Les travailleurs sociaux menacent d’une grève totale la semaine prochaine
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Les travailleurs sociaux menacent d’une grève totale la semaine prochaine

Un syndicat annonce que ses membres feront grève lundi contre la charge de travail, les bas salaires et le danger constant et accuse le ministère des Finances de rester indifférent

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Des travailleurs sociaux bloquent le carrefour Azrieli à Tel Aviv pour protester contre leurs conditions de travail, le 2 juillet 2020. (Union israélienne des travailleurs sociaux)
Des travailleurs sociaux bloquent le carrefour Azrieli à Tel Aviv pour protester contre leurs conditions de travail, le 2 juillet 2020. (Union israélienne des travailleurs sociaux)

Des centaines de travailleurs sociaux ont manifesté jeudi à des dizaines de carrefours dans tout le pays pour protester contre ce qu’ils considèrent comme une charge de travail déraisonnable, avec des salaires bas et un danger constant de violence.

Lors de ce dernier rassemblement de protestation, les travailleurs sociaux ont réitéré la menace – qu’ils avaient déjà formulé en début de semaine – de déclencher une grève totale lundi prochain.

Des manifestations ont eu lieu ce jeudi dans différentes villes dont Jérusalem, Tel Aviv et Haïfa.

À Tel Aviv, des dizaines de travailleurs sociaux ont bloqué le carrefour stratégique Azrieli pendant environ une heure. Aucune arrestation n’a été signalée lors de ces manifestations.

Efrat, une assistante sociale de Tel Aviv qui n’a été identifiée que par son prénom, a déclaré au site d’information Ynet que les manifestations ne concernaient pas seulement les assistants sociaux, mais également ceux qui bénéficient de leurs services.

« Nous sommes venus ici pour nous battre pour les services sociaux du pays », a-t-elle déclaré. « Il est inacceptable que depuis des années, les budgets soient asséchés et que nous soyons payés en dessous du salaire minimum. »

« Nous sommes là pour chaque citoyen qui, à tout moment de sa vie, a besoin d’un travailleur social disponible et attentif qui puisse s’occuper de lui comme il le mérite », a déclaré Mme Efrat.

En début de semaine, la présidente de l’Union israélienne des travailleurs sociaux, Inbal Hermoni, a déclaré dans un communiqué que le pays avait besoin de 1 000 travailleurs sociaux supplémentaires et a accusé le ministère des Finances de refuser de prendre en considération les propositions avancées pour améliorer la situation.

« Nous sommes entourés de violence et de cruauté et il n’y a personne pour nous protéger », a déclaré Mme Hermoni dans le communiqué. « Nous devons joindre les deux bouts avec des salaires scandaleux et une charge de travail déraisonnable. »

Capture d’écran d’une vidéo d’Inbal Hermoni, présidente de l’Union des travailleurs sociaux. (YouTube)

Hermoni a affirmé qu’il existait 1 000 postes disponibles pour les travailleurs sociaux mais que personne ne voulait de ces emplois en raison de « la charge de travail requise, la violence et les bas salaires ».

« Tout un système a été négligé, flétri et abandonné », a-t-elle déclaré.

Elle a averti que la grève à venir serait la plus importante jamais organisée par les travailleurs sociaux.

Pendant la grève illimitée, il n’y aura aucune enquête sur les enfants, aucune ordonnance de protection pour les enfants et les jeunes en danger, aucune réunion des comités d’avortement, aucun interlocuteur disponible pour répondre aux demandes des personnes âgées, aucune intervention dans les cas de violence domestique, aucune affectation de mineurs à des foyers d’accueil, et aucune évaluation des condamnés ou des personnes en état d’arrestation.

Hermoni a rencontré cette semaine des fonctionnaires du ministère des Finances, a rapporté le site d’information Walla. Elle a affirmé que le ministère des Finances refusait même de prendre en considération les diverses propositions faites par le syndicat des travailleurs sociaux et que les fonctionnaires du ministère n’avaient fait aucune suggestion de leur côté.

La semaine dernière, les travailleurs sociaux ont organisé une marche de protestation de Tel Aviv à Jérusalem pour sensibiliser à leur situation.

Ynet a rapporté que l’année dernière, le syndicat a mené une enquête qui a révélé que 83 % des travailleurs sociaux avaient été victimes de violence au travail. 30 % ont subi des violences physiques et 30 % ont été confrontés à des menaces de mort les concernant eux ou leurs proches.

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