Les téléphones de manifestants anti-Netanyahu piratés par le Shin Bet – média
Rechercher

Les téléphones de manifestants anti-Netanyahu piratés par le Shin Bet – média

L'agence aurait lu des messages des manifestants présents aux abords de la résidence du Premier ministre lors d'un rassemblement qui avait entraîné la mise en lieu sûr de Netanyahu

Les manifestants aux abords de la résidence du Premier ministre Netanyahu, le 2 janvier. (Capture d'écran)
Les manifestants aux abords de la résidence du Premier ministre Netanyahu, le 2 janvier. (Capture d'écran)

Les services de sécurité du Shin Bet ont piraté les téléphones de plusieurs manifestants dénonçant Benjamin Netanyahu. Ces deniers ont été soupçonnés, la semaine dernière, d’avoir voulu pénétrer de force dans la résidence du Premier ministre à Jérusalem, a indiqué samedi la Treizième chaîne.

La chaîne a noté que l’agence de sécurité avait reçu l’autorisation de lire les messages contenus dans les téléphones des manifestants ainsi que de perquisitionner leurs habitations, après qu’un certain nombre de protestataires sont parvenus à franchir une barricade qui avait été installée par la police aux abords de la résidence, samedi dernier. Netanyahu et son épouse, Sara, avaient dû être placés en lieu sûr, selon certaines informations.

La chaîne a fait savoir que les manifestants n’avaient aucunement eu l’intention d’entrer dans la résidence mais qu’ils avaient voulu s’attacher à la clôture extérieure, a noté la chaîne.

Les services de sécurité ont indiqué en réponse que « le Shin Bet travaille conformément à la loi pour maintenir la sécurité, ainsi que l’ordre gouvernemental démocratique et les institutions du pays. Si une menace est identifiée, le Shin Bet prendra toujours des initiatives conformément aux outils mis à sa disposition et conformément aussi à la loi ».

Les mouvements des Drapeaux noirs et du Ministre du crime ont critiqué férocement l’agence suite à cette information.

« Il semble bien que le chaos total qui règne à la résidence du Premier ministre et la crainte des manifestations démocratiques susceptibles de renverser une personnalité corrompue ont aussi pénétré le Shin Bet », a déclaré l’organisation Crime minister, se référant au procès pour corruption de Netanyahu.

Dans un autre reportage, la Douzième chaîne israélienne a cité une source policière critiquant la décision de placer Netanyahu en lieu sûr.

« Cette initiative n’a aucune justification parce qu’il n’y a eu à aucun moment un danger d’effraction de la part des manifestants », a continué la source.

Selon la presse israélienne, Netanyahu, son épouse et plusieurs autres membres du personnel avaient été emmenés en hâte dans une pièce sécurisée du bâtiment, la semaine dernière, où ils étaient restés pendant 40 minutes avant que les gardes du corps de Netanyahu, des agents du Shin Bet, ne les laissent sortir, estimant qu’ils ne couraient plus de danger.

En arrivant dès 16 heures, soit deux heures avant le début présumé du rassemblement, des dizaines de manifestants avaient pris la police par surprise. Ils étaient parvenus à s’approcher davantage de la résidence du Premier ministre qu’à l’ordinaire.

Des vidéos avaient montré les activistes franchissant une première barricade temporaire et courant en bas de la rue avant d’atteindre l’entrée placée à l’arrière du complexe, rue Smolenskin.

La majorité d’entre eux étaient restés là, scandant des slogans, mais d’autres avaient affronté les policiers qui avaient tenté de les disperser.

Huit activistes anti-Netanyahu avaient été arrêtés dans les échauffourées qui avaient suivi. La sécurité a depuis été renforcée autour de la résidence de Jérusalem, et une clôture supplémentaire a été érigée à proximité du poste de contrôle qui avait été franchi par les manifestants.

L’incident était survenu le samedi 2 janvier, mais il n’a fuité auprès des trois principales chaînes israéliennes de télévision que plus tard et a été révélé vendredi soir – certains observateurs estimant qu’il s’agissait d’une tentative de la part des proches de Netanyahu d’établir un parallèle entre la prise d’assaut du Capitole américain, mercredi, par les partisans du président Donald Trump et les manifestants anti-Netanyahu au sein de l’Etat juif.

Des manifestants, fidèles au président Donald Trump, prennent d’assaut le Capitole, à Washington, le 6 janvier 2021. (Crédit : AP Photo/John Minchillo)

Citant des sources anonymes, la Treizième chaîne a expliqué que les gardes du corps de Netanyahu avaient simplement suivi le protocole. Netanyahu lui-même aurait estimé la précaution non-nécessaire, mais a indiqué avoir été « ému » par l’incident, a déclaré la chaîne.

Des communiqués des groupes des Drapeaux noirs et du Crime minister, qui sont à l’origine des manifestations hebdomadaires contre Netanyahu, ont démenti avoir tenté d’entrer par effraction dans la résidence du Premier ministre, qualifiant ces informations de « mensonges ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...