Lettonie : un ex-dissident juif devenu juge élu à la présidence
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Lettonie : un ex-dissident juif devenu juge élu à la présidence

Egils Levits et ses parents, des patriotes lettons d'origine juive, avaient été expulsés d'URSS en 1972, le KGB jugeant qu'ils présentaient un risque pour le régime communiste

Le 29 mai 2019, le président letton nouvellement élu et ancien juge de la Cour européenne de justice, Egils Levits, donne une conférence de presse à Riga, en Lettonie. (Crédit : Ilmars ZNOTINS / AFP)
Le 29 mai 2019, le président letton nouvellement élu et ancien juge de la Cour européenne de justice, Egils Levits, donne une conférence de presse à Riga, en Lettonie. (Crédit : Ilmars ZNOTINS / AFP)

Egils Levits, un ancien dissident soviétique devenu membre de la Cour de justice de l’Union européenne, a été élu mercredi à la présidence de la Lettonie par le Parlement.

Ce juriste de 63 ans, qui a fait ses études en Allemagne, était le candidat de la coalition de centre droit au pouvoir. Il a obtenu le soutien de 61 des 100 députés de ce pays balte, membre de l’Otan et de la zone euro.

« Je serai président pour toute la Lettonie : pour ceux qui vivent au pays et ceux qui vivent à l’étranger, pour les pauvres et pour les bien lotis, pour les laissés-pour-compte et pour ceux qui sont sûrs de leurs moyens de subsistance », a déclaré M. Levits au Parlement après l’annonce des résultats.

Il va succéder à ce poste à Raimonds Vejonis, qui ne s’est pas représenté.

Le chef de l’Etat letton est le commandant en chef des forces armées et nomme le Premier ministre et les ambassadeurs. Il peut proposer des lois, il peut aussi les contester pour les renvoyer au Parlement et a le droit de dissoudre ce dernier.

Egils Levits et ses parents, des patriotes lettons d’origine juive, avaient été expulsés d’URSS en 1972, le KGB jugeant qu’ils présentaient un risque pour le régime communiste.

Ils se sont établis en Allemagne, où Egils Levits a étudié le droit et les sciences politiques. De retour en Lettonie, il a participé à la rédaction de la déclaration d’indépendance de 1990.

Il est devenu par la suite député, ministre de la Justice et ambassadeur en Suisse, en Hongrie, en Allemagne et en Autriche.

En 1995, il a été nommé à la Cour européenne des Droits de l’Homme, puis en 2004 a pris son poste actuel de juge à la Cour de justice de l’UE.

Sa femme, Andra Levita, est gynécologue. Le couple a une fille, Indra.

Répondant à ceux qui lui reprochent d’être un Letton de l’étranger, il a affirmé passer tout son temps libre en Lettonie avec sa famille, loin de la Cour au Luxembourg.

« J’aime me promener à la campagne, rencontrer des gens ordinaires. Je suis sûr de connaître la Lettonie plus profondément et plus personnellement que la plupart des responsables politiques vivant à Riga », a-t-il dit à la Latvijas Radio1.

Un groupe de députés d’opposition avait choisi un haut fonctionnaire de 43 ans, Juris Jansons, actuellement médiateur, pour également briguer la présidence. Il n’a obtenu que huit voix.

Des populistes anti-système avaient quant à eux décidé d’appuyer dans cette compétition le jeune député Didzis Smits, 44 ans, un économiste et ancien chef d’une association de l’industrie de la pêche. 24 députés ont voté pour lui.

Les trois candidats ont exclu toute coopération politique avec la Russie, source de craintes dans les pays baltes depuis l’annexion de la Crimée ukrainienne.

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