qabha avait reconnu avoir commis l’attentat. L’homme avait initialement parlé d’un accident mais avait changé son récit, disant que l’acte avait été délibéré et qu’il voulait tuer des soldats.

L’agence sécuritaire a indiqué qu’il semblait avoir agi seul et de manière potentiellement spontanée.

Qabha a fait demi-tour sur la route avant de se projeter dans les soldats et d’accélérer vers eux, ont expliqué des reportages diffusés à la télévision israélienne dimanche, ce qui ne laisse aucun doute sur le caractère intentionnel de l’attaque.

La famille de Qabha a insisté sur le fait que cet incident meurtrier était un accident. Son père a déclaré au site Walla samedi que son fils n’était affilié à aucun groupe terroriste et qu’il n’aurait pas pris intentionnellement pour cible des soldats israéliens. « Ce n’est pas le premier accident de voiture comme celui-là et ce ne sera pas le dernier », a dit Rateb Qabha. « On entend parler tous les jours d’accidents de ce genre aux informations ».

Samedi dans la matinée, le chef d’Etat-major israélien Gadi Eizenkot a confirmé que les soldats israéliens avaient arrêté le frère de Qabha ainsi que son oncle au domicile familial de Bartaa, aux abords de Jénine. Les deux parents sont soupçonnés d’avoir aidé le terroriste à mener son attentat meurtrier.

Les militaires ont également cartographié la maison de Qabha pour préparer sa démolition, conduit des recherches plus larges dans le village pour y trouver des armes illégales et ils ont également continué à faire des contrôles de sécurité dans les voitures du secteur, aux alentours de Bartaa.

« Je connais bien mon fils », a commenté son père. « C’est un jeune qui travaille, il rêve de se marier et d’avoir une famille. Il n’a pas de penchants terroristes… Je présente mes condoléances aux familles des victimes », a ajouté Qabha.

Qabha a également confié au site Walla que la famille rejetait les éloges de l’attentat transmis par le Hamas.

Le terroriste présumé à la voiture-bélier Ala Qabha (Autorisation)

Interrogé sur des informations parues dans les médias en hébreu qui ont révélé que son fils était connu des services israéliens de renseignement et qu’il avait récemment été libéré de prison, Qabha a minimisé ces allégations, disant qu’Ala avait eu des problèmes à une « occasion pour avoir jeté des pierres ou quelque chose comme ça ».

Un représentant de la famille qui n’a pas été identifié a ajouté qu’Ala « avait fait une erreur » dans le passé, mais qu’elle ne devait pas se retourner contre lui aujourd’hui.

Cela ne signifie pas qu’il doit être qualifié de terroriste ou de criminel », a dit à Walla le représentant. « Les services de sécurité du Shin Bet savent avec 100 % de certitude qu’il n’est pas un criminel qui met en péril l’Etat d’Israël ».

Il a ajouté que la famille était confiante sur le fait qu’à l’issue d’une enquête, « il sera clairement établi qu’il s’agissait d’un accident et de rien de plus ».

Qabha a été blessé et hospitalisé.

Les médias ont montré les images d’une voiture blanche fracassée. La Dixième chaîne a déclaré que le Palestinien avait projeté sa voiture contre le groupe de soldats alors que ces derniers descendaient d’une jeep et marchaient vers un poste de garde.

La scène de l’attaque à la voiture-bélier en Cisjordanie le 16 mars 2018. (Magen David Adom)

Le général Yoav Mordechai, à la tête du COGAT, bureau de liaison israélien pour les affaires civiles en Cisjordanie, a ordonné en réponse à l’attaque une « suspension large et immédiate » des permis de travail en Israël « pour la famille entière et pour l’agresseur ».

Le groupe terroriste palestinien du Hamas a pour sa part salué l’attentat, disant qu’il « prouve que notre peuple est prêt à continuer l’intifada de Jérusalem » et le groupe terroriste du Jihad islamique palestinien a aussi fait savoir qu’il « saluait l’attentat », en réclamant d’autres « contre l’occupation sioniste ».

Aucun groupe n’a revendiqué l’attentat.

« Il ne fait aucun doute que le terroriste n’aurait pas dû être en vie à l’issue de l’incident », avait déclaré Oded Forer, selon la Dixième chaine.

« Nous avons l’intention de finaliser la législation à ce sujet au cours de la session d’été », a ajouté M. Forer. « Ce n’est pas une demande de revanche. Mais il est inconcevable qu’un terroriste puisse quitter son domicile tout en sachant qu’il sera autorisé à regarder les matchs de la Coupe du monde cet été. »

« Au-delà de cette incitation [de l’Autorité palestinienne], Israël doit faire comprendre aux terroristes qui prennent la vie des Israéliens… qu’il est temps pour eux de rencontrer leurs prédécesseurs », a-t-il dit.

« Nous allons demander la peine de mort pour les terroristes, la destruction de leurs domiciles et une peine pour quiconque a coopéré [avec eux] », a déclaré Liberman.

Jacob Magid a contribué à cet article.

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